Bonus-malus : le calcul expliqué une bonne fois pour toutes.

Multiplié chaque année, tronqué à deux décimales, borné entre 0,50 et 3,50 : le coefficient bonus-malus obéit à des règles précises fixées par le Code des assurances. On les déroule une par une, chiffres exacts à l'appui — y compris les deux règles que presque personne ne connaît.

L'essentiel en 30 secondes
  • Chaque année sans accident responsable : coefficient × 0,95, résultat tronqué à 2 décimales. Départ à 1,00, plancher 0,50 atteint en 13 ans.
  • Accident entièrement responsable : × 1,25. Partiellement responsable : × 1,125. Plafond : 3,50.
  • Descente rapide : après 2 années consécutives sans accident responsable, un malus repasse directement à 1,00.
  • Bonus 50 protégé : après 3 ans à 0,50, le premier accident responsable n'entraîne aucune majoration.
  • Bris de glace, vol, incendie, catastrophe naturelle : aucun effet sur le coefficient.

Le bonus-malus, c'est quoi exactement ?

Le bonus-malus — officiellement « coefficient de réduction-majoration » (CRM) — est un multiplicateur appliqué à votre prime d'assurance auto : il la réduit après chaque année sans accident responsable, il l'augmente après chaque accident responsable. Ce n'est pas une invention commerciale des assureurs : la formule est fixée par une clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances, et elle est identique chez tous les assureurs. Chacun reste libre de sa prime de référence ; le coefficient, lui, se calcule partout de la même façon.

Tout conducteur démarre à 1,00. Le coefficient évolue ensuite entre deux bornes : 0,50 au mieux — vous payez moitié moins que la prime de référence — et 3,50 au pire — vous payez trois fois et demie la prime de référence. Si vous voulez simplement connaître votre coefficient sans dérouler la mécanique, notre calculette bonus-malus applique ces règles officielles à votre situation en quelques secondes. Pour comprendre ce que fait le calcul — et repérer les erreurs sur un avis d'échéance — lisez la suite.

Un point de détail qui a son importance : l'« année d'assurance » prise en compte est la période de douze mois qui s'achève deux mois avant l'échéance annuelle de votre contrat. Un accident survenu dans les deux mois qui précèdent l'échéance ne sera donc intégré au coefficient qu'à l'échéance suivante.

Le bonus : × 0,95 par année sans accident responsable

Chaque année d'assurance écoulée sans accident responsable multiplie votre coefficient par 0,95, soit 5 % de réduction. Le résultat est tronqué à la deuxième décimale — tronqué, pas arrondi. Exemple dès la deuxième année : 0,95 × 0,95 = 0,9025, que l'on coupe à 0,90. On ne conserve que les deux premières décimales, tout ce qui dépasse est supprimé — une nuance qui, sur certaines valeurs, joue en votre faveur, on le verra plus bas.

À ce rythme, il faut 13 années consécutives sans accident responsable pour descendre de 1,00 au plancher de 0,50. Voici la descente exacte, valeur par valeur :

Évolution du coefficient bonus-malus année par année sans accident responsable
Années sans accident responsableCalculCRM appliqué
Départ1,00
1 an1,00 × 0,950,95
2 ans0,95 × 0,95 = 0,9025, tronqué0,90
3 ans0,90 × 0,95 = 0,855, tronqué0,85
4 ans0,85 × 0,95 = 0,8075, tronqué0,80
5 ans0,80 × 0,950,76
6 ans0,76 × 0,95 = 0,722, tronqué0,72
7 ans0,72 × 0,95 = 0,684, tronqué0,68
8 ans0,68 × 0,95 = 0,646, tronqué0,64
9 ans0,64 × 0,95 = 0,608, tronqué0,60
10 ans0,60 × 0,950,57
11 ans0,57 × 0,95 = 0,5415, tronqué0,54
12 ans0,54 × 0,95 = 0,513, tronqué0,51
13 ans0,51 × 0,95 = 0,4845 → plancher0,50

Le plancher est fixé à 0,50 : même après vingt ans de conduite irréprochable, le coefficient ne descend jamais plus bas. C'est le fameux « bonus 50 », qui divise votre prime de référence par deux — et qui, on le verra, s'accompagne d'un privilège largement méconnu.

Calculez votre coefficient en 30 secondes : plutôt que de dérouler cette table à la main, indiquez vos années d'assurance sans accident responsable et vos éventuels accidents responsables dans notre calculette bonus-malus. Elle applique la formule officielle — troncature, plancher, plafond, descente rapide et bonus 50 protégé compris.

Votre CRM après un accident responsable : les vrais chiffres

Un accident entièrement responsable multiplie votre coefficient par 1,25. Un accident partiellement responsable — torts partagés avec un autre conducteur — le multiplie par 1,125. Comme pour le bonus, le résultat est tronqué à deux décimales, et le coefficient ne peut jamais dépasser le plafond de 3,50.

Chaque accident compte : deux accidents responsables au cours de la même année d'assurance déclenchent deux multiplications successives. Trois exemples exacts, calculés selon la clause type :

  • Vous êtes à 1,00 et causez un accident : 1,00 × 1,25 = 1,25. Votre prime de référence est majorée de 25 %.
  • Deuxième accident entièrement responsable la même année : 1,25 × 1,25 = 1,5625, tronqué à 1,56.
  • Vous êtes à 0,50 depuis moins de trois ans et causez un accident : 0,50 × 1,25 = 0,625, tronqué à 0,62 — un cas où la troncature vous rend service, puisqu'un arrondi classique aurait donné 0,63.

Pour un accident partiellement responsable au départ de 1,00, le calcul donne 1,00 × 1,125 = 1,125, tronqué à 1,12 : la sanction est deux fois plus douce que pour une responsabilité totale. Et si votre responsabilité n'est pas engagée — tiers entièrement responsable, véhicule heurté à l'arrêt, même sans tiers identifié —, l'accident n'a strictement aucun effet sur votre coefficient.

La descente rapide : deux ans sages et le malus s'efface

C'est la première règle que presque tout le monde ignore : après deux années consécutives sans accident responsable, votre coefficient ne peut pas être supérieur à 1,00. Quel que soit le niveau de malus atteint, il revient donc directement à 1 — sans attendre la lente érosion de 5 % par an.

Reprenons le conducteur monté à 1,56 après deux accidents. Première année sans accident : 1,56 × 0,95 = 1,482, tronqué à 1,48. Deuxième année sans accident : la multiplication donnerait 1,48 × 0,95 = 1,406, soit 1,40 — mais la règle de descente rapide s'applique et ramène le coefficient à 1,00. Deux années de conduite prudente suffisent : le malus est une sanction sévère, mais brève.

Attention à la nuance : la descente rapide plafonne le coefficient à 1,00, elle ne restitue pas le bonus accumulé avant les accidents. Un conducteur qui était à 0,68 avant son malus repart de 1,00, puis reconstruit sa réduction au rythme normal de × 0,95 par an.

Le bonus 50 protégé : un accident responsable « offert »

Seconde règle méconnue : si votre coefficient est à 0,50 depuis au moins trois ans, votre premier accident responsable n'entraîne aucune majoration. Vous restez à 0,50, comme si rien ne s'était passé — c'est la récompense prévue par la clause type pour les conducteurs au bonus maximal installé.

Cette protection n'est pas illimitée : une fois consommée, elle se reconstitue après trois nouvelles années sans accident responsable. Un second accident survenu avant ce délai est, lui, majoré normalement.

La nuance vaut cher. À 0,50 depuis deux ans seulement — protection pas encore acquise —, le même accident vous envoie à 0,62 (0,50 × 1,25 = 0,625, tronqué), soit une prime majorée de 24 %. À 0,50 depuis trois ans ou plus, il ne vous coûte rien sur le coefficient. Deux conducteurs, le même accrochage, deux factures très différentes : seule l'ancienneté du bonus 50 les sépare.

Les sinistres qui ne touchent pas votre bonus

Le CRM ne réagit qu'aux accidents dans lesquels votre responsabilité est engagée, totalement ou partiellement. Tous les autres sinistres laissent le coefficient strictement inchangé :

  • Bris de glace : pare-brise fissuré, optique ou rétroviseur cassé.
  • Vol du véhicule ou tentative de vol.
  • Incendie du véhicule.
  • Catastrophe naturelle : inondation, coulée de boue, sécheresse… reconnues par arrêté.
  • Événements climatiques : tempête, grêle, neige.
  • Accident dont vous n'êtes pas du tout responsable (0 % de responsabilité).

Déclarer un bris de glace ne « casse » donc jamais votre bonus. Ces sinistres figurent en revanche sur votre relevé d'information : ils n'entrent pas dans la formule du CRM, mais un assureur reste libre d'en tenir compte dans sa politique tarifaire ou d'acceptation. Ce sont deux mécanismes distincts qu'il ne faut pas confondre — le coefficient est réglementé, le tarif de référence ne l'est pas.

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Où trouver votre CRM, et comment il vous suit

Le relevé d'information, votre passeport d'assuré

Votre coefficient figure sur le relevé d'information, le document officiel que votre assureur doit vous remettre à la résiliation du contrat, ou sous quinze jours sur simple demande. On y trouve votre CRM à la dernière échéance, la liste des sinistres des cinq dernières années avec la part de responsabilité retenue, les conducteurs désignés et la date de souscription. Beaucoup d'espaces clients permettent de le télécharger directement, et votre avis d'échéance annuel mentionne également le coefficient appliqué.

Changement d'assureur : le compteur ne repart jamais à zéro

Le CRM est attaché au conducteur, pas à la compagnie. Quand vous changez d'assureur — à tout moment après un an de contrat grâce à la loi Hamon —, le nouveau récupère votre relevé d'information et applique exactement le coefficient acquis. Ni bonus perdu, ni malus effacé : changer de contrat ne blanchit pas un 1,56 et ne confisque pas un 0,50. Notre guide pour changer d'assurance auto détaille la marche à suivre, résiliation comprise.

Changement de véhicule : le bonus voyage avec vous

Même logique côté garage : le coefficient suit le conducteur habituel sur le véhicule de remplacement. Pour un second véhicule, l'assureur applique en principe le coefficient déjà acquis dès lors que le conducteur habituel est le même — un bon bonus se « duplique » ainsi sur la seconde voiture. À l'inverse, prêter régulièrement son volant n'est pas neutre : l'accident responsable causé par un conducteur autorisé impacte le CRM du contrat, donc le vôtre. Un paramètre à intégrer avant de comparer les offres sur notre page assurance auto en ligne.

Vos questions sur le bonus-malus

Comment le bonus-malus est-il calculé chaque année ?

Le coefficient est multiplié par 0,95 après chaque année d'assurance sans accident responsable, et le résultat est tronqué à deux décimales. Un accident entièrement responsable le multiplie par 1,25, un accident partiellement responsable par 1,125. Le coefficient reste borné entre 0,50 (bonus maximal) et 3,50 (malus maximal).

En combien de temps atteint-on le bonus maximal de 0,50 ?

Il faut 13 années consécutives sans accident responsable pour passer de 1,00 à 0,50. La descente exacte est : 0,95, 0,90, 0,85, 0,80, 0,76, 0,72, 0,68, 0,64, 0,60, 0,57, 0,54, 0,51, puis 0,50, chaque valeur étant tronquée à deux décimales.

Mon bonus est-il conservé si je change d'assureur ou de véhicule ?

Oui. Le coefficient suit le conducteur habituel, pas la compagnie : il est transmis au nouvel assureur via le relevé d'information et s'applique aussi au véhicule de remplacement. Changer de contrat ne remet jamais le compteur à 1,00 — dans un sens comme dans l'autre.

Un bris de glace ou un vol fait-il perdre du bonus ?

Non. Seuls les accidents dans lesquels votre responsabilité est totalement ou partiellement engagée font monter le coefficient. Bris de glace, vol, incendie, catastrophe naturelle et accidents dont vous n'êtes pas responsable n'ont aucun effet sur le CRM.

La rédaction Clikassur
Des spécialistes de l'assurance qui écrivent comme ils assurent : sans jargon, sans détour. Relu et mis à jour le 18 juillet 2026.
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