Multirisque professionnelle.
Assuré. Point final.

Un local, du matériel, du stock, des clients qui entrent : la multirisque professionnelle réunit dans un seul contrat la réparation de vos biens, la compensation de votre chiffre d'affaires et votre responsabilité d'exploitation. Cette page vous dit ce que le bail impose, ce que la loi ajoute d'office, ce qu'il faut déclarer pour ne pas être indemnisé de moitié, et comment sortir d'un contrat professionnel.

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L'essentiel en 30 secondes
  • La multirisque professionnelle réunit trois protections dans un contrat unique : vos biens (local, aménagements, matériel, stock, marchandises), vos pertes financières après sinistre, et votre responsabilité civile d'exploitation.
  • Aucun texte ne l'impose. Votre bail, lui, l'exige presque toujours : le locataire répond de l'incendie survenu dans les locaux loués sauf preuve d'une cause exonératoire (article 1733 du Code civil).
  • Déclarez vos capitaux à leur valeur réelle. Sous-évalués, l'indemnité est réduite dans la même proportion : c'est la règle proportionnelle de capitaux de l'article L121-5 du Code des assurances.
  • Trois garanties s'ajoutent dès que l'incendie est couvert : tempête (article L122-7), catastrophes naturelles (article L125-1) et attentats et actes de terrorisme (article L126-2, toute clause contraire étant réputée non écrite).
  • La résiliation à tout moment après un an ne vous concerne pas : l'article L113-15-2 est réservé aux personnes physiques hors activité professionnelle. Un contrat pro se résilie à l'échéance, avec un préavis qui ne peut excéder deux mois (article L113-12).

Que couvre exactement une multirisque professionnelle ?

Une multirisque professionnelle couvre trois choses dans un seul contrat : vos biens, c'est-à-dire le local, les aménagements, le matériel, le stock et les marchandises ; les pertes financières qui suivent un sinistre garanti, sous le nom de perte d'exploitation ; et la responsabilité civile que la vie courante de votre entreprise engage envers les tiers. Le reste — bris de machine, matériel nomade, protection juridique — se négocie ligne par ligne.

Le socle, celui que l'on retrouve dans tous les contrats, répare les dommages causés à vos biens par un événement extérieur et soudain : le feu, l'eau, le vent, le vol, la casse d'une surface vitrée. Trois garanties s'y greffent par l'effet de la loi, et non par la générosité de l'assureur. Dès qu'un contrat garantit l'incendie de biens situés en France, il ouvre droit à la garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones ; pour les biens qui ne sont pas exclusivement à usage d'habitation — donc pour votre local — les conditions de cette garantie sont déterminées en fonction de l'usage et de la nature des biens (article L122-7 du Code des assurances). Le même contrat ouvre droit à la garantie contre les effets des catastrophes naturelles (article L125-1) et à la garantie des dommages matériels directs causés par un attentat ou un acte de terrorisme sur le territoire national, toute clause contraire étant réputée non écrite (article L126-2).

Ce qui distingue une multirisque professionnelle d'une simple assurance de biens tient en deux mots : perte d'exploitation. Un incendie détruit un stock, mais il arrête surtout une activité. Réparer les murs sans compenser la marge perdue revient à rouvrir une boutique vidée de sa trésorerie. La perte d'exploitation est la garantie que l'on regrette de ne pas avoir souscrite, jamais celle que l'on regrette d'avoir payée.

Le détail, garantie par garantie

Garanties d'une multirisque professionnelle : ce que chacune répare et son statut habituel dans le contrat
GarantieCe qu'elle répareStatut habituel
Incendie, explosion, foudreLe bâtiment quand vous en êtes propriétaire, les aménagements, le matériel, le stock détruits par le feu, la fumée, une explosion.Socle
Dégâts des eauxFuites, ruptures de canalisation, infiltrations, débordements : vos biens et le local que vous louez.Socle
Tempête, grêle, neigeLes effets du vent, de la grêle et du poids de la neige sur les toitures et les biens abrités.Ouverte par l'article L122-7
Catastrophes naturellesInondation, coulée de boue, sécheresse-réhydratation des sols, séisme, reconnus par décision administrative.Ouverte par l'article L125-1
Attentats et actes de terrorismeLes dommages matériels directs aux biens assurés, frais de décontamination compris, dans les limites du contrat.Ouverte par l'article L126-2
Vol et vandalismeMatériel, marchandises et espèces selon plafonds, après effraction ou escalade ; dégradations des locaux.Socle, sous conditions de protection
Bris de glaceVitrine, glaces, enseignes, parois et mobilier vitrés déclarés au contrat.Socle
Dommages électriquesAppareils endommagés par la foudre indirecte, une surtension, un court-circuit, selon la liste déclarée.Socle ou option selon le contrat
RC exploitationLes dommages causés aux tiers par la vie courante de l'entreprise, ses locaux, ses salariés, son matériel.Socle
Perte d'exploitationLa marge brute que l'arrêt d'activité vous empêche de réaliser, pendant la période d'indemnisation choisie.Vivement recommandée
Frais supplémentaires d'exploitationLocal provisoire, matériel de remplacement, heures supplémentaires engagés pour limiter l'arrêt.Avec la perte d'exploitation
Bris de machineLa casse ou la panne accidentelle d'une machine, y compris d'origine interne.Option
Matériel en tous lieuxOrdinateurs, outillage, instruments transportés ou utilisés hors des locaux déclarés.Option
Marchandises transportéesVos marchandises pendant leur transport par vos propres moyens.Option
Biens confiésLes biens que vos clients vous remettent pour réparation, transformation ou dépôt.Option
Protection juridique professionnelleInformation juridique et prise en charge des litiges avec un fournisseur, un bailleur, un prestataire.Option
Le mot qui change tout : « déclaré ». La plupart de ces garanties ne portent que sur ce qui figure aux conditions particulières : la surface vitrée déclarée, la liste des machines déclarées, les locaux déclarés, les capitaux déclarés. Une garantie existe rarement dans l'absolu : elle existe sur un périmètre que vous avez décrit. C'est pour cela que le devis pose des questions précises, et c'est pour cela qu'il faut y répondre précisément.

Je signe un bail : qu'est-ce que mon local m'oblige à assurer ?

Le bail vous oblige presque toujours à assurer les risques locatifs et à en justifier chaque année par une attestation, parce que la loi vous fait déjà répondre de ce qui arrive dans les locaux que vous louez : l'article 1733 du Code civil pour l'incendie, l'article 1732 pour les dégradations et les pertes survenues pendant votre jouissance. La clause d'assurance du bail ne crée pas cette responsabilité : elle organise sa couverture.

L'article 1733 du Code civil installe une présomption qui surprend souvent : en cas d'incendie, le locataire répond du sinistre, à charge pour lui de prouver que le feu est arrivé par cas fortuit, par force majeure, par vice de construction, ou qu'il s'est communiqué depuis un immeuble voisin. Autrement dit, un incendie dont la cause reste indéterminée reste à la charge du locataire. La garantie « risques locatifs » de votre multirisque professionnelle est exactement la réponse assurantielle à cette présomption : elle paie au bailleur ce que la loi vous fait devoir.

Ce que le bail commercial encadre, et ce qu'il ne peut pas vous imposer

Un bail commercial obéit à des règles précises que la pratique néglige parfois. Un état des lieux doit être établi contradictoirement à la prise de possession et à la restitution des locaux, et joint au contrat ou conservé par chacune des parties (article L145-40-1 du Code de commerce) : c'est la pièce qui déterminera, des années plus tard, si une dégradation existait avant vous. Le contrat doit comporter un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances, avec leur répartition entre bailleur et locataire ; à la conclusion puis tous les trois ans, le bailleur doit vous communiquer un état prévisionnel des travaux envisagés dans les trois années suivantes avec son budget, et un état récapitulatif des travaux réalisés dans les trois années précédentes avec leur coût (article L145-40-2 du Code de commerce).

Surtout, certaines dépenses ne peuvent pas être mises à votre charge : les grosses réparations de l'article 606 du Code civil et les honoraires qui s'y rattachent, ainsi que les travaux de mise en conformité du local ou de l'immeuble lorsqu'ils relèvent de ces grosses réparations (article R145-35 du Code de commerce). Cette répartition compte pour votre assurance : elle vous dit ce que vous n'avez pas à assurer, et elle vous dit ce que vous devez assurer parce que personne d'autre ne le fera — au premier rang, les aménagements et agencements que vous avez financés vous-même.

Répartition entre bailleur et locataire de ce qui doit être assuré dans un local professionnel loué
Ce qui est en jeuQui l'assure en pratiqueLe texte ou la raison
Les murs, la toiture, la structureLe bailleur, par son propre contratLes grosses réparations de l'article 606 du Code civil ne peuvent pas vous être imputées (article R145-35 du Code de commerce)
Les aménagements et agencements que vous avez financésVous, dans les capitaux « contenu » de votre MRPIls vous appartiennent pendant le bail : le contrat du bailleur ne les garantit pas
Le matériel, le stock, les marchandisesVousAucun texte ne les met à la charge du bailleur
Votre responsabilité envers le bailleurVous, garantie « risques locatifs »Articles 1732 et 1733 du Code civil : vous répondez des dégradations et de l'incendie sauf preuve d'une cause exonératoire
Les dommages causés aux voisins et aux tiersVous, garantie « recours des voisins et des tiers »Un sinistre parti de chez vous engage votre responsabilité au-delà des murs loués
La preuve que vous êtes assuréVous, attestation remise puis renouveléeObligation de bail ; son inexécution peut être sanctionnée par la clause résolutoire, un mois après un commandement resté infructueux (article L145-41 du Code de commerce)
Cherchez la clause de renonciation réciproque à recours. Beaucoup de baux prévoient que bailleur et locataire renoncent à tout recours l'un contre l'autre, et en font porter l'engagement à leurs assureurs respectifs. Cette clause simplifie considérablement le règlement d'un sinistre, mais elle n'a d'effet que si votre assureur en a connaissance : transmettez-lui le bail, ou au moins l'article concerné, au moment de la souscription.

On me réclame une attestation d'assurance : que doit-elle dire ?

Une attestation utile nomme l'assuré tel qu'il figure au registre, donne l'adresse exacte du local, la période de validité et les garanties que votre interlocuteur exige : les risques locatifs pour un bailleur, la responsabilité civile d'exploitation pour un client ou un donneur d'ordre. Une attestation qui ne nomme pas la bonne adresse ou la bonne société ne prouve rien.

L'attestation n'est pas le contrat. Elle rapporte, à une date donnée, l'existence de garanties ; elle ne les crée pas et elle n'efface aucune exclusion ni aucune franchise. C'est une pièce de preuve, pas une extension de couverture. D'où deux réflexes simples : la relire avant de l'envoyer, et la redemander à chaque échéance, puisque sa période de validité est par nature limitée.

Le guide de la RC Pro traite le cas symétrique, celui du client ou de l'acheteur public qui réclame une attestation de responsabilité civile professionnelle. Les erreurs qui reviennent le plus souvent tiennent à un détail administratif. Une société qui change de dénomination sans le signaler à son assureur se retrouve avec une attestation au nom d'une entité que son bailleur ne reconnaît plus. Une entreprise qui déménage envoie pendant des mois une attestation portant l'adresse de l'ancien local : le document est authentique, la garantie ne porte plus sur le bon site. Une activité qui évolue — on ajoute la vente sur place, on installe un atelier, on commence à recevoir de la clientèle — modifie le risque sans modifier l'attestation, qui continue de décrire une entreprise qui n'existe plus.

Qui demande une attestation d'assurance professionnelle, ce qu'il veut y lire et à quel moment
Qui la demandeCe qu'il veut y lireQuand on vous la demande
Le bailleur ou le syndicLa garantie des risques locatifs, l'adresse exacte du local, la période de validitéÀ la remise des clés, puis à chaque échéance annuelle
Un client ou un donneur d'ordreLa responsabilité civile d'exploitation, l'activité déclarée, les montants de garantieAvant la signature du contrat, puis chaque année
Un organisateur de salon ou de marchéLa RC exploitation couvrant les dates et le lieu de l'événementÀ l'inscription
Une banque ou un crédit-bailleurLa garantie des biens financés et la mention du bénéficiaireÀ la mise en place du financement
Un franchiseur ou une tête de réseauLes garanties minimales imposées par le contrat de franchiseÀ l'ouverture, puis chaque année

RC exploitation ou responsabilité civile professionnelle : laquelle répond ?

La responsabilité civile d'exploitation répare les dommages causés par la vie courante de l'entreprise — un client qui glisse, une enseigne qui tombe, un salarié qui abîme le bien d'un tiers pendant une intervention. La responsabilité civile professionnelle répare les dommages causés par la prestation elle-même : une erreur, un conseil, un ouvrage, une livraison non conforme. La première est dans la multirisque ; la seconde est un contrat distinct.

La ligne de partage n'est pas une subtilité de juriste, c'est la frontière entre deux factures. Prenez un installateur qui intervient chez un client : s'il renverse un vase en portant son matériel, la RC exploitation joue. Si l'installation qu'il a posée fuit trois semaines plus tard et inonde l'appartement, c'est la responsabilité liée à la prestation, donc la RC Pro. Même entreprise, même client, même logement : deux contrats différents.

Deux cas méritent une attention particulière. Le préjudice immatériel pur — un client perd de l'argent sans qu'aucun bien n'ait été abîmé, parce qu'un conseil était erroné ou un livrable en retard — ne relève jamais de la RC exploitation : c'est le cœur de la RC Pro, et c'est souvent la garantie que les contrats les moins chers laissent de côté. Et les travaux de construction ouvrent un régime à part : toute personne dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement de la présomption des articles 1792 et suivants du Code civil doit être couverte par une assurance (article L241-1 du Code des assurances), ce qui rend l'assurance décennale obligatoire et non substituable.

Quelle garantie de responsabilité civile répond selon la situation rencontrée
La situationQui répondLe contrat concerné
Un client glisse sur le sol mouillé de votre localRC exploitationIncluse dans la multirisque
Votre enseigne se décroche et abîme une voitureRC exploitationIncluse dans la multirisque
Votre salarié casse un équipement chez un client pendant une interventionRC exploitationIncluse dans la multirisque
Un incendie parti de votre local endommage le commerce voisinRecours des voisins et des tiersIncluse dans la multirisque
Vous livrez un lot non conforme et votre client doit tout reprendreRC professionnelleRC Pro, contrat distinct
Votre conseil fait perdre de l'argent à un client, sans dommage matérielRC professionnelle, préjudice immatériel purRC Pro, contrat distinct
L'ouvrage que vous avez construit se fissure après réceptionResponsabilité décennaleAssurance décennale, obligatoire (article L241-1)

Vous hésitez entre les deux ? La question n'est pas « laquelle choisir », mais « de quoi vit mon entreprise ». Si elle vit d'un local, d'un stock et de clients qui s'y déplacent, la multirisque est le contrat central. Si elle vit d'une prestation intellectuelle ou technique livrée chez autrui, la RC Pro l'est. La plupart des entreprises vivent des deux, et portent donc les deux.

Votre multirisque, chiffrée sur votre local réel.

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Combien de capitaux déclarer, et que risque-t-on à se tromper ?

Déclarez la valeur réelle de tout ce que vous voulez voir remplacé. S'il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré est considéré comme restant son propre assureur pour l'excédent et supporte une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire : c'est l'article L121-5 du Code des assurances. La sanction n'attend pas le sinistre total : elle frappe aussi les petits dégâts.

La mécanique tient en une ligne. L'indemnité est égale au dommage multiplié par le rapport entre le capital que vous avez déclaré et la valeur réellement constatée au jour du sinistre. Déclarer la moitié de ce que l'on possède, c'est accepter d'avance d'être indemnisé de moitié sur chaque sinistre, pas seulement sur celui qui emporterait tout.

La règle proportionnelle sur un exemple chiffré

Prenons un atelier dont le contenu — machines, outillage, mobilier, aménagements et stock — vaut réellement 200 000 € au jour du sinistre, et un dégât des eaux qui cause 40 000 € de dommages. Les montants ci-dessous sont volontairement ronds et purement illustratifs : ils servent à montrer un mécanisme, pas à annoncer un tarif.

Effet de la règle proportionnelle de capitaux sur un dommage de 40 000 euros, pour un contenu valant réellement 200 000 euros
Capital déclaré au contratTaux de couvertureDommage constatéIndemnité avant franchiseReste à votre charge
200 000 €100 %40 000 €40 000 €0 €
150 000 €75 %40 000 €30 000 €10 000 €
120 000 €60 %40 000 €24 000 €16 000 €
100 000 €50 %40 000 €20 000 €20 000 €

L'article L121-5 réserve la « convention contraire » : certains contrats renoncent à la règle proportionnelle tant que l'écart entre la valeur réelle et le capital déclaré reste en deçà d'un pourcentage précisé aux conditions particulières, d'autres proposent une assurance en valeur déclarée ou au premier risque sur certains postes. Ces clauses existent, elles se lisent, et elles valent souvent mieux qu'une longue négociation sur la prime.

Sous-assurance ou fausse déclaration ? Deux sanctions distinctes

On confond souvent deux mécanismes qui n'ont ni la même cause ni le même effet. La sous-assurance porte sur un montant : vous avez correctement décrit votre risque mais chiffré trop bas vos capitaux, et l'article L121-5 réduit l'indemnité à proportion. La déclaration inexacte porte sur le risque lui-même : une activité annexe passée sous silence, un stockage de matières inflammables non signalé, une surface minorée. Si la mauvaise foi n'est pas établie, l'omission découverte après sinistre entraîne une réduction de l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (article L113-9 du Code des assurances). Si la fausse déclaration est intentionnelle et change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur, le contrat est nul et les primes versées lui restent acquises (article L113-8).

Ce qu'il faut compter, et ce que l'on oublie

  • Le matériel et le mobilier : machines, outillage, informatique, agencement de vente, équipements de froid ou de cuisson. Chiffrez la valeur de remplacement, pas le prix payé il y a huit ans.
  • Les aménagements et embellissements : cloisons, faux plafonds, électricité, plomberie, vitrines intérieures, peinture, sol. C'est le poste le plus systématiquement oublié par les locataires, alors qu'il représente souvent l'investissement d'ouverture le plus lourd.
  • Le stock et les marchandises : à leur valeur de reconstitution, c'est-à-dire ce qu'il vous en coûterait pour les racheter, et non leur prix de vente. Tenez compte des pics saisonniers : un stock de fin d'année n'a rien à voir avec un stock de février.
  • Les biens confiés par vos clients : véhicules, appareils, vêtements, documents laissés en dépôt ou en réparation. Ils ne vous appartiennent pas, mais vous en répondez.
  • Les espèces et valeurs : elles obéissent à des plafonds propres et parfois à une obligation de coffre.
  • Les archives, fichiers et supports : la garantie porte sur le coût de reconstitution, pas sur la valeur commerciale de l'information. Une sauvegarde hors site reste la meilleure assurance de ce poste-là.
Réévaluez à chaque échéance, et après chaque investissement. La plupart des contrats indexent automatiquement les capitaux sur un indice contractuel, mais aucun indice ne sait que vous avez acheté une machine en mars ou doublé votre surface de réserve. Une revue annuelle de dix minutes vaut mieux qu'une règle proportionnelle découverte le jour du sinistre.

Valeur à neuf ou vétusté : combien touchez-vous vraiment ?

Par défaut, un bien détruit est indemnisé à sa valeur au jour du sinistre, vétusté déduite : l'assurance relative aux biens est un contrat d'indemnité, et l'indemnité ne peut pas dépasser la valeur de la chose assurée au moment du sinistre (article L121-1 du Code des assurances). L'option valeur à neuf rembourse en plus tout ou partie de cette vétusté, sur justificatif de remplacement et dans la limite prévue au contrat.

La vétusté n'est pas une punition : c'est la conséquence du principe indemnitaire, qui interdit à l'assurance d'être une source de profit. Elle devient un problème quand l'écart entre l'indemnité et le prix de rachat est tel que l'entreprise ne peut pas reprendre son activité. C'est là que l'option valeur à neuf trouve son intérêt économique, et c'est là qu'il faut lire le pourcentage de rachat inscrit à votre contrat.

Trois bases d'indemnisation, un seul sinistre

Imaginons une machine dont le remplacement à neuf coûte 30 000 € au jour du sinistre, avec une vétusté estimée à 40 %. Le tableau compare trois rédactions de contrat. Chiffres volontairement ronds et purement illustratifs : le taux de vétusté est fixé par l'expert, et le plafond de rachat est celui de votre contrat, pas une règle de marché.

Comparaison de trois bases d'indemnisation pour une machine dont le remplacement à neuf coûte 30 000 euros avec 40 % de vétusté
Base retenue par le contratLe calculIndemnitéReste à financer pour racheter à neuf
Valeur d'usage, vétusté déduite30 000 € − 40 %18 000 €12 000 €
Valeur à neuf, rachat de vétusté plafonné à 25 % de la valeur à neuf18 000 € + 7 500 €25 500 €4 500 €
Valeur à neuf intégrale, sur justificatif de remplacement30 000 €30 000 €0 €

Trois précisions valent d'être retenues. La valeur à neuf est presque toujours conditionnée au remplacement effectif du bien dans un délai fixé au contrat : si vous ne rachetez pas, vous percevez la valeur d'usage. Le matériel informatique et électronique subit en général une décote plus rapide que les machines et le mobilier : c'est le poste où l'option se justifie le plus vite. Enfin, le stock ne relève pas de cette logique : il s'indemnise à sa valeur de reconstitution, sans la marge que vous auriez réalisée en le vendant — cette marge-là, c'est la perte d'exploitation qui la couvre.

Mon activité s'arrête : comment se calcule la perte d'exploitation ?

L'assureur mesure le chiffre d'affaires que le sinistre vous a fait perdre pendant la période d'indemnisation prévue au contrat, puis lui applique votre taux de marge brute — le chiffre d'affaires diminué des charges variables. Le résultat couvre les charges fixes qui continuent de courir et préserve le résultat de l'exercice. Ce n'est donc pas votre chiffre d'affaires qui est assuré, c'est votre marge.

La distinction est capitale au moment de déclarer les capitaux. Les charges variables — achats consommés, sous-traitance, commissions, consommables, énergie liée à la production — disparaissent avec l'activité : elles n'ont pas à être indemnisées. Les charges fixes — loyer, salaires et cotisations, assurances, amortissements, intérêts d'emprunt, abonnements — continuent de tomber pendant que le rideau est baissé : ce sont elles, et le résultat que l'exercice aurait dégagé, que la garantie prend en charge.

Le calcul, poste par poste

Voici un commerce réalisant 600 000 € de chiffre d'affaires annuel, arrêté quatre mois par un incendie. Chiffres volontairement ronds et purement illustratifs.

Calcul d'une perte d'exploitation pour un commerce à 600 000 euros de chiffre d'affaires arrêté quatre mois
Ce que l'on mesureLe montantD'où il vient
Chiffre d'affaires des douze mois précédents600 000 €Votre comptabilité
Charges variables sur la même période330 000 €Achats consommés, sous-traitance, commissions
Marge brute annuelle270 000 €600 000 € − 330 000 €
Taux de marge brute45 %270 000 € ÷ 600 000 €
Chiffre d'affaires perdu pendant les quatre mois d'arrêt200 000 €Écart avec la même période de l'exercice précédent
Perte d'exploitation indemnisable90 000 €200 000 € × 45 %

Quelle période d'indemnisation choisir ?

La période d'indemnisation est la durée maximale pendant laquelle la garantie suit votre entreprise après le sinistre. Douze, dix-huit ou vingt-quatre mois : le bon choix ne dépend pas de la durée des travaux mais de la durée de la reconquête. Reconstruire prend des mois ; retrouver une clientèle qui a pris d'autres habitudes en prend d'autres. Une activité de flux en centre-ville, dépendante d'un emplacement, met plus longtemps à revenir à son niveau qu'un bureau qui peut travailler ailleurs dès le lendemain.

Le capital à assurer se déduit mécaniquement de ce choix : marge brute annuelle multipliée par la période, exprimée en années. Dans l'exemple ci-dessus, une période de dix-huit mois conduit à déclarer 270 000 € × 1,5, soit 405 000 €. Et attention : la marge brute déclarée obéit à la même règle proportionnelle que les capitaux matériels. Une marge sous-évaluée produit une indemnité réduite dans la même proportion.

La perte d'exploitation ne vit pas seule. Elle ne se déclenche que si le sinistre qui a arrêté l'activité est lui-même garanti. Une panne de machine non couverte par une garantie bris de machine n'ouvre aucune perte d'exploitation, même si elle arrête la production six semaines. C'est la raison la plus solide d'ajouter le bris de machine dans un atelier ou un laboratoire : ce n'est pas la machine qu'on assure, c'est la chaîne qui en dépend.

L'eau ou le feu est parti de mon local : qui paie quoi ?

Vos propres dommages sont réparés par vos garanties dommages ; ce que le sinistre a causé au bâtiment que vous louez relève de votre garantie risques locatifs ; ce qu'il a causé chez les voisins relève de la garantie recours des voisins et des tiers. Un seul événement, trois compartiments de garantie : c'est la raison pour laquelle un contrat professionnel se lit poste par poste et non par son intitulé.

Le premier geste est un délai. L'assuré doit donner avis à l'assureur dès qu'il a connaissance du sinistre et au plus tard dans le délai fixé au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, ramené à deux jours ouvrés en cas de vol (article L113-2 du Code des assurances). Le second geste est une preuve : photographiez avant de nettoyer, conservez les biens endommagés jusqu'au passage de l'expert, rassemblez factures, bons de livraison et inventaires. Un sinistre bien documenté se règle deux fois plus vite qu'un sinistre raconté.

Dégât des eaux : la recherche de fuite d'abord

Dans un local professionnel, la difficulté n'est presque jamais l'eau visible mais son origine. Tant que la fuite n'est pas localisée, rien ne peut être réparé et les dommages continuent. La recherche de fuite — sondages, caméra thermique, dépose de carrelage — représente souvent une part importante de la facture, et elle fait l'objet d'une ligne de garantie distincte qu'il faut vérifier. Entre assureurs, des conventions professionnelles organisent la gestion et le recours des petits sinistres dégât des eaux et incendie dans les immeubles, sous un seuil de dommages exprimé hors taxes : elles accélèrent le règlement, mais elles ne vous sont pas opposables et ne modifient jamais l'étendue de vos garanties. Votre contrat reste la seule source de vos droits.

Répartition des prises en charge après un dégât des eaux ou un incendie dans un local professionnel loué
Ce qui est endommagéLa garantie qui répondLe point de vigilance
Votre matériel, votre stock, vos marchandisesDommages aux biens de votre multirisqueCapitaux déclarés et règle proportionnelle (article L121-5)
Les aménagements que vous avez financésDommages aux biens, poste « aménagements »Poste fréquemment oublié au devis
Le bâtiment que vous louezRisques locatifsPrésomption de responsabilité du locataire en cas d'incendie (article 1733 du Code civil)
Le commerce ou le logement voisinRecours des voisins et des tiersVérifiez le plafond : un immeuble entier coûte plus cher qu'un local
La recherche de la fuite elle-mêmeGarantie recherche de fuiteLigne distincte, avec son propre plafond
Le chiffre d'affaires que vous ne faites plusPerte d'exploitationNe joue que si le sinistre d'origine est garanti
Le nettoyage, le déblaiement, la démolitionFrais et pertes annexesSouvent exprimés en pourcentage de l'indemnité principale

Pour le détail du partage des responsabilités quand l'eau traverse plusieurs locaux, notre article dégât des eaux : qui paie quoi décrit la mécanique côté habitation, dont la logique de recours vaut aussi entre voisins professionnels. Et ce que couvre vraiment la garantie incendie détaille la différence entre les dommages du feu, ceux de la fumée et ceux de l'extinction.

Ce que la loi fixe déjà

Trois repères, trois articles.

Sur ces trois points, votre contrat ne décide pas seul : un texte s'impose à lui, et il est vérifiable.

L121-5 : la règle proportionnelle

Capitaux sous-évalués, indemnité réduite dans la même proportion, sauf convention contraire. Le calcul, chiffré, est dans la page.

Voir l'exemple chiffré →

1733 du Code civil : l'incendie du locataire

Le locataire répond de l'incendie sauf preuve d'un cas fortuit, d'une force majeure, d'un vice de construction ou d'une communication voisine.

Ce qu'impose le bail →

L113-15-2 : la loi Hamon ne joue pas

La résiliation à tout moment après un an est réservée aux personnes physiques hors activité professionnelle. Un contrat pro suit d'autres règles.

Comment résilier →

Tempête, grêle, catastrophe naturelle : que couvre-t-on sans le demander ?

Dès qu'un contrat garantit l'incendie de biens situés en France, il ouvre droit à la garantie contre les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones (article L122-7 du Code des assurances) et à la garantie contre les effets des catastrophes naturelles (article L125-1). Pour les biens qui ne sont pas exclusivement à usage d'habitation, les conditions de la garantie tempête sont déterminées en fonction de l'usage et de la nature des biens : le principe est acquis, son périmètre se lit au contrat.

La garantie catastrophes naturelles ne se déclenche pas sur constat d'un expert mais sur décision administrative constatant l'état de catastrophe naturelle pour la commune et pour le phénomène concerné. Vous devez alors déclarer le sinistre dès que vous en avez connaissance et au plus tard dans les trente jours suivant la publication de cette décision (article L125-2 du Code des assurances). Le même article organise la suite : l'assureur dispose d'un mois pour vous informer des modalités de mise en jeu des garanties, une provision doit vous être versée dans les deux mois qui suivent la remise de votre état estimatif ou la publication de la décision si elle est postérieure, et le règlement final intervient selon les délais prévus par ce texte.

Les franchises que vous ne pouvez pas négocier

La particularité du régime des catastrophes naturelles tient à sa franchise : elle est fixée par les clauses types du Code des assurances, et non par votre contrat. Elle reste à votre charge quel que soit l'assureur.

Franchises légales applicables à la garantie catastrophes naturelles selon le type de bien ou de garantie
Bien ou garantie concernéeFranchise minimale restant à votre charge
Biens à usage professionnel10 % des dommages matériels directs non assurables, par établissement et par événement, sans pouvoir être inférieure à 1 140 €
Biens à usage professionnel, dommages de sécheresse-réhydratation des sols10 % des dommages, avec un minimum porté à 3 050 €
Garantie perte d'exploitationTrois jours ouvrés d'interruption ou de réduction d'activité, avec un minimum de 1 140 €
Biens à usage d'habitation et autres biens380 €

Ces montants proviennent des clauses types annexées au Code des assurances (chapitre consacré à l'assurance des risques de catastrophes naturelles, articles A125-2 et suivants) ; une franchise contractuelle plus élevée que le minimum légal reste possible et se lit aux conditions particulières. Sachez par ailleurs que la surprime qui finance ce régime, prélevée sur les cotisations dommages aux biens, a été portée de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025 : une hausse de cotisation constatée depuis cette date ne traduit donc pas nécessairement un changement de garanties. Notre article catastrophe naturelle : comment se passe l'indemnisation détaille le déroulé côté habitation, dont la procédure est identique.

Je me fais cambrioler : quelles protections le contrat exige-t-il ?

Le contrat énumère les moyens auxquels il subordonne la garantie vol : nature des fermetures et des serrures, rideau ou grille, alarme, télésurveillance, coffre pour les espèces, et parfois horaires de mise sous protection. Ce ne sont pas des recommandations, ce sont des conditions de la garantie. Si elles ne sont pas en place ou pas activées au moment du vol, l'indemnisation peut être réduite ou refusée.

La nuance juridique mérite d'être comprise, car elle décide de qui doit prouver quoi. Une exclusion doit être rédigée en termes formels et limités pour être opposable (article L113-1 du Code des assurances) et figurer en caractères très apparents dans la police (article L112-4). Une condition de garantie, elle, ne s'analyse pas comme une exclusion : elle décrit le périmètre dans lequel la garantie a été consentie et tarifée. D'où une règle pratique simple : ce que vous avez déclaré au devis en matière de protection, vous devez pouvoir le montrer le jour du sinistre.

La garantie vol suppose en outre, dans presque tous les contrats, un mode opératoire caractérisé : effraction, escalade, usage de fausses clés, introduction clandestine ou menace. Un vol sans trace, une disparition en libre-service, une démarque inconnue ne relèvent pas de cette garantie : c'est la limite que rencontrent le plus souvent les commerces de détail. Le vol commis par un préposé obéit également à des règles propres, souvent traitées par une extension distincte.

Ce que la clause vol vérifie, ce que l'on vous demande en pratique et la conséquence d'un manquement
Ce que la clause vérifieCe qu'on vous demande en pratiqueSi ce n'est pas respecté
La nature des fermeturesSerrures, portes, rideau ou grille conformes à ce qui a été déclaré au devisRéduction ou refus d'indemnité
La mise sous protectionFermetures verrouillées et alarme enclenchée hors des heures d'ouverture déclaréesRéduction ou refus d'indemnité
L'alarme ou la télésurveillanceInstallation en service, contrat d'abonnement à jour, rapport d'interventionRéduction ou refus d'indemnité
Les espèces et valeursPlafond spécifique, parfois coffre d'un type précisé au contratIndemnité limitée au plafond
La preuve du contenu voléInventaire, factures, numéros de série, photos, sauvegarde hors siteÉvaluation contestée, délais allongés
Le mode opératoireEffraction, escalade, fausses clés, menace : constatés et déclarésHors garantie si aucune trace
Le délai de déclarationDépôt de plainte, puis déclaration à l'assureurDéchéance possible : le délai contractuel ne peut être inférieur à deux jours ouvrés (article L113-2)

Après coup, la difficulté n'est pas de prouver qu'on a été cambriolé : c'est de prouver ce qui a disparu. Tenez un inventaire à jour, conservez les factures hors du local, photographiez les réserves, notez les numéros de série. Notre article cambriolage : les étapes de l'indemnisation décrit le parcours complet, du dépôt de plainte au versement.

Ma vitrine est cassée : le bris de glace, mode d'emploi

La garantie bris de glace répare les vitrines, glaces, enseignes et parois vitrées déclarées au contrat, que la casse soit accidentelle ou volontaire, sous déduction de la franchise. Elle porte sur la surface vitrée elle-même : ce qui a été volé après le bris relève de la garantie vol, avec ses propres conditions.

Une vitrine cassée coûte rarement le prix du verre. Il faut sécuriser l'ouverture dans l'heure, souvent faire garder le local jusqu'à la pose, commander un vitrage aux dimensions, et parfois refaire ce qui était collé dessus. Les frais de fermeture provisoire et de gardiennage sont prévus par la plupart des contrats, mais avec un plafond : c'est une ligne à vérifier avant d'en avoir besoin, pas après.

Deuxième piège : le remplacement n'est pas toujours à l'identique. Les règles en vigueur au jour de la pose peuvent imposer un vitrage feuilleté ou une épaisseur différente de celle d'origine, et l'écart de prix n'est pris en charge que si votre contrat prévoit la mise en conformité. Troisième piège : le lettrage, les vitrophanies et les films solaires ou anti-effraction ne sont couverts que s'ils ont été déclarés — or leur repose représente souvent une part significative de la facture.

Quel élément vitré relève de quelle garantie et ce qu'il faut déclarer au contrat
L'élémentGénéralement couvert parCe qu'il faut déclarer
Vitrine, baies et portes vitréesBris de glaceSurface totale et type de vitrage
Enseigne et caisson lumineuxBris de glace, parfois ligne distincteValeur de remplacement
Store banne, auvent, terrasseDommages aux biens, pas bris de glacePrésence et valeur
Vitrophanie, lettrage, film solaireUniquement s'ils sont déclarésCoût de repose
Miroirs, comptoirs, mobilier vitré intérieursBris de glace s'ils sont déclarésInventaire
Marchandise volée après le brisGarantie vol, pas bris de glaceMoyens de protection déclarés
Fermeture provisoire et gardiennageFrais annexes, avec plafondRien, mais vérifiez le plafond

Ma machine tombe en panne : à quoi sert le bris de machine ?

Le bris de machine répare la casse ou la panne accidentelle d'un équipement, y compris quand la cause est interne : erreur de manipulation, court-circuit, corps étranger, défaut de matière, surchauffe. C'est précisément ce que les garanties dommages du socle ne couvrent pas, puisqu'elles supposent un événement extérieur et soudain.

Un four qui s'arrête, une presse qui casse un arbre, un serveur qui grille : aucun incendie, aucun dégât des eaux, aucune effraction. Le socle d'une multirisque professionnelle ne répond pas, parce qu'il n'y a pas eu de sinistre au sens des garanties de dommages. Le bris de machine est la seule garantie conçue pour l'accident interne, et c'est la raison pour laquelle elle est indispensable dès que la production repose sur quelques équipements irremplaçables à court terme.

Deux limites structurent cette garantie. Elle ne couvre pas l'usure : les pièces d'usure, la corrosion progressive, le défaut d'entretien et tout ce qui relève de la garantie du constructeur restent dehors. Et elle s'indemnise fréquemment sous déduction d'une vétusté qui progresse avec l'âge de la machine : lisez la clause avant de compter sur un remplacement à neuf. L'équivalent informatique existe sous le nom de garantie « tous risques informatiques », qui ajoute en général la reconstitution des données et des supports — un poste dont le coût réel surprend toujours.

Ce que couvrent les garanties dommages du socle et ce que couvre le bris de machine selon l'événement
L'événementGaranties dommages du socleBris de machine
Incendie ou dégât des eaux dans l'atelierOuiSans objet
Chute d'un objet extérieur sur la machineOuiOui
Erreur de manipulation d'un salariéNonOui
Court-circuit interne, surtensionSelon la garantie dommages électriques déclaréeOui
Corps étranger introduit dans le mécanismeNonOui
Usure, corrosion, pièces d'usure, défaut d'entretienNonNon
Arrêt de production consécutif à la panneNonSeulement avec l'extension perte d'exploitation après bris de machine

Je sors mon matériel du local : que faut-il ajouter ?

La multirisque professionnelle garantit d'abord les biens situés dans les locaux déclarés au contrat. Dès que le matériel sort — chez un client, sur un chantier, dans un véhicule, à votre domicile — il faut une extension : matériel en tous lieux, biens en déplacement, marchandises transportées. Sans elle, le même ordinateur est couvert sur le bureau et ne l'est plus dans le sac.

Le vol dans un véhicule est le cas le plus piégeux. Les extensions le garantissent presque toujours, mais assorti de conditions que personne ne relit avant d'en avoir besoin : véhicule fermé à clé, matériel hors de vue ou dans un coffre, stationnement dans un lieu clos, parfois exclusion entre certaines heures de la nuit. Un outillage volé dans une camionnette garée dans la rue à trois heures du matin est un cas d'école de refus, et il n'a rien d'une mauvaise foi de l'assureur : la condition figurait au contrat.

Trois autres situations méritent d'être déclarées explicitement. Les biens que vos clients vous confient pour réparation, transformation ou dépôt ne vous appartiennent pas, mais vous en répondez : ils relèvent d'une garantie « biens confiés » dédiée. Le matériel pris en location ou en crédit-bail appartient à un tiers qui exigera d'être désigné comme bénéficiaire de l'indemnité. Enfin, un stock entreposé chez un tiers — plateforme logistique, garde-meuble, entrepôt partagé — n'est pas couvert par le simple fait d'appartenir à votre entreprise : le site doit être déclaré, avec sa valeur.

Couverture des biens professionnels selon l'endroit où ils se trouvent
Où se trouve le bienCouvert par le socleCe qu'il faut demander
Dans le local déclaréOuiRien de plus que des capitaux justes
Chez un client, pendant une interventionNonExtension « matériel en tous lieux »
Dans votre véhicule, en tournéeNonExtension, avec ses conditions propres de vol dans un véhicule
Sur un chantierNonExtension chantier, souvent plafonnée par site
À votre domicileNonDéclaration du domicile comme lieu d'activité
Dans un entrepôt ou chez un logisticienNonDéclaration du site et de la valeur stockée
Confié par un client pour réparation ou dépôtNonGarantie « biens confiés »
En cours de transport par vos moyensNonGarantie « marchandises transportées »

Dernier rappel : les véhicules de l'entreprise ne relèvent jamais de la multirisque professionnelle. Ils s'assurent séparément, à l'unité ou, à partir de trois véhicules, dans une assurance flotte automobile qui simplifie la gestion du parc et les entrées-sorties.

Je travaille depuis chez moi : mon assurance habitation suffit-elle ?

Non, dans la plupart des cas. L'assurance habitation couvre la vie privée : le matériel professionnel, le stock entreposé au domicile et la réception de clientèle en sont généralement exclus. L'exercice d'une activité professionnelle au domicile doit en outre être déclaré à votre assureur habitation. Deux sujets se superposent : ce qui est couvert, et ce qui a été déclaré.

Commençons par la déclaration, parce que c'est elle qui expose le plus. L'assuré doit déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux et rendent inexactes ou caduques les réponses faites à l'assureur, dans un délai de quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance (article L113-2 du Code des assurances). Installer un atelier dans le garage, stocker de la marchandise dans une chambre, recevoir des clients dans le salon : ce sont des circonstances nouvelles. Si l'omission n'est pas intentionnelle et qu'elle est découverte après sinistre, l'indemnité est réduite en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues (article L113-9). Si elle est intentionnelle et qu'elle change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur, le contrat est nul (article L113-8).

Venons-en à la couverture. Une activité exercée au domicile crée des besoins que l'habitation ne connaît pas : le matériel professionnel au-delà des plafonds « objets de valeur » ou « informatique » de la multirisque habitation, le stock, les biens confiés par des clients, la responsabilité civile d'exploitation dès que quelqu'un franchit la porte pour un motif professionnel, et la perte d'exploitation si l'activité dépend du lieu. Une multirisque professionnelle adaptée, ou une extension dédiée au risque professionnel à domicile, couvre ces postes ; votre contrat d'assurance habitation continue de couvrir la sphère privée.

Vérifiez aussi ce que vous avez le droit de faire chez vous. Un bail d'habitation, un règlement de copropriété ou une règle d'urbanisme locale peuvent encadrer l'exercice d'une activité dans un logement, en particulier dès qu'il y a réception de clientèle, livraisons régulières ou stockage. C'est un sujet distinct de l'assurance, mais il se traite au même moment : avant l'installation. Notre article sur l'assurance habitation et le télétravail détaille la frontière entre travail salarié à distance et activité indépendante exercée au domicile.

Je change d'assureur : quand et comment résilier ?

Un contrat professionnel se résilie à son échéance annuelle, par un courrier adressé dans le délai de préavis prévu au contrat, qui ne peut excéder deux mois (article L113-12 du Code des assurances). La résiliation à tout moment après un an, issue de la loi Hamon, ne s'applique pas : l'article L113-15-2 la réserve aux personnes physiques agissant en dehors de leur activité professionnelle. C'est la confusion la plus fréquente, et la plus coûteuse en temps perdu.

Un point mérite une lecture attentive de vos conditions générales. Le même article L113-12 précise qu'il peut être dérogé à la règle de la résiliation annuelle pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers. Un contrat professionnel peut donc prévoir une périodicité différente, voire une durée ferme. Avant de poser une date dans votre agenda, ouvrez la clause de durée : c'est elle qui commande, pas l'usage.

La loi admet par ailleurs plusieurs canaux pour notifier une résiliation : lettre ou tout autre support durable, déclaration faite au siège social ou chez le représentant de l'assureur, acte extrajudiciaire, ou tout autre moyen prévu par le contrat (article L113-14 du Code des assurances). Gardez une preuve d'envoi et de date : c'est la seule pièce qui compte si la résiliation est contestée.

Motifs de résiliation d'un contrat d'assurance professionnel, délais applicables et textes correspondants
Le motifLe délai pour agirLe texte
Échéance annuelleNotification dans le préavis prévu au contrat, qui ne peut excéder deux mois ; clause de durée différente admise pour les risques non particuliersArticle L113-12 du Code des assurances
Cessation définitive d'activité, changement de profession, retraite professionnelleDans les trois mois suivant l'événement ; effet un mois après réception de la notificationArticle L113-16 du Code des assurances
Vente du local ou du fondsLe contrat continue de plein droit avec l'acquéreur, qui peut résilier ; vous vous libérez des primes à venir en informant l'assureur par lettre recommandéeArticle L121-10 du Code des assurances
Résiliation par l'assureur après un sinistre, si la police le prévoitVous pouvez alors résilier vos autres contrats chez le même assureur dans le mois de la notificationArticle R113-10 du Code des assurances
Non-paiement de la primeGarantie suspendue trente jours après une mise en demeure restée sans effet, résiliation possible dix jours plus tardArticle L113-3 du Code des assurances
Résiliation à tout moment après un anNe s'applique pas à un contrat professionnelArticle L113-15-2 du Code des assurances
Renonciation de quatorze jours après une souscription à distanceRéservée aux personnes physiques souscrivant à des fins étrangères à leur activité professionnelleArticle L112-2-1 du Code des assurances
Ne résiliez jamais avant d'avoir la confirmation du nouveau contrat. Un jour sans garantie, c'est un jour où votre bailleur peut constater le défaut d'assurance, où un client peut vous réclamer une attestation introuvable, et où un sinistre reste intégralement à votre charge. L'ordre correct est toujours le même : obtenir le nouveau contrat avec sa date d'effet, puis résilier l'ancien pour cette date.

Souscrire en ligne : ce qu'il faut préparer

La souscription se fait de bout en bout depuis votre navigateur, en trois étapes : décrire le local et l'activité, régler les capitaux et les options, signer électroniquement. L'attestation mentionnant les risques locatifs vous est remise dans votre espace client une fois le contrat souscrit.

Si c'est une attestation qu'on vous réclame et que vous voulez aller droit au but, la page devis multirisque professionnelle reprend la même démarche vue du côté du document à fournir. Pour la responsabilité liée à vos prestations, qui relève d'un autre contrat, voyez le devis RC Pro.

01
Décrivez le local et l'activité

Adresse, surface, statut d'occupation, nature exacte de l'activité, moyens de protection en place. Décrivez ce qui existe, pas ce qui est prévu.

02
Réglez capitaux et options

Matériel, aménagements, stock, marge brute et période d'indemnisation, extensions utiles : chaque ligne est chiffrée avec sa franchise et son plafond.

03
Signez, l'attestation suit

Signature électronique, puis mise à disposition de l'attestation à transmettre au bailleur, une fois le contrat souscrit. Assuré. Point final.

Pour aller vite, réunissez avant de commencer : le bail ou le titre de propriété du local, la surface exploitée, le montant du matériel et des aménagements, la valeur moyenne et la valeur de pointe du stock, votre dernier bilan pour la marge brute, la liste des machines à assurer en bris de machine et l'inventaire de vos protections contre le vol. Une question sur un poste ? Notre glossaire de l'assurance définit les termes du contrat, et la FAQ Clikassur répond aux questions de souscription et de gestion.

Multirisque professionnelle : vos questions, nos réponses

Neuf questions reviennent systématiquement : l'obligation, la frontière avec la RC Pro, la sous-assurance, le calcul de la perte d'exploitation, les protections contre le vol, la vitrine, le matériel nomade, le travail à domicile et la résiliation.

La multirisque professionnelle est-elle obligatoire ?

Aucune loi n'impose la multirisque professionnelle en tant que telle. Votre bail, lui, l'exige presque toujours : le locataire répond de l'incendie survenu dans les locaux loués, sauf s'il prouve que le feu est arrivé par cas fortuit, par force majeure, par vice de construction, ou qu'il s'est communiqué depuis un immeuble voisin (article 1733 du Code civil). En bail commercial, l'obligation de justifier chaque année ne vient d'aucun texte : elle naît de la clause d'assurance du bail, et son inexécution peut être sanctionnée par la clause résolutoire, un mois après un commandement demeuré infructueux (article L145-41 du Code de commerce). Certaines professions ont par ailleurs une obligation distincte d'assurance de responsabilité civile professionnelle, et les entreprises du bâtiment une obligation d'assurance décennale (article L241-1 du Code des assurances).

Quelle différence entre multirisque professionnelle et RC Pro ?

La multirisque professionnelle protège vos biens et votre chiffre d'affaires : le local, les aménagements, le matériel, le stock et la marge brute que l'arrêt d'activité vous fait perdre. La RC Pro répare les dommages que votre prestation cause à autrui : une erreur, un conseil, une livraison non conforme. La multirisque contient bien une responsabilité civile, mais c'est la RC exploitation, celle de la vie courante de l'entreprise : un client qui glisse dans la boutique, une enseigne qui tombe sur une voiture. Les deux contrats ne se remplacent pas, ils se complètent.

Que se passe-t-il si j'ai sous-évalué mes capitaux ?

Si la valeur de la chose assurée dépasse au jour du sinistre la somme garantie, vous êtes considéré comme restant votre propre assureur pour l'excédent et vous supportez une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire : c'est la règle proportionnelle de capitaux de l'article L121-5 du Code des assurances. Un contenu déclaré 100 000 € alors qu'il en vaut 200 000 € est couvert à 50 % : un dommage de 40 000 € donne 20 000 € d'indemnité avant franchise. La règle s'applique aussi aux petits sinistres, et certains contrats y renoncent en deçà d'un écart précisé aux conditions particulières : vérifiez cette clause avant de signer.

Comment se calcule l'indemnisation de la perte d'exploitation ?

L'assureur mesure le chiffre d'affaires que le sinistre vous a fait perdre pendant la période d'indemnisation prévue au contrat, puis lui applique votre taux de marge brute, c'est-à-dire le chiffre d'affaires diminué des charges variables. Le résultat couvre les charges fixes qui continuent de courir — loyer, salaires, cotisations, amortissements — et préserve le résultat de l'exercice. Les frais supplémentaires engagés pour limiter l'arrêt, comme un local provisoire ou du matériel loué, sont pris en charge dans la mesure où ils réduisent la perte. La garantie ne joue que si le sinistre à l'origine de l'arrêt est lui-même garanti.

Vol : quelles mesures de protection le contrat exige-t-il ?

Le contrat énumère les moyens auxquels il subordonne la garantie vol : nature des fermetures et des serrures, rideau ou grille, alarme, télésurveillance, coffre pour les espèces, et parfois horaires de mise sous protection. Ce ne sont pas des recommandations mais des conditions de la garantie : si elles ne sont pas en place ou pas activées au moment du vol, l'indemnisation peut être réduite ou refusée. Déclarez vos protections telles qu'elles existent réellement, conservez l'inventaire et les factures du contenu, et déclarez le vol dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à deux jours ouvrés (article L113-2 du Code des assurances).

Ma vitrine est cassée : suis-je couvert ?

La garantie bris de glace répare les vitrines, glaces, enseignes et parois vitrées déclarées au contrat, que la casse soit accidentelle ou volontaire, sous déduction de la franchise. Elle porte sur la surface vitrée elle-même : ce qui a été volé après le bris relève de la garantie vol, avec ses propres conditions de protection. Déclarez la surface et le type de vitrage, ainsi que les vitrophanies, le lettrage et les films, dont la repose représente souvent une part importante de la facture. Les frais de fermeture provisoire et de gardiennage sont pris en charge selon ce que prévoient vos conditions particulières.

Mon matériel est-il couvert quand il sort du local ?

Non, pas automatiquement. La multirisque professionnelle garantit d'abord les biens qui se trouvent dans les locaux déclarés au contrat. Dès que le matériel sort — chez un client, sur un chantier, dans un véhicule, à votre domicile — il faut une extension, appelée selon les contrats matériel en tous lieux, biens en déplacement ou marchandises transportées. Ces extensions ont leurs propres plafonds et, pour le vol dans un véhicule, leurs propres conditions : véhicule fermé, coffre, lieu de stationnement, parfois exclusion de la nuit. Signalez ces déplacements au devis plutôt que de les découvrir après un sinistre.

Je travaille depuis chez moi : ai-je besoin d'une multirisque professionnelle ?

Le plus souvent, oui. L'assurance habitation couvre la vie privée : le matériel professionnel, le stock entreposé au domicile et la réception de clientèle en sont généralement exclus. L'exercice d'une activité professionnelle au domicile doit par ailleurs être déclaré à votre assureur habitation, comme toute circonstance nouvelle qui aggrave les risques ou en crée de nouveaux, dans les quinze jours où vous en avez eu connaissance (article L113-2 du Code des assurances). Une omission non intentionnelle découverte après sinistre entraîne une réduction de l'indemnité proportionnelle aux primes payées (article L113-9) ; une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L113-8).

Puis-je résilier ma multirisque professionnelle à tout moment après un an ?

Non. La résiliation à tout moment après la première année est réservée par l'article L113-15-2 du Code des assurances aux personnes physiques agissant en dehors de leur activité professionnelle. Une multirisque professionnelle se résilie à l'échéance annuelle, par un courrier adressé dans le délai de préavis prévu au contrat, qui ne peut excéder deux mois (article L113-12). Lisez toutefois la clause de durée de vos conditions générales : le même article permet de déroger à cette règle pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers, si bien qu'un contrat professionnel peut prévoir une périodicité différente. D'autres portes existent : la cessation définitive d'activité ou le changement de profession ouvrent un droit de résiliation dans les trois mois de l'événement (article L113-16), et la vente du local ou du fonds transfère le contrat à l'acquéreur, qui peut le résilier (article L121-10).

La rédaction Clikassur
Clikassur, courtier en assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26010859. Chaque affirmation de droit de cette page renvoie à son article. Publiée et relue le 20 septembre 2026.

Deux outils pour chiffrer avant de souscrire

Les deux chiffres qui bloquent le plus souvent une souscription en multirisque professionnelle sont le capital de contenu a declarer et le capital de perte d exploitation. Nos deux calculettes les produisent, et montrent surtout ce que coute une declaration trop basse.

Capitaux a declarer

Materiel, informatique, mobilier, amenagements, stock : le total a porter au contrat, et l effet chiffre de la regle proportionnelle de l article L121-5.

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