Le plafond
Le maximum payé par sinistre et par année, avec des sous-limites propres aux immatériels non consécutifs.
Comment le calibrer →Une erreur, un retard, un conseil qui tourne mal : votre responsabilité est engagée. La RC Pro indemnise vos clients à votre place. Demandez votre devis gratuit en ligne, un conseiller vous recontacte, auto-entrepreneurs bienvenus.
La RC Pro paie, à la place de votre entreprise, les dommages qu'elle cause à des tiers dans l'exercice de son activité, et finance sa défense quand la mise en cause est contestable. Elle transfère à un assureur une dette qui, sans contrat, resterait intégralement la vôtre.
Le point de départ n'est pas l'assurance, c'est la responsabilité : l'article 1231-1 du Code civil oblige le débiteur d'une prestation à réparer le préjudice né de son exécution défectueuse, l'article 1240 vise le dommage causé par sa faute et l'article 1242 alinéa 5 rend le commettant responsable de ses préposés. Elle existe assuré ou non ; l'assurance en prend seulement en charge les conséquences pécuniaires.
Pour les métiers de service, de conseil et du numérique, la troisième famille est la plus sollicitée — et la plus souvent exclue ou sous-plafonnée. Côté procédure, l'article L124-3 du Code des assurances ouvre au tiers lésé une action directe contre l'assureur, et l'article L124-1 précise que l'assureur n'est tenu qu'une fois la réclamation formée par ce tiers.
Une RC Pro devient nécessaire dès qu'un tiers peut subir un préjudice à cause de votre travail, et urgente dès qu'un document vous est réclamé : attestation, bail, marché, référencement. Huit situations concrètes déclenchent la souscription.
| La situation | Ce qui se passe | Le délai utile |
|---|---|---|
| On me réclame une attestation | La mission est conditionnée à une attestation en cours de validité. | Immédiat |
| Je signe un bail | Le bail impose une assurance et une attestation annuelle au bailleur. | Avant la signature |
| Je réponds à un marché | Le règlement de la consultation exige une attestation, parfois avec un plafond minimal. | Avant le dépôt |
| Je m'inscris sur une plateforme | Contrôle à l'inscription, puis à chaque renouvellement. | Avant l'inscription |
| J'interviens chez le client | Ses biens, ses locaux, ses données : l'exposition devient permanente. | Avant la 1re intervention |
| J'embauche | Vous répondez de vos salariés (article 1242 alinéa 5 du Code civil) et devenez exposé à la faute inexcusable. | Avant l'entrée en poste |
| Je prends un sous-traitant | Vous restez responsable de la prestation confiée envers votre client. | Avant le démarrage |
| J'ajoute une activité | Hors périmètre déclaré, rien n'est garanti tant qu'un avenant n'a pas été établi. | Avant la 1re vente |
Ces huit déclencheurs ont un point commun : aucun ne dépend de votre métier. Ils tiennent à la structure de l'activité — des tiers, des locaux, des contrats, des salariés — et non à l'intitulé de la profession.
L'attestation n'est pas le contrat : elle résume la police à une date donnée — assuré, activités garanties, nature des garanties, validité. Elle expire, et un référencement tombe plus souvent faute d'attestation à jour que faute d'assurance.
Non : le droit français ne connaît aucune obligation générale d'assurance de responsabilité civile professionnelle. L'obligation existe uniquement pour des professions désignées une par une, chacune par son propre texte. Pour toutes les autres activités, la RC Pro reste facultative.
| Profession | Texte qui impose l'assurance | Obligation |
|---|---|---|
| Professionnels de santé libéraux | Article L1142-2 du Code de la santé publique | Oui |
| Avocats | Article 27 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 | Oui |
| Experts-comptables | Article 17 de l'ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 | Oui |
| Agents immobiliers, syndics, administrateurs de biens | Article 3 de la loi n° 70-9 du 2 janvier 1970, dite loi Hoguet | Oui |
| Courtiers et intermédiaires en assurance | Article L512-6 du Code des assurances | Oui |
| Opérateurs de voyages et de séjours | Article L211-18 du Code du tourisme | Oui |
| Architectes | Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture | Oui |
| Constructeurs et artisans du bâtiment | Article L241-1 du Code des assurances (assurance décennale, loi Spinetta du 4 janvier 1978) | Sur un autre contrat |
| Conseil, numérique, services, commerce, artisanat hors bâtiment | Aucun texte d'obligation générale | Non |
Ces textes fixent souvent aussi des montants de garantie minimaux : dans une profession réglementée, un contrat conforme au droit commun ne l'est pas nécessairement à l'obligation spéciale.
En société, c'est la trésorerie de l'entreprise qui répond de la dette. En entreprise individuelle, la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a séparé le patrimoine professionnel du patrimoine personnel (article L526-22 du Code de commerce) : la protection du patrimoine personnel est réelle, mais elle laisse matériel, stock, trésorerie et fonds de commerce exposés à la saisie.
La RC Pro est exigée par contrat dans quatre situations : le bail professionnel ou commercial, la commande publique, le référencement chez un donneur d'ordre privé et l'inscription sur une plateforme. Cette exigence est plus fréquente que l'obligation légale, et produit le même effet : sans attestation, pas de mission.
Le bail commercial relève des articles L145-1 et suivants du Code de commerce ; aucun n'impose une RC Pro, mais presque tous les baux la stipulent, parce que l'article 1732 du Code civil rend le preneur responsable des dégradations et l'article 1733 de l'incendie, sauf preuve qu'il s'est produit sans sa faute. Attention au périmètre : le bail vise surtout les risques locatifs et les biens — domaine de la multirisque professionnelle — là où la RC Pro couvre vos prestations.
Le règlement de la consultation liste les justificatifs exigés et l'attestation d'assurance y figure très couramment, parfois assortie d'un plafond minimal. Deux réflexes évitent l'élimination pour motif formel : lire le plafond demandé avant de candidater, et vérifier que les activités mentionnées sur l'attestation recouvrent l'objet du marché.
Les portails fournisseurs contrôlent automatiquement la validité des pièces : une attestation périmée déclenche une alerte, puis une suspension du référencement, souvent sans intervention humaine.
L'article 22-2 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 impose aux professionnels soumis à une obligation d'assurance d'indiquer, sur chaque devis et chaque facture, l'assurance souscrite, les coordonnées de l'assureur ou du garant et la couverture géographique du contrat.
Votre attestation RC Pro, sans paperasse.
Devis sur mesure selon votre activité réelle, immatériels non consécutifs selon le contrat, un conseiller vous recontacte pour finaliser.
Une RC Pro complète couvre trois moments distincts : la vie courante de l'exploitation, la prestation elle-même, et les suites d'un produit ou d'un travail une fois livré. Ces trois volets portent des noms différents et, dans les contrats mal construits, un seul est souscrit.
| Garantie | Ce qu'elle couvre | Exemple typique |
|---|---|---|
| RC exploitation | Les dommages de la vie courante de l'entreprise, sans lien direct avec la prestation. | Un visiteur glisse dans vos locaux ; un café renversé sur l'ordinateur d'un client. |
| RC professionnelle | Les dommages liés à la prestation elle-même : faute, erreur, omission, négligence, retard. | Un conseil erroné fait perdre un marché à votre client ; une malfaçon cause un dégât. |
| RC après livraison | Les dommages causés par un produit ou une prestation après sa livraison ou sa réception. | Le meuble livré cède ; le logiciel installé corrompt des données un mois plus tard. |
Le volet après livraison n'est pas compris d'office dans tous les contrats, et il peut avoir son propre plafond : vérifiez-le dans vos conditions particulières. Notre article sur la RC après livraison détaille ce qu'elle couvre, ce qui la distingue de la décennale et les points à vérifier.
La RC Pro ne couvre pas « les accidents » mais les conséquences pécuniaires de votre responsabilité : faute, erreur, omission, négligence, inexactitude, retard, perte de documents. La qualité d'assuré s'étend habituellement aux dirigeants et aux salariés dans leurs fonctions ; depuis l'arrêt de l'assemblée plénière de la Cour de cassation du 25 février 2000, le préposé qui n'excède pas les limites de sa mission n'engage d'ailleurs pas sa responsabilité personnelle envers le tiers.
La défense prend en charge la contestation d'une réclamation dirigée contre vous ; le recours finance la réclamation que vous adressez à un tiers responsable d'un dommage subi. Ces deux volets ont leurs propres plafonds, plus modestes que celui de la garantie principale.
Le maximum payé par sinistre et par année, avec des sous-limites propres aux immatériels non consécutifs.
Comment le calibrer →La part de chaque sinistre qui reste à votre charge. Elle se négocie et se lit garantie par garantie.
Ce qu'il faut vérifier →Cinq ans minimum après la fin du contrat en base réclamation, dix ans en santé libérale.
Comprendre les deux bases →La RC Pro ne couvre ni la faute intentionnelle, ni les amendes, ni vos propres biens, ni vos véhicules, ni les accidents du travail de vos salariés, ni la reprise de votre prestation défectueuse. Elle protège les tiers contre votre activité ; elle ne protège pas votre entreprise contre ses propres pertes.
| Le risque | Couvert par la RC Pro ? | Le contrat concerné |
|---|---|---|
| Erreur de conseil qui coûte de l'argent au client | Oui | RC professionnelle |
| Visiteur blessé dans vos locaux | Oui | RC exploitation |
| Incendie de votre local et de votre matériel | Non | Multirisque professionnelle |
| Arrêt de votre activité après un sinistre | Non | Perte d'exploitation (multirisque professionnelle) |
| Désordre décennal sur un ouvrage que vous avez construit | Non | Assurance décennale (article L241-1 du Code des assurances) |
| Accident causé par votre véhicule utilitaire | Non | Assurance automobile ou flotte |
| Accident du travail d'un salarié, hors faute inexcusable | Non | Branche AT/MP de la Sécurité sociale |
| Faute inexcusable de l'employeur | En extension | Extension du contrat (article L452-4 du Code de la sécurité sociale) |
| Faute de gestion reprochée au dirigeant | Non | RC des mandataires sociaux |
Les pertes financières « pures », sans dégât préalable, constituent le principal angle mort des contrats RC Pro : un rapport remis en retard qui fait échouer une opération, un paramétrage qui immobilise une boutique en ligne. Trois configurations existent — garantie exclue, sous-plafonnée, ou incluse au plafond principal — et l'écart de prix entre elles est sans commune mesure avec l'écart de protection.
La faute inexcusable de l'employeur ouvre à un salarié victime d'un accident du travail une indemnisation complémentaire (article L452-1 du Code de la sécurité sociale), et elle est assurable : l'article L452-4 du même code autorise expressément l'employeur à s'assurer contre ses conséquences financières.
Elle est caractérisée lorsque l'employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel le salarié était exposé et n'a pas pris les mesures nécessaires pour l'en préserver, au regard de l'obligation de sécurité de l'article L4121-1 du Code du travail. L'article L4154-3 du même code la présume lorsqu'un salarié en CDD, un intérimaire ou un stagiaire est victime d'un accident à un poste à risques particuliers sans avoir reçu la formation renforcée à la sécurité.
| Conséquence | Contenu | Texte |
|---|---|---|
| Majoration de la rente | Majoration des indemnités dues au titre du livre IV du Code de la sécurité sociale. | Article L452-2 |
| Préjudices complémentaires | Souffrances physiques et morales, préjudice esthétique et d'agrément, perte de possibilités de promotion ; préjudice moral des ayants droit en cas de décès. | Article L452-3 |
| Cotisation supplémentaire | La caisse peut imposer une cotisation complémentaire, affectée au fonds national de prévention. | Article L452-4 |
| Responsabilité personnelle | L'auteur de la faute inexcusable en répond sur son patrimoine personnel. | Article L452-4 |
| Assurabilité | L'employeur peut s'assurer contre les conséquences financières de sa propre faute inexcusable ou de celle de ceux qu'il s'est substitués dans la direction. | Article L452-4 |
Cette garantie n'est presque jamais incluse d'office : elle se présente comme une extension du volet RC exploitation ou de la RC Pro, avec son propre plafond. Trois questions suffisent : figure-t-elle au contrat, quel est son plafond, et couvre-t-elle la faute inexcusable commise par les personnes que vous vous êtes substituées dans la direction ? Cette dernière question est décisive dès qu'une délégation de pouvoirs existe.
Le plafond se choisit sur le pire dommage plausible que votre activité peut causer, jamais sur votre chiffre d'affaires. Un prestataire qui facture 40 000 € par an peut immobiliser une chaîne de production valant bien davantage : le préjudice se mesure chez la victime, pas dans vos comptes.
Un contrat empile plusieurs plafonds : le plafond par sinistre, versé pour un même événement ; le plafond par année d'assurance, enveloppe sur laquelle s'imputent tous les sinistres de l'exercice ; les sous-limites par nature de dommage — immatériels non consécutifs, biens confiés, perte de documents, faute inexcusable ; et le plafond de défense-recours.
Le plafond limite ce que l'assureur paiera, pas ce que vous devez : si le préjudice le dépasse, la différence reste à la charge de l'entreprise. Un plafond trop court ne réduit pas le risque, il le déplace vers vos fonds propres.
La franchise est la part de chaque sinistre qui reste définitivement à votre charge : l'assureur en déduit le montant de l'indemnité qu'il verse. Elle se lit garantie par garantie, car un même contrat peut appliquer des franchises différentes aux dommages matériels, aux dommages immatériels et aux extensions.
| Forme de franchise | Mécanisme | Ce qu'il faut vérifier |
|---|---|---|
| Franchise fixe | Un montant en euros, déduit de chaque indemnité. | S'applique-t-elle par sinistre ou par victime ? |
| Franchise proportionnelle | Un pourcentage du dommage, encadré par un minimum et un maximum. | Le plancher et le plafond, qui font toute la différence sur les petits sinistres. |
| Franchise annuelle globale | Un cumul : une fois le total atteint sur l'année, les sinistres suivants sont indemnisés sans déduction. | Le mode de cumul et la date de remise à zéro. |
La franchise est le principal levier de cotisation à garanties constantes. L'arbitrage utile retient non pas le montant le plus bas, mais le plus élevé que votre trésorerie absorbe pour un sinistre isolé : une franchise confortable achète du plafond. En assurance de responsabilité, l'assureur règle la victime puis exerce le recours de la franchise contre vous : c'est une somme qu'il vous réclame après coup.
En base fait dommageable, le contrat qui paie est celui en vigueur le jour de l'erreur ; en base réclamation, c'est celui en vigueur le jour où le client réclame. L'article L124-5 du Code des assurances autorise les deux modes de déclenchement pour les risques professionnels et laisse le choix aux parties.
C'est la ligne la plus décisive du contrat, parce qu'elle détermine quel assureur paiera un sinistre qui se révèle des années après la prestation.
| Critère | Base fait dommageable | Base réclamation |
|---|---|---|
| Contrat qui intervient | Celui en vigueur au jour de l'erreur. | Celui en vigueur au jour de la première réclamation. |
| Condition posée par la loi | Le fait dommageable survient pendant la période de validité. | Fait dommageable antérieur à la résiliation, première réclamation avant la fin du délai subséquent. |
| Après la fin du contrat | La garantie joue pour les faits antérieurs, sans délai propre. | La garantie joue pendant le délai subséquent, d'au moins cinq ans. |
| Reprise du passé | Sans objet. | À négocier : le nouveau contrat reprend-il les faits antérieurs à sa souscription ? |
| Plafond applicable | Celui de l'année du fait dommageable. | Celui de l'année de la réclamation ; pendant la subséquente, au moins celui de la dernière année. |
| Particuliers hors activité professionnelle | Mode imposé par la loi | Interdit |
La garantie subséquente est la période pendant laquelle un contrat résilié continue de prendre en charge les réclamations postérieures à sa fin, pour des faits survenus quand il était en vigueur. L'article L124-5 du Code des assurances fixe deux planchers : cinq ans au minimum, et un plafond au moins égal à celui de l'année précédant la résiliation. Pour le dernier contrat conclu avant la cessation d'activité ou le décès d'un professionnel de santé libéral, l'article L251-2 porte ce minimum à dix ans.
Le risque n'est pas dans la base choisie, il est dans le passage de l'une à l'autre. L'article L124-5 prévoit que la garantie ne couvre les sinistres dont le fait dommageable a été connu de l'assuré après la résiliation que si, à ce moment, elle n'a pas été resouscrite ou l'a été en base fait dommageable : la subséquente ne joue donc que si le nouveau contrat ne reprend pas le passé. La question à poser au nouvel assureur est : reprenez-vous les faits antérieurs à la souscription, et à partir de quelle date ? Si vous cessez toute activité, la subséquente devient votre seule protection.
Un doute sur votre plafond ou votre subséquente ?
Plafonds, sous-limites et franchises affichés ligne à ligne avant signature : vous comparez sur des chiffres. Ce qui vous sera demandé est listé sur la page devis RC Pro.
L'assurance décennale couvre les désordres qui compromettent la solidité d'un ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; la RC Pro couvre tout le reste de votre responsabilité professionnelle. Deux contrats distincts, et un seul des deux est imposé par la loi.
L'article 1792 du Code civil, issu de la loi n° 78-12 du 4 janvier 1978 dite loi Spinetta, pose une présomption de responsabilité du constructeur envers le maître de l'ouvrage pendant dix ans après la réception. L'article L241-1 du Code des assurances impose à toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée d'être couverte par une assurance avant l'ouverture du chantier.
| Garantie | Durée après réception | Texte |
|---|---|---|
| Parfait achèvement | 1 an | Article 1792-6 du Code civil |
| Bon fonctionnement des éléments d'équipement dissociables | 2 ans | Article 1792-3 du Code civil |
| Responsabilité décennale | 10 ans | Articles 1792 et suivants du Code civil |
La sanction du défaut d'assurance est pénale : l'article L243-3 du Code des assurances punit de six mois d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, ou de l'une de ces deux peines seulement, quiconque contrevient aux obligations d'assurance construction. Sans assureur, l'entreprise supporte en outre seule la réparation des désordres pendant dix ans.
La décennale ne couvre ni les dommages causés aux tiers ou aux avoisinants pendant le chantier, ni les préjudices immatériels sans rapport avec un désordre décennal, ni les dommages survenus avant la réception : une entreprise du bâtiment bien assurée porte donc deux contrats. Voir notre page assurance décennale et l'article décennale auto-entrepreneur.
La RC Pro assure ce que vous devez aux autres ; la multirisque professionnelle assure ce que vous possédez et ce que vous perdez. Les deux contrats ne se remplacent pas : ils se complètent, et la plupart des entreprises qui exploitent un local ont besoin des deux.
La multirisque professionnelle réunit la protection des locaux, du matériel et des stocks et la perte d'exploitation, qui compense la marge brute perdue après un sinistre garanti. Son volet de responsabilité civile correspond le plus souvent à la RC exploitation, pas à la RC professionnelle.
| Besoin | RC Pro | Multirisque professionnelle |
|---|---|---|
| Erreur ou faute dans la prestation | Oui | Non |
| Dommage causé à un visiteur ou à un tiers | Oui | Souvent, via le volet RC exploitation |
| Incendie, dégât des eaux, vol dans vos locaux | Non | Oui |
| Matériel, stock, aménagements | Non | Oui |
| Perte d'exploitation après sinistre | Non | Oui |
| Risques locatifs exigés par le bail | Non | Oui |
| Activité sans local ni stock | Suffit souvent seule | Selon le matériel détenu |
L'article L121-5 du Code des assurances prévoit que si la valeur assurée est inférieure à la valeur réelle de la chose assurée, l'assuré reste son propre assureur pour la différence et supporte une part proportionnelle du dommage. Cette règle ne s'applique pas à la RC Pro, qui fonctionne par plafonds et non par capitaux déclarés — mais elle s'applique pleinement au contrat qui l'accompagne.
Non pour les fautes de gestion : la RC Pro assure la responsabilité de l'entreprise, pas celle du mandataire social poursuivi en cette qualité. Cette responsabilité relève d'un contrat distinct, la responsabilité civile des mandataires sociaux, souvent désignée par le sigle RCMS.
L'article L223-22 du Code de commerce rend les gérants de SARL responsables des infractions aux textes applicables, de la violation des statuts et des fautes de gestion. L'article L225-251 pose la même règle pour les administrateurs et le directeur général de société anonyme, et l'article L227-8 la rend applicable aux dirigeants de SAS.
L'action se prescrit par trois ans à compter du fait dommageable ou, s'il a été dissimulé, de sa révélation (articles L223-23 et L225-254 du Code de commerce). Une entreprise individuelle n'est pas concernée : sans personnalité morale distincte, la question du mandataire social ne se pose pas.
La déclaration d'activité fixe à la fois l'étendue de la garantie et le montant de la cotisation : une prestation hors du périmètre déclaré n'est pas couverte, et une déclaration inexacte expose à la nullité du contrat ou à la réduction de l'indemnité. C'est la pièce la plus sensible du dossier.
L'article L113-2 du Code des assurances pose le mécanisme : son 2° impose de répondre exactement aux questions de l'assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque ; son 3° impose de déclarer sous quinze jours les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux.
| Situation | Conséquence | Texte |
|---|---|---|
| Réticence ou fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur | Nullité du contrat : primes acquises à l'assureur, aucune indemnité versée. | Article L113-8 du Code des assurances |
| Déclaration inexacte non intentionnelle, constatée avant tout sinistre | Maintien contre une augmentation de prime acceptée par l'assuré, ou résiliation. | Article L113-9 du Code des assurances |
| Déclaration inexacte non intentionnelle, constatée après un sinistre | Réduction de l'indemnité dans le rapport entre prime payée et prime due. | Article L113-9 du Code des assurances |
| Aggravation du risque déclarée en cours de contrat | L'assureur peut proposer un nouveau montant de prime ou résilier le contrat. | Articles L113-2 et L113-4 du Code des assurances |
La règle proportionnelle de prime se comprend mieux sur un exemple, volontairement rond et purement illustratif : une cotisation de 400 € a été payée alors que l'activité réellement exercée aurait justifié 600 €. Pour un dommage de 30 000 €, l'indemnité est ramenée dans le rapport 400/600, soit 20 000 € : les 10 000 € restants sont à la charge de l'entreprise, sans que sa bonne foi soit en cause.
L'article L112-3 du Code des assurances prévoit que toute addition ou modification au contrat primitif doit être constatée par un avenant signé des parties : tant que l'avenant n'est pas établi, le périmètre assuré reste celui du contrat initial. Le tarif, lui, se construit sur les quatre mêmes déclarations : activité, chiffre d'affaires, effectif et antécédents de sinistres.
Déclarez la réclamation à votre assureur dans le délai prévu au contrat, qui ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et ne reconnaissez pas votre responsabilité avant d'avoir son accord. Ces deux réflexes conditionnent la suite du dossier bien plus que le contenu de votre réponse au client.
L'article L113-2 4° du Code des assurances impose de donner avis à l'assureur, dès connaissance et au plus tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie ; ce délai ne peut être inférieur à cinq jours ouvrés, et la déchéance pour déclaration tardive ne peut être opposée à l'assuré que si l'assureur établit que le retard lui a causé un préjudice.
L'article L124-2 autorise par ailleurs l'assureur à stipuler qu'aucune reconnaissance de responsabilité ni aucune transaction intervenue en dehors de lui ne lui sont opposables, tout en précisant que l'aveu de la matérialité d'un fait ne vaut pas reconnaissance de responsabilité. Vous pouvez donc confirmer des faits — une date, une livraison, un incident — sans écrire que vous êtes responsable, ni proposer un geste commercial avant l'accord de l'assureur.
Face à votre assureur, l'article L114-1 du Code des assurances impose une prescription de deux ans ; lorsque l'action a pour cause le recours d'un tiers, ce délai ne court qu'à compter du jour où ce tiers a agi en justice contre l'assuré ou a été indemnisé par lui, l'article L114-2 énumérant les causes d'interruption. Face à la victime, les délais sont plus longs : cinq ans (article 2224 du Code civil), dix ans en cas de dommage corporel (article 2226).
Un contrat RC Pro se résilie à son échéance annuelle, avec le préavis prévu au contrat, qui ne peut excéder deux mois (article L113-12 du Code des assurances) ; ce même article autorise toutefois une clause dérogatoire pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers. La première chose à lire est donc le contrat lui-même.
Deux facilités connues du grand public sont sans effet ici : la résiliation à tout moment après un an (loi Hamon, article L113-15-2) et le rappel de la date limite avec l'avis d'échéance (loi Chatel, article L113-15-1) ne visent que les personnes physiques hors activité professionnelle.
| Situation | Délai pour agir | Texte |
|---|---|---|
| Échéance annuelle | Préavis fixé par le contrat, sans pouvoir excéder deux mois ; clause dérogatoire admise pour les risques professionnels. | Article L113-12 du Code des assurances |
| Changement de profession, retraite professionnelle ou cessation définitive d'activité | Dans les trois mois suivant l'événement ; effet un mois après notification. | Article L113-16 du Code des assurances |
| Augmentation de prime décidée par l'assureur | Selon la clause de révision prévue au contrat. | Conditions générales du contrat |
| Aggravation du risque déclarée | L'assureur peut résilier ou proposer une nouvelle prime. | Article L113-4 du Code des assurances |
| Résiliation après sinistre par l'assureur | Uniquement si une clause du contrat le prévoit. | Conditions générales du contrat |
L'article L113-16 mérite d'être connu des indépendants qui changent de métier ou cessent leur activité : il ouvre un droit de résiliation quand le contrat couvre des risques directement liés à la situation antérieure et qui ne se retrouvent pas dans la nouvelle, avec remboursement de la portion de prime correspondant à la période pendant laquelle le risque n'a pas couru et sans indemnité au profit de l'assureur.
Souscrivez d'abord le nouveau contrat, avec effet au lendemain de la fin de l'ancien ; vérifiez la reprise du passé si les deux fonctionnent en base réclamation ; résiliez ensuite, et conservez l'ancienne police avec sa dernière attestation.
Avec Clikassur, la RC Pro se met en place en trois étapes : vous décrivez votre activité en ligne, un conseiller vous recontacte pour finaliser, puis vous souscrivez — l'attestation vous est remise une fois le contrat souscrit.
Les six informations à préparer avant de commencer, le déroulé de chaque étape et ce que vous recevez à la fin sont détaillés sur la page devis RC Pro en ligne. Si c'est votre local, votre matériel ou votre stock qu'on vous demande d'assurer, la demande passe par le devis multirisque professionnelle.
Votre métier, votre chiffre d'affaires, votre effectif, vos antécédents : quelques questions en ligne, sans jargon d'assureur.
Il reprend votre demande avec vous et précise les garanties (plafonds, franchise, options) avant de finaliser le devis.
Une fois le contrat souscrit, votre attestation RC Pro vous est remise. Assuré. Point final.
Quatre points méritent une relecture avant signature : le libellé de vos activités garanties, qui doit recouvrir tout ce que vous facturez ; le plafond et ses sous-limites, en particulier celle des dommages immatériels non consécutifs ; la base de déclenchement et la durée de la garantie subséquente ; la couverture géographique. En tant que courtier, Clikassur est tenu au devoir de conseil des articles L521-1 et suivants du Code des assurances.
Obligation, périmètre, plafond, base de déclenchement, résiliation : les quatorze questions les plus fréquentes.
Non, il n'existe pas d'obligation générale d'assurance de responsabilité civile professionnelle en France. L'obligation frappe des professions désignées une par une par un texte : professionnels de santé libéraux (article L1142-2 du Code de la santé publique), avocats (article 27 de la loi du 31 décembre 1971), experts-comptables (article 17 de l'ordonnance du 19 septembre 1945), agents immobiliers (article 3 de la loi Hoguet du 2 janvier 1970), intermédiaires en assurance (article L512-6 du Code des assurances), opérateurs de voyages (article L211-18 du Code du tourisme). Dans le bâtiment, l'obligation porte sur un autre contrat, l'assurance décennale (article L241-1 du Code des assurances). Pour toutes les autres activités, la RC Pro est facultative — mais votre responsabilité, elle, ne l'est pas : sans contrat, vous indemnisez les dommages causés aux tiers sur vos fonds propres.
La RC exploitation couvre les dommages de la vie courante de l'entreprise, sans lien avec la prestation elle-même : un visiteur glisse dans vos locaux, un salarié renverse un café sur l'ordinateur d'un client. La RC professionnelle couvre les dommages liés à la prestation : conseil erroné, erreur de calcul, malfaçon d'une prestation, retard qui cause un préjudice. Un bon contrat associe les deux volets.
En base fait dommageable, le contrat qui paie est celui en vigueur le jour de l'erreur, quelle que soit la date de la réclamation. En base réclamation, le contrat qui paie est celui en vigueur le jour où le client réclame, à condition que l'erreur soit antérieure à la résiliation du contrat. L'article L124-5 du Code des assurances autorise les deux modes pour les risques professionnels et impose, en base réclamation, un délai subséquent d'au moins cinq ans après la fin du contrat, avec un plafond au moins égal à celui de la dernière année d'assurance.
La garantie subséquente est la période pendant laquelle un contrat résilié continue de prendre en charge les réclamations qui arrivent après sa fin, pour des erreurs commises pendant qu'il était en vigueur. L'article L124-5 du Code des assurances fixe sa durée minimale à cinq ans pour les garanties déclenchées par la réclamation. Pour le dernier contrat souscrit par un professionnel de santé libéral avant sa cessation d'activité ou son décès, l'article L251-2 du Code des assurances porte cette durée minimale à dix ans. Elle ne joue pas si vous avez resouscrit une garantie en base réclamation qui reprend le passé : dans ce cas, c'est le nouveau contrat qui intervient.
Oui. Le statut de micro-entrepreneur ne réduit ni votre responsabilité ni les recours de vos clients : elle est identique à celle de toute entreprise. Si votre activité est réglementée, la RC Pro est obligatoire quel que soit votre statut. Chez Clikassur, les auto-entrepreneurs font leur demande de devis en ligne avec le même parcours, à un tarif ajusté à leur chiffre d'affaires.
Oui, c'est le cœur de la garantie. La RC Pro couvre les conséquences des fautes, erreurs, omissions et négligences commises dans l'exercice de votre activité : un conseil inadapté, un oubli dans un dossier, une erreur de paramétrage, un retard de livraison qui cause un préjudice à votre client.
Cela dépend du contrat. Les dommages immatériels non consécutifs — une perte financière subie par votre client sans dommage matériel ni corporel préalable — ne sont couverts que si le contrat proposé les prévoit. C'est un point à vérifier attentivement dans tout contrat RC Pro : cette garantie n'est pas toujours incluse et son plafond est souvent spécifique.
Oui. L'article L452-4 du Code de la sécurité sociale prévoit expressément que l'employeur peut s'assurer contre les conséquences financières de sa propre faute inexcusable ou de celle de ceux qu'il s'est substitués dans la direction de l'entreprise. La garantie est proposée en extension du volet RC exploitation ou de la RC Pro : vérifiez qu'elle figure bien au contrat, avec son propre plafond. Le même article précise que l'auteur de la faute inexcusable en répond sur son patrimoine personnel.
Votre RC Pro couvre votre responsabilité, y compris lorsqu'elle est engagée à cause d'un sous-traitant : vis-à-vis de votre client, vous répondez de la prestation que vous lui avez confiée. En revanche, votre contrat n'assure pas le sous-traitant lui-même : exigez qu'il détienne sa propre RC Pro et demandez son attestation.
La couverture géographique est définie au contrat. Les interventions ponctuelles à l'étranger sont généralement couvertes, avec des restrictions fréquentes pour les États-Unis et le Canada, où le droit de la responsabilité est plus sévère. Déclarez vos zones d'intervention au devis : la garantie est ajustée en conséquence.
Dès qu'un client, un donneur d'ordre ou une plateforme vous la demande : réponse à un appel d'offres, référencement chez un grand compte, marché public, inscription sur une plateforme de mise en relation, signature d'un bail commercial. Chez Clikassur, votre attestation vous est remise une fois le contrat souscrit.
Deux régimes s'appliquent selon votre intention. Si la réticence ou la fausse déclaration est intentionnelle et change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur, l'article L113-8 du Code des assurances frappe le contrat de nullité : les primes versées restent acquises à l'assureur et aucune indemnité n'est due. Si la déclaration inexacte n'est pas intentionnelle et n'est découverte qu'après un sinistre, l'article L113-9 applique la règle proportionnelle de prime : l'indemnité est réduite dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due si le risque avait été exactement déclaré. La bonne réaction est de déclarer toute évolution d'activité en cours de contrat, par avenant.
Le tarif est personnalisé : il dépend de votre activité déclarée, de votre chiffre d'affaires, de votre effectif et de vos antécédents de sinistres. Un consultant indépendant ne paie pas le même tarif qu'un cabinet de dix personnes. La demande de devis en ligne Clikassur est gratuite et sans engagement : un conseiller vous recontacte pour finaliser.
Un contrat RC Pro se résilie à son échéance annuelle, moyennant le préavis prévu au contrat, qui ne peut excéder deux mois (article L113-12 du Code des assurances). Hors échéance, la loi permet aussi de résilier dans certains cas — cessation définitive d'activité ou changement de profession notamment (article L113-16) — et votre contrat peut prévoir un préavis différent, la dérogation étant permise pour les risques professionnels. La résiliation à tout moment de la loi Hamon ne s'applique pas aux assurances professionnelles. Souscrivez votre nouveau contrat avant de résilier l'ancien pour éviter toute rupture de couverture — nos équipes vous guident sur le calendrier.
Vos locaux, votre matériel et vos stocks couverts : incendie, dégât des eaux, vol.
Découvrir la multirisque pro →Obligatoire pour les pros du bâtiment : vos ouvrages garantis pendant 10 ans.
Découvrir la décennale →De 3 à 300 véhicules, gestion centralisée pour les pros.
Découvrir l'assurance flotte →Le guide de la RC Pro, de A à Z
Attestation réclamée, marché à remettre, changement d'assureur, activité qui évolue : quatre situations, quatre réponses, article de loi à l'appui.
Ce que le document contient, les cinq détails qui le font rejeter, et pourquoi la date d'effet ne s'antidate pas.
ProsCe que le service achats a le droit d'exiger, ce qu'il vérifie sur l'attestation, et pourquoi démarrer sans est le pire raccourci.
ProsLe texte qui autorise la demande, ce que l'acheteur lit vraiment sur le document, et l'ordre dans lequel agir avant la date limite.
ProsOù lire l'exigence de votre client, comment calculer le montant dont votre activité a besoin, comment relever le plafond.
ProsCe que la loi impose réellement, ce que la clause du bail ajoute, l'attestation à fournir et ce que vous risquez sans.
ProsCe que le bailleur peut exiger, les mentions qui font refuser le document, et comment l'obtenir.
Les sinistres réels qui arrivent, ce que couvre la RC Pro, et quand on peut s'en passer.
ProsCe que le maître d'ouvrage contrôle, les mentions qui font rejeter un document, comment débloquer.
ProsMicro-entreprise du bâtiment : ce que la loi Spinetta impose vraiment, et comment obtenir l'attestation.
Le parcours recueille vos exigences réelles : la recommandation repose sur elles, pas sur un code APE.
Pourquoi la déclaration compte →Plafonds, sous-limites, franchises, base et subséquente : tout est affiché dans le devis.
Lire un contrat →Un conseiller finalise votre dossier ; une fois le contrat souscrit, l'attestation vous est remise.
Obtenir mon devis RC Pro →