Dégât des eaux : qui paie quoi ? Le guide IRSI.
Une auréole au plafond, un parquet qui gondole, un voisin qui sonne avec une mine d'enterrement. Le dégât des eaux est l'un des sinistres les plus fréquents en habitation — et l'un des plus mal compris. Qui déclare, qui gère, qui paie : on remet tout à plat, convention IRSI comprise.
- Vous avez 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur (article L113-2 du Code des assurances), même si la fuite vient de chez le voisin.
- Le constat amiable dégât des eaux se remplit avec le voisin ou le syndic : un exemplaire chacun, que chacun envoie à son propre assureur.
- En immeuble, la convention IRSI s'applique jusqu'à 5 000 € HT de dommages par local : l'assureur de l'occupant du local sinistré gère le dossier et vous indemnise.
- La recherche de fuite est organisée et prise en charge par l'assureur : ne cassez jamais un mur de votre propre initiative.
- La MRH Clikassur couvre vos biens, vos embellissements et votre relogement si le logement devient inhabitable — dès 5 €/mois.
Dégât des eaux : quels réflexes dans les premières heures ?
Coupez l'eau, mettez vos biens à l'abri, photographiez tout, prévenez les voisins concernés et le syndic. Les premières heures déterminent à la fois l'ampleur des dégâts et la qualité de votre future indemnisation — deux bonnes raisons de ne pas rester spectateur.
Dans l'ordre, voici ce qui compte vraiment :
- Stoppez l'eau. Fermez le robinet d'arrêt général de votre logement. Si l'eau vient d'ailleurs et que vous ne trouvez pas la source, alertez immédiatement le voisin concerné ou le syndic, qui peut faire couper une colonne d'immeuble.
- Sécurisez l'électricité. Si l'eau ruisselle près des prises, des luminaires ou du tableau, coupez le courant dans les pièces touchées avant d'y patauger.
- Limitez les dégâts. Déplacez les meubles, surélevez ce qui peut l'être, posez des bassines, épongez. Votre contrat vous demande de ne pas laisser le sinistre s'aggraver.
- Photographiez et filmez avant tout nettoyage : l'eau qui coule, les auréoles, les biens touchés, les emballages détrempés. Ces images valent de l'or au moment de l'indemnisation.
- Prévenez l'immeuble. Voisin du dessus, voisin du dessous, syndic si les parties communes sont en jeu : plus l'information circule vite, plus la fuite est traitée vite.
À quoi sert le constat amiable dégât des eaux ?
À figer les faits pendant qu'ils sont frais : d'où vient l'eau, qui est touché, quels dommages. Comme son cousin de l'automobile, il se remplit à plusieurs et chaque partie repart avec son exemplaire, qu'elle transmet à son propre assureur.
Le document est fourni par les assureurs (souvent téléchargeable depuis l'espace client) et se complète avec le voisin concerné, le syndic ou le gérant de l'immeuble. On y renseigne les coordonnées de chacun, les références des contrats d'assurance, l'origine supposée de la fuite si elle est identifiée, et la nature des dommages constatés dans chaque logement.
Deux points rassurants : remplir un constat n'est pas un aveu de responsabilité — c'est un descriptif, pas un jugement — et il n'est pas obligatoire pour être indemnisé. Si votre voisin est absent, injoignable ou de mauvaise volonté, déclarez quand même le sinistre dans les délais et signalez la situation à votre assureur, au besoin en doublant d'un courrier recommandé au voisin ou au syndic. Ne laissez jamais le silence d'un tiers bloquer votre propre dossier.
Faut-il déclarer même si l'on n'est pas responsable ?
Oui, toujours, et sous 5 jours ouvrés. L'article L113-2 du Code des assurances vous garantit au moins ce délai à compter du moment où vous avez connaissance du sinistre — c'est un plancher que votre contrat ne peut pas réduire — et c'est votre assureur, pas celui du voisin, qui pilotera votre indemnisation.
C'est le contresens le plus répandu : « la fuite vient d'en haut, c'est son assurance qui paiera, je n'ai rien à faire ». Faux. En immeuble, la mécanique conventionnelle fonctionne exactement à l'inverse : chacun déclare chez soi, et les assureurs se débrouillent ensuite entre eux. Ne pas déclarer, c'est se placer soi-même hors du circuit d'indemnisation.
La déclaration peut se faire par téléphone, depuis l'espace client ou par courrier recommandé. Préparez : votre numéro de contrat, la date de découverte du sinistre, l'origine supposée de la fuite, une description des dommages, les coordonnées des autres personnes concernées, vos photos et, si vous l'avez, le constat amiable. Ce réflexe vaut pour tous les profils — y compris en studio, où l'on pense parfois à tort que « ça ne vaut pas le coup » : notre checklist assurance habitation étudiant montre que même un petit logement a beaucoup à perdre dans un dégât des eaux.
Convention IRSI : qui gère le dossier et qui indemnise ?
En immeuble, pour un sinistre jusqu'à 5 000 € HT de dommages par local, c'est l'assureur de l'occupant du local sinistré qui gère le dossier et indemnise — même si la fuite vient d'ailleurs. C'est tout le principe de la convention IRSI, adoptée par la quasi-totalité des assureurs du marché.
IRSI signifie « Indemnisation et Recours des Sinistres Immeubles ». L'idée : plutôt que de laisser locataire, propriétaire, voisin et syndic se renvoyer la balle pendant des mois, on désigne un assureur gestionnaire unique — celui de l'occupant du logement abîmé — chargé d'évaluer les dommages, d'organiser la recherche de fuite et de payer son assuré. Les comptes entre compagnies se règlent ensuite, en coulisses, sans vous.
Le fonctionnement dépend du montant des dommages, apprécié par local sinistré et hors taxes :
- Tranche 1 — jusqu'à 1 600 € HT : l'assureur de l'occupant indemnise son assuré et s'arrête là. Pas de recours contre l'assureur d'en face : les compagnies ont convenu d'abandonner ces recours pour accélérer les petits dossiers, de loin les plus nombreux.
- Tranche 2 — de 1 600 à 5 000 € HT : l'assureur de l'occupant indemnise son assuré, puis peut exercer un recours au coût réel contre l'assureur du responsable, désigné selon les règles de détermination des responsabilités prévues par la convention.
- Au-delà de 5 000 € HT par local : on sort de l'IRSI. Le dossier bascule vers les conventions traditionnelles ou le droit commun, avec expertise — souvent contradictoire — et recours classiques entre assureurs. Les délais s'allongent, mais les grands sinistres justifient cette précision.
Notez que la logique vaut aussi pour un commerce ou un bureau en pied d'immeuble : le local professionnel sinistré est géré par son propre assureur. C'est précisément le genre de scénario qui rappelle l'intérêt d'une multirisque professionnelle à jour quand on exploite un local.
Qui paie in fine, selon l'origine de la fuite ?
Celui qui devait entretenir ou réparer l'élément d'où vient l'eau : le locataire pour l'entretien courant, le propriétaire pour la vétusté et les canalisations privatives, la copropriété pour les parties communes. Distinguez bien deux questions : qui vous indemnise (votre assureur, on vient de le voir) et qui supporte la charge finale (l'affaire des assureurs entre eux, et du responsable pour la réparation de la cause).
| D'où vient l'eau ? | Qui assume in fine ? | Le bon réflexe |
|---|---|---|
| Joint, flexible de douche, siphon mal entretenu | Le locataire (entretien courant à sa charge) | Déclarer à sa MRH, qui couvre les dommages causés au logement et aux voisins. |
| Débordement (baignoire, machine à laver, évier) | L'occupant du logement d'où vient l'eau | Même circuit : sa garantie dégât des eaux joue pour les tiers touchés. |
| Canalisation privative vétuste ou encastrée | Le propriétaire du logement (bailleur ou occupant) | Le bailleur finance la réparation ; les assureurs se répartissent les dommages. |
| Colonne d'eau, canalisation des parties communes | La copropriété | Prévenir le syndic sans délai : l'assurance de l'immeuble entre en jeu. |
| Infiltration par la toiture ou la façade | Le propriétaire de la maison, ou la copropriété en immeuble | Réparations côté propriétaire/syndic, indemnisation de vos biens via votre MRH. |
Côté location, la ligne de partage est celle des réparations locatives : le locataire doit l'entretien courant — changer un joint fatigué, remplacer un flexible qui suinte, déboucher un siphon — tandis que le propriétaire répond de la vétusté, du gros œuvre et des canalisations encastrées dans les murs. Un flexible qui lâche après des années sans vérification, c'est le locataire ; une canalisation d'origine qui cède dans la cloison, c'est le bailleur.
Dernière subtilité que beaucoup découvrent trop tard : l'assurance indemnise les conséquences du sinistre, pas la cause. Le plafond retapé, le parquet remplacé, oui. Le joint, le flexible ou le tronçon de tuyau à changer : c'est pour la poche de celui qui en a la charge, locataire, propriétaire ou copropriété.
Recherche de fuite : qui la commande, qui la règle ?
Dans le cadre de l'IRSI, la recherche de fuite est organisée et prise en charge par l'assureur de l'occupant du local sinistré — c'est l'une de ses missions expresses, quelle que soit la tranche du sinistre — et son coût n'entre pas dans le calcul des seuils de 1 600 et 5 000 € HT.
Concrètement, l'assureur mandate un professionnel équipé pour localiser la fuite sans tout démolir : caméra thermique, gaz traceur, écoute électro-acoustique, inspection vidéo des canalisations. Si des investigations destructives s'avèrent indispensables — ouvrir un coffrage, déposer quelques carreaux — elles se font sur instruction, et la remise en état est intégrée au dossier.
Une seule exception au « on ne touche à rien » : l'urgence absolue. Si l'eau coule activement et qu'un plombier doit intervenir sur-le-champ pour stopper l'hémorragie, faites-le — c'est une mesure conservatoire — et gardez précieusement la facture pour l'assureur.
Une MRH qui assure quand ça coule.
Biens, embellissements, relogement : votre devis habitation en 2 minutes. Dès 5 €/mois.
Que couvre votre assurance habitation en cas de dégât des eaux ?
La garantie dégât des eaux d'une multirisque habitation indemnise les dommages que l'eau cause à votre logement et à vos biens — et votre responsabilité envers les voisins. Elle ne finance pas, en revanche, la réparation de l'élément qui fuit, qui relève de l'entretien.
Chez Clikassur, la MRH en ligne couvre trois blocs qui font toute la différence le jour J :
- Vos biens mobiliers : meubles, électroménager, matériel informatique, effets personnels abîmés par l'eau.
- Vos embellissements : peintures, papiers peints, moquettes, parquets flottants et aménagements que vous avez réalisés — un poste souvent sous-estimé, alors qu'il représente l'essentiel de la facture dans bien des sinistres.
- Votre relogement : si le logement devient inhabitable le temps de l'assèchement et des travaux, la prise en charge d'un hébergement évite la double peine.
Reste la franchise, cette part du sinistre qui demeure à votre charge : son montant dépend du contrat, et c'est l'une des premières lignes à lire avant de signer. Une cotisation écrasée par une franchise démesurée n'est pas une économie — c'est un transfert de risque vers vous. Chez Clikassur, la franchise est affichée noir sur blanc dans le devis, avant tout engagement.
Quelles erreurs peuvent plomber votre indemnisation ?
Attendre, jeter, réparer trop vite, ou ne pas déclarer « parce que c'est le voisin » : quatre réflexes très humains, quatre pièges. Passons-les en revue pour ne pas y tomber.
Attendre que ça sèche
Une auréole « qui ne bouge plus » cache souvent une fuite lente qui continue son œuvre dans la cloison. En attendant, vous laissez le délai de 5 jours ouvrés filer, les moisissures s'installer, et vous offrez à l'assureur un argument d'aggravation. Au moindre doute, déclarez : une déclaration pour un sinistre finalement bénin n'a jamais ruiné personne.
Jeter les biens endommagés avant l'expertise
Sans les biens ni photos, l'évaluation repose sur votre parole — et l'indemnisation s'en ressent. Stockez, photographiez, listez, gardez les factures d'achat quand vous les avez, et attendez le feu vert avant la benne.
Tout remettre en état avant le passage de l'expert
Les mesures conservatoires (stopper la fuite, assécher, bâcher) sont non seulement permises mais attendues. Refaire tout le plafond avant toute expertise, en revanche, prive l'assureur de la possibilité de constater les dégâts. Faites établir des devis, transmettez-les, et lancez les travaux une fois l'accord obtenu.
Ne pas déclarer parce que « c'est le voisin »
On l'a vu : dans le mécanisme IRSI, votre indemnisation passe par votre assureur. Compter sur la déclaration du voisin, c'est n'avoir aucun dossier ouvert à votre nom — donc aucune indemnisation en route. Déclarez chez vous, systématiquement, comme vous le feriez pour n'importe quel sinistre ; c'est le même réflexe de méthode que nous recommandons dans notre guide vol de moto : les bons réflexes — la rigueur des premières 48 heures fait l'indemnisation.
Vos questions sur le dégât des eaux
Quel est le délai pour déclarer un dégât des eaux ?
Cinq jours ouvrés au minimum à compter du moment où vous découvrez le sinistre : l'article L113-2 du Code des assurances en fait un délai plancher, que votre contrat ne peut pas réduire. Ce délai s'applique même si la fuite vient de chez un voisin : c'est toujours votre propre assureur qu'il faut prévenir.
La fuite vient de chez le voisin : qui m'indemnise ?
Votre assureur habitation. En immeuble, la convention IRSI désigne l'assureur de l'occupant du local sinistré comme gestionnaire du dossier jusqu'à 5 000 € HT de dommages : il vous indemnise directement, puis exerce lui-même un recours contre l'assureur du responsable si le sinistre dépasse 1 600 € HT.
Qui paie la recherche de fuite ?
Dans le cadre de la convention IRSI, la recherche de fuite est organisée et prise en charge par l'assureur de l'occupant du local sinistré. Ne cassez jamais un mur ou un carrelage de votre propre initiative : attendez l'accord de l'assureur, sous peine de garder les frais à votre charge.
Le locataire doit-il payer si la fuite vient d'un joint ou d'un flexible ?
L'entretien courant du logement — joints, flexibles de douche, siphons — est à la charge du locataire. Si la fuite naît d'un défaut d'entretien, sa responsabilité est engagée, mais son assurance habitation prend en principe le relais pour indemniser les dommages causés au logement et aux voisins.
Sur le même sujet.
Assurance habitation étudiant : la checklist de la rentrée
Studio, colocation, résidence CROUS : ce qui est obligatoire, ce qui est utile, et l'attestation pour le bail en 2 minutes.
MotoVol de moto : les bons réflexes avant et après
Antivol SRA, stationnement, dépôt de plainte, indemnisation : tout ce qui fait la différence le jour J.
AutoChanger d'assurance auto en 2026 : le guide complet
Loi Hamon, loi Chatel, vente du véhicule : qui fait quoi, dans quels délais, sans jamais rouler non assuré.
Votre habitation assurée en 2 minutes.