Assurance auto sans relevé d'information : les 4 cas et les solutions.

Premier contrat de votre vie, retour de l'étranger, longue pause sans voiture, années passées comme conducteur secondaire : vous n'avez aucun relevé d'information à présenter. Rassurez-vous, cela n'empêche pas de souscrire. Voici ce que prévoit la réglementation, et comment bien vous y prendre.

L'essentiel en 30 secondes
  • Le relevé d'information (RI) est un document que votre assureur a l'obligation de vous délivrer : à la résiliation du contrat, et sous 15 jours sur simple demande (clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances).
  • Quatre situations légitimes sans RI : premier contrat de sa vie, retour d'expatriation, longue interruption d'assurance, ex-conducteur secondaire.
  • Par défaut, l'assureur applique le coefficient 1 (ni bonus ni malus) et se fonde sur votre questionnaire déclaratif ; une surprime conducteur novice reste possible.
  • Répondez honnêtement : une déclaration inexacte se paie au sinistre — indemnité réduite (article L113-9), voire nullité du contrat si elle est intentionnelle.
  • Chez Clikassur, le parcours en ligne prévoit ces profils : tarif personnalisé affiché en quelques minutes, sans relevé obligatoire à ce stade.

Le relevé d'information, c'est quoi exactement ?

C'est la mémoire officielle de votre vie d'assuré : un document délivré par votre assureur qui récapitule votre coefficient bonus-malus et vos sinistres des cinq dernières années. Sa délivrance n'est pas une faveur commerciale : elle est prévue par la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances. L'assureur le remet à la résiliation du contrat et doit le délivrer, à tout moment, dans les 15 jours suivant une demande expresse de l'assuré.

Concrètement, le relevé mentionne :

  • la date de souscription du contrat et l'identification du véhicule assuré ;
  • l'identité du souscripteur et de chaque conducteur désigné, avec la date d'obtention du permis ;
  • le coefficient de réduction-majoration (CRM) — le fameux bonus-malus — appliqué à la dernière échéance ;
  • les sinistres survenus au cours des cinq dernières périodes annuelles : nature, part de responsabilité, identité du conducteur impliqué.

C'est sur cette base qu'un nouvel assureur calcule votre tarif : le CRM multiplie directement la prime de référence, comme nous le détaillons dans notre article bonus-malus : comment ça marche. Sans relevé, il lui manque donc la pièce maîtresse — d'où des règles par défaut, que nous verrons plus bas.

Ne confondez pas : le relevé d'information n'est ni le Mémo Véhicule Assuré (document informatif remis à la souscription depuis la fin de la carte verte le 1er avril 2024 — il n'a pas à être présenté lors d'un contrôle, la preuve d'assurance résultant de l'inscription au FVA), ni l'avis d'échéance (qui indique ce que vous payez). Lui seul retrace votre historique de conducteur.

Les 4 situations où l'on n'a pas de relevé d'information

Ne pas avoir de relevé n'a rien d'anormal ni de suspect : quatre parcours de vie très courants y conduisent, et chacun a sa solution.

1. C'est le premier contrat de votre vie

Vous venez d'obtenir le permis, ou vous avez toujours vécu sans voiture : aucun assureur n'a jamais eu à vous délivrer de relevé, tout simplement. Vous partez d'une page blanche : coefficient 1, questionnaire déclaratif, et le cas échéant la surprime réservée aux conducteurs novices — un mécanisme encadré par la loi que nous décryptons dans notre guide assurance auto jeune conducteur.

2. Vous rentrez d'expatriation

Le système du bonus-malus est une mécanique française : vos années d'assurance à l'étranger n'ont pas alimenté de CRM. Mais il faut distinguer deux situations. Si vous étiez assuré dans un pays de l'Espace économique européen, votre relevé de sinistres est établi selon le modèle européen unique et l'assureur français est tenu de le traiter comme un relevé français, sans discrimination liée à votre nationalité ou à votre pays de résidence antérieur (directive (UE) 2021/2118, transposée par l'ordonnance n° 2023-1138 du 6 décembre 2023 ; modèle entré dans l'annexe à l'article A121-1 par l'arrêté du 13 janvier 2025). Cela ne transfère pas mécaniquement un CRM français, mais l'assureur ne peut ni ignorer votre historique, ni vous surtarifer au motif que vous étiez assuré à l'étranger. Hors EEE, en revanche, la prise en compte de l'attestation de votre assureur étranger reste à sa discrétion : demandez tout de même ce document (idéalement traduit) avant de rentrer, il peut peser favorablement sur le tarif proposé.

3. Votre assurance a été interrompue longtemps

Vous avez vendu votre voiture, vécu en centre-ville sans véhicule, ou simplement cessé de conduire. Sur le plan du droit, votre coefficient reste acquis : l'article 9 de l'annexe à l'article A121-1 dispose que le taux de réduction ou de majoration appliqué à l'échéance précédente reste acquis à l'assuré, et ce sans limite de durée. En pratique, toutefois, les assureurs ne reprennent le CRM d'un relevé ancien que dans une limite qu'ils fixent eux-mêmes — souvent 2 à 3 ans, parfois davantage — et au-delà, la plupart repartent d'un coefficient 1. Il n'existe donc pas de « règle des 3 ans » opposable : vérifiez la règle de l'assureur consulté. Deux précisions utiles : si l'interruption ne dépasse pas trois mois, la période continue de compter et votre réduction annuelle s'applique normalement ; au-delà de trois mois, le coefficient est simplement gelé — aucune nouvelle réduction n'est acquise tant que vous n'êtes pas assuré. Dans tous les cas, conservez votre ancien relevé : il atteste de votre expérience de conduite.

4. Vous étiez conducteur secondaire

Des années à conduire la voiture familiale ou celle de votre conjoint, mais jamais de contrat à votre nom : le relevé appartient au contrat, pas à vous. Il est délivré au souscripteur : le plus simple reste donc de le lui demander — le document mentionne les conducteurs désignés et les sinistres, avec l'identité du conducteur impliqué. À défaut, vous pouvez exercer un droit d'accès RGPD auprès de l'assureur pour les données qui vous concernent en tant que conducteur désigné, même si cela ne vous donne pas le relevé complet du souscripteur. Certains assureurs en tiennent compte pour apprécier votre expérience et ajuster leur tarif ; d'autres non. Cela ne coûte qu'un courriel, et cela peut changer la première cotisation.

Les quatre situations sans relevé d'information et les réflexes associés
Votre situationCoefficient appliquéLe bon réflexe
Premier contrat de votre vieCRM 1 (départ)Déclarer précisément permis, usage et stationnement ; viser un véhicule raisonnable.
Retour d'expatriationCRM 1 par défaut + surprime conducteur novice possibleRécupérer le relevé de sinistres : modèle européen unique et traitement non discriminatoire si vous étiez assuré dans l'EEE.
Longue interruption d'assuranceCRM 1 le plus souvent (pratique de l'assureur) + surprime conducteur novice possiblePrésenter l'ancien relevé et demander à l'assureur jusqu'à quelle ancienneté il reprend le CRM.
Ex-conducteur secondaireCRM 1 par défaut + surprime conducteur novice possibleDemander au souscripteur le relevé du contrat où vous figuriez, ou exercer un droit d'accès RGPD.

Sans relevé, que se passe-t-il par défaut ?

L'assureur vous applique le coefficient 1 — ni bonus, ni malus — et se fonde entièrement sur vos déclarations pour construire le tarif. C'est le point de départ neutre prévu par la clause type : vous payez la prime de référence correspondant à votre profil, votre véhicule et votre usage.

Ce départ à 1 n'est pas une punition, mais il a deux conséquences concrètes :

  • Pas de rabais d'historique : un conducteur au bonus maximal paie sa prime de référence multipliée par 0,50 ; vous la payez multipliée par 1. L'écart se résorbe vite : chaque année sans sinistre responsable réduit votre coefficient de 5 %. Pour visualiser votre trajectoire année par année, utilisez notre calculette bonus-malus.
  • Une surprime possible si vous êtes « novice » : attention, la notion est plus large qu'il n'y paraît. Est novice au sens de l'article A335-9-1 le conducteur titulaire du permis depuis moins de 3 ans, mais aussi celui qui, quelle que soit l'ancienneté de son permis, ne peut justifier d'une assurance en tant que conducteur principal au cours des 3 années précédentes. Autrement dit, l'expatrié de retour, l'assuré longtemps interrompu et l'ex-conducteur secondaire sont concernés eux aussi : leur situation n'est pas un simple retour au neutre, la majoration pouvant atteindre 100 % de la prime de référence. Cette surprime est encadrée par la réglementation (arrêté, article A335-9-1), dégressive et éteinte après deux années sans sinistre responsable.

À titre d'illustration purement pédagogique : pour une prime de référence fictive de 600 €, un assuré au coefficient 1 paierait 600 €, quand un conducteur au bonus 0,50 paierait 300 € — et après trois années sans sinistre responsable, le premier verrait son coefficient descendre autour de 0,85, soit environ 510 €. Ces chiffres sont un exemple de calcul, pas un tarif réel.

Pour replacer ces mécanismes dans l'ensemble du contrat — garanties, franchises, formules —, notre guide de l'assurance auto reprend le sujet de bout en bout. Et si votre besoin est ponctuel, le temps de reconstituer un historique, l'assurance auto temporaire peut servir de solution de dépannage.

Pas de relevé ? Pas de blocage.

Le parcours Clikassur gère les premiers contrats et les retours d'assurance. Tarif personnalisé affiché en quelques minutes.

Obtenir mon tarif auto

Le questionnaire déclaratif : pourquoi l'honnêteté est votre meilleure protection

Sans relevé, votre parole fait foi — et le Code des assurances sanctionne précisément ceux qui en abusent. À la souscription, l'assureur vous interroge : date d'obtention du permis, antécédents d'assurance, sinistres passés, éventuelles résiliations. Vos réponses déterminent le tarif et deviennent la base contractuelle de votre couverture.

Deux articles encadrent la suite :

  • l'article L113-9 vise la déclaration inexacte sans mauvaise foi : découverte avant sinistre, l'assureur a le choix entre maintenir le contrat moyennant une augmentation de prime que vous devez accepter, et résilier le contrat dix jours après notification, en vous restituant la part de prime correspondant à la période non garantie ; découverte après sinistre, elle entraîne une réduction proportionnelle de l'indemnité, dans le rapport entre la prime payée et celle qui aurait été due ;
  • l'article L113-8 vise la fausse déclaration intentionnelle : elle expose à la nullité du contrat — vos propres dommages ne sont pas pris en charge et les primes versées restent acquises à l'assureur. Les victimes, elles, sont bien indemnisées : la nullité leur est inopposable (article L211-7-1). Mais l'assureur se retourne ensuite contre vous pour récupérer les sommes versées, ce qui peut représenter des montants considérables en cas de dommages corporels.

Gardez aussi à l'esprit que l'absence de relevé ne rend pas votre passé invisible : les assureurs disposent de moyens de vérification, notamment via les fichiers professionnels gérés par l'AGIRA. Omettre une résiliation ou un sinistre en espérant que « ça ne se verra pas » est le plus mauvais calcul possible.

Le bon réflexe : déclarez tout, y compris ce qui vous dessert. Un tarif un peu plus élevé mais solide protège infiniment mieux qu'une cotisation optimisée sur une déclaration fragile, qui s'effondre le jour du sinistre.

Comment récupérer un relevé d'information quand il existe

Avant de vous résigner à souscrire « sans historique », vérifiez qu'un relevé ne dort pas quelque part : la démarche prend souvent moins de dix minutes. Trois canaux, dans l'ordre :

  • L'espace client de votre assureur actuel ou précédent : la plupart des compagnies permettent aujourd'hui de télécharger le relevé directement, dans la rubrique documents ou attestations.
  • La demande écrite : courriel ou courrier à l'assureur, même si le contrat est résilié depuis longtemps. Il doit vous répondre sous 15 jours ; citer la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances suffit généralement à accélérer les choses.
  • L'escalade en cas de blocage : si l'assureur ne répond pas, adressez-lui une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception visant l'article 12 de l'annexe à l'article A121-1, puis saisissez son service réclamations, puis La Médiation de l'Assurance (TSA 50110, 75441 Paris Cedex 09). Un signalement à l'ACPR reste possible. Si la compagnie a transféré son portefeuille ou perdu son agrément, c'est à l'assureur repreneur qu'il faut vous adresser.
À sa vraie place, l'AGIRA : contrairement à une idée répandue, l'Association pour la gestion des informations sur le risque en assurance ne délivre pas de relevé d'information aux particuliers. Elle gère notamment le fichier des résiliations automobile (résiliations à l'initiative de l'assureur), auquel vous accédez par droit d'accès RGPD : utile pour savoir ce que les assureurs voient de vous, mais ce fichier ne contient ni votre CRM, ni l'historique complet de vos sinistres.

Cas particulier de l'ex-conducteur secondaire : le relevé est délivré au souscripteur du contrat, le plus simple reste donc de le lui demander. À défaut, vous pouvez exercer un droit d'accès RGPD auprès de l'assureur pour les données qui vous concernent en tant que conducteur désigné ; et si vous nous mandatez, nous faisons la demande à votre place. Enfin, si vous changez d'assureur avec un contrat encore actif, le relevé vous sera remis automatiquement à la résiliation : notre guide pour changer d'assurance auto détaille qui fait quoi, et dans quels délais. Si votre historique existe mais qu'il est difficile à exploiter — après une résiliation, par exemple —, voyez aussi notre article sur la situation de l'assuré résilié pour non-paiement.

Enfin, si aucun relevé n'existe nulle part, inutile de retarder votre projet : sur notre page assurance auto en ligne, le parcours de devis est conçu pour les profils sans historique. Vous déclarez votre situation réelle et votre tarif personnalisé s'affiche en quelques minutes. Le relevé, lorsqu'il existe, peut vous être demandé parmi les pièces justificatives avant l'émission du contrat ; votre Mémo Véhicule Assuré vous est remis à la souscription.

Vos questions sur l'assurance sans relevé d'information

Les quatre questions que l'on nous pose le plus souvent quand aucun relevé n'est disponible.

Mon assureur peut-il refuser de me délivrer un relevé d'information ?

Non. La délivrance du relevé d'information est prévue par la clause type annexée à l'article A121-1 du Code des assurances : l'assureur le remet à la résiliation du contrat et doit le délivrer, à tout moment, dans les 15 jours suivant votre demande expresse. En cas de blocage, adressez une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception visant l'article 12 de l'annexe à l'article A121-1, puis saisissez le service réclamations de l'assureur, puis La Médiation de l'Assurance (TSA 50110, 75441 Paris Cedex 09) ; un signalement à l'ACPR reste possible. Si l'assureur a transféré son portefeuille ou perdu son agrément, adressez-vous à l'assureur repreneur.

Quel bonus-malus s'applique quand on n'a jamais été assuré ?

Le coefficient de départ, c'est-à-dire 1 : ni bonus, ni malus. Vous payez la prime de référence correspondant à votre profil et à votre véhicule, éventuellement majorée d'une surprime si vous êtes conducteur novice. Le coefficient diminue ensuite de 5 % à chaque année sans sinistre responsable.

J'étais conducteur secondaire sur le contrat de mes parents : puis-je faire valoir cet historique ?

En partie. Le relevé est délivré au souscripteur du contrat : le plus simple reste de le lui demander — il mentionne les conducteurs désignés et les sinistres des cinq dernières années. À défaut, vous pouvez exercer un droit d'accès RGPD auprès de l'assureur pour les données qui vous concernent en tant que conducteur désigné. Si vous nous mandatez, nous faisons la demande à votre place. Certains assureurs tiennent compte de cet historique pour tarifer votre premier contrat à votre nom, mais la pratique varie d'une compagnie à l'autre — ce n'est pas un droit automatique.

Je n'ai plus été assuré pendant plus de 3 ans : est-ce que je garde mon bonus ?

Juridiquement, votre coefficient reste acquis : l'article 9 de l'annexe à l'article A121-1 prévoit que le taux de réduction ou de majoration appliqué à l'échéance précédente reste acquis à l'assuré, sans limite de durée. En pratique, les assureurs ne reprennent le CRM d'un relevé ancien que dans une limite qu'ils fixent eux-mêmes — souvent 2 à 3 ans, parfois davantage — et repartent le plus souvent d'un coefficient 1 au-delà. Vérifiez la règle de l'assureur consulté. Si l'interruption ne dépasse pas trois mois, la période continue de compter et votre réduction annuelle s'applique normalement ; au-delà de trois mois, le coefficient est gelé : aucune nouvelle réduction n'est acquise tant que vous n'êtes pas assuré.

La rédaction Clikassur
Des spécialistes de l'assurance qui écrivent comme ils assurent : sans jargon, sans détour. Relu et mis à jour le 18 juillet 2026.
Pas de relevé ?
Votre tarif en quelques minutes.
Obtenir mon tarif →