Franchise d'assurance auto : combien vous paierez vraiment.
C'est la ligne du contrat qu'on découvre trop souvent le jour du sinistre. Fixe, proportionnelle, majorée, légale : voici comment la franchise fonctionne réellement — et comment la régler à votre avantage dès le devis.
- La franchise désigne ce que l'assureur ne rembourse pas : la fraction de l'indemnité qu'il retient et que vous financez vous-même. Son montant figure noir sur blanc dans vos conditions particulières, garantie par garantie.
- Trois mécanismes existent : fixe (un montant en euros), proportionnelle (un pourcentage encadré par un plancher et un plafond) et mixte (combinaison des deux).
- Accident non responsable avec un tiers identifié et assuré : la très grande majorité des contrats ne laissent aucune franchise à votre charge — clause contractuelle, à vérifier dans vos conditions générales.
- Catastrophe naturelle : la franchise est fixée par la réglementation à 380 € pour un véhicule, identique chez tous les assureurs et non rachetable ; déclaration sous 30 jours après l'arrêté.
- Jeune conducteur ou volant prêté à un novice non déclaré : la plupart des contrats appliquent une franchise majorée.
La franchise d'assurance auto, c'est quoi exactement ?
La franchise est la somme qui reste à votre charge après un sinistre garanti. Fixée par le contrat, elle est déduite de l'indemnité versée par l'assureur : dans le cas le plus courant — la franchise dite absolue —, si les dégâts coûtent moins qu'elle, vous ne recevez rien. Si vous découvrez le sujet, notre guide de l'assurance auto replace la franchise dans l'ensemble du contrat.
Ce mécanisme n'est pas une punition : c'est un partage du risque. En laissant les petits sinistres à votre charge, l'assureur évite de gérer des dossiers à 80 € qui coûteraient plus cher en traitement qu'en indemnisation — et il peut, en contrepartie, vous proposer une cotisation plus basse. C'est aussi un garde-fou contre les déclarations en cascade qui feraient grimper la prime de tout le monde.
Point capital : il n'existe pas une franchise mais des franchises. Votre contrat en prévoit généralement une par garantie — dommages tous accidents, vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles… — et leurs montants peuvent être très différents. Avant de comparer deux devis, ouvrez le tableau des garanties et lisez chaque ligne : deux contrats d'assurance auto affichés au même prix mensuel peuvent vous coûter du simple au triple le jour d'un sinistre.
Franchise fixe, proportionnelle ou mixte : quelles différences ?
Trois mécanismes de calcul coexistent : la franchise fixe (un montant en euros, toujours le même), la franchise proportionnelle (un pourcentage du sinistre, encadré par un plancher et un plafond) et la franchise mixte, qui combine les deux. Les montants ci-dessous sont des exemples pédagogiques destinés à illustrer le calcul, pas des tarifs réels.
| Type | Comment elle se calcule | Exemple pédagogique |
|---|---|---|
| Fixe | Un montant en euros, déduit de l'indemnité quel que soit le coût du sinistre. C'est la formule la plus répandue et la plus lisible. | Franchise 400 € : pour 1 800 € de dégâts, l'assureur verse 1 400 € ; pour 350 € de dégâts, il ne verse rien. |
| Proportionnelle | Un pourcentage du montant du sinistre, avec un plancher (minimum) et un plafond (maximum) écrits au contrat. | 10 %, minimum 150 €, maximum 750 € : pour 1 800 € de dégâts, la franchise est de 180 € ; pour 12 000 €, elle est plafonnée à 750 €. |
| Mixte | Le contrat combine pourcentage et montant fixe — souvent en retenant le plus élevé des deux. | « 10 % avec un minimum de 300 € » : pour 1 800 € de dégâts, 10 % donneraient 180 €, mais c'est le minimum de 300 € qui s'applique. |
Retenez la logique : la franchise fixe protège sur les gros sinistres (elle ne grossit pas avec les dégâts), la proportionnelle est douce sur les petits chocs mais peut piquer sur les gros. À montant de prime égal, vérifiez toujours lequel des trois mécanismes votre contrat retient — et sur quelles garanties.
Ces trois lignes décrivent un mode de calcul. Une autre distinction, indépendante, porte sur le mode d'application : la franchise absolue — de très loin la plus répandue — est toujours déduite de l'indemnité ; la franchise simple (ou relative), plus rare, ne s'applique pas du tout dès que le sinistre dépasse son montant, l'assureur indemnisant alors la totalité. Une franchise proportionnelle peut donc être absolue, et une franchise fixe peut être simple : les deux axes se combinent.
Trois scénarios chiffrés : ce que vous paieriez concrètement
Le plus simple pour comprendre une franchise, c'est de la dérouler en euros. Les trois situations qui suivent sont des exemples pédagogiques construits avec des montants ronds — vos chiffres réels dépendront de votre contrat.
Scénario 1 : accrochage responsable, 1 800 € de réparations
Vous reculez sur un poteau ou accrochez un véhicule en manœuvre : accident responsable, 1 800 € de réparations sur votre voiture, franchise dommages de 400 € au contrat. L'assureur règle 1 400 €, vous payez 400 € — souvent directement au garage, qui perçoit le reste de l'assureur. Et la facture ne s'arrête pas là : un accident responsable majore aussi votre coefficient de 25 %. Pour mesurer l'effet sur vos prochaines cotisations, utilisez notre calculette bonus-malus, et pour la suite des opérations (déclaration, expertise, malus), lisez notre guide accident responsable : et après ?
Scénario 2 : bris de glace — impact réparé ou pare-brise remplacé
Un gravillon étoile votre pare-brise. Deux issues très différentes : si l'impact est réparable (résine injectée), la plupart des contrats prennent l'intervention en charge sans franchise, parce qu'elle évite un remplacement bien plus coûteux. Si la fissure impose de remplacer le pare-brise, la franchise bris de glace s'applique — par exemple 90 € à votre charge sur un remplacement facturé 600 €. Moralité : faites traiter un impact vite, tant qu'il est réparable — nous détaillons la marche à suivre dans notre article pare-brise fissuré : que faire ?
Scénario 3 : accident non responsable, tiers identifié
Un conducteur vous refuse la priorité, le constat amiable est rempli et signé, le tiers est identifié et assuré. Votre non-responsabilité étant établie, la très grande majorité des contrats prévoient qu'aucune franchise ne reste à votre charge : soit elle n'est pas prélevée du tout, soit elle est avancée puis vous est remboursée une fois le recours abouti auprès de l'assureur adverse. Attention : c'est une clause contractuelle, pas une règle légale — vérifiez-la dans vos conditions générales, certains contrats conservent la franchise si le recours n'aboutit pas.
Deux variantes à connaître. En responsabilité partagée (le classique 50/50), la franchise reste en revanche partiellement à votre charge, au prorata de votre part de responsabilité. Et si le responsable a pris la fuite ou n'était pas assuré, tout n'est pas perdu : si le tiers est identifié mais non assuré, le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) peut prendre en charge vos dommages matériels, sous une franchise réglementaire de 300 € ; si l'auteur reste inconnu, le FGAO n'indemnise les dommages matériels que si l'accident a fait des blessés. D'où l'importance de relever une plaque ou de recueillir des témoins.
Catastrophe naturelle : une franchise légale de 380 €
Quand votre véhicule est endommagé par un événement reconnu catastrophe naturelle (inondation, coulée de boue…), la franchise n'est pas fixée par votre contrat mais par la réglementation : 380 € pour un véhicule, chez tous les assureurs.
Trois conditions pour être indemnisé : un arrêté de catastrophe naturelle publié au Journal officiel pour votre commune, un véhicule couvert par au moins une garantie dommages au corps du véhicule — vol, incendie ou dommages tous accidents, donc dès une formule tiers + (article L125-1 du Code des assurances) ; une formule au tiers simple, purement responsabilité civile, n'ouvre pas la garantie. Et enfin une déclaration à votre assureur dans les 30 jours suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel (délai fixé par l'article L125-2 du Code des assurances) : passé ce délai, vous risquez la déchéance de garantie.
Particularité de cette franchise légale : elle est incompressible. Impossible de la racheter, de la réduire ou d'y échapper, même si votre franchise dommages contractuelle est plus basse — et à l'inverse, l'assureur ne peut pas vous appliquer davantage au titre de la catastrophe naturelle.
Comment choisir sa franchise au moment du devis ?
C'est un arbitrage : plus la franchise est élevée, plus la cotisation baisse, et inversement. Le bon réglage est la franchise la plus haute que vous pouvez payer sans douleur, du jour au lendemain, si un sinistre survient.
Posez-vous trois questions au moment de comparer :
- Quelle somme puis-je sortir demain matin ? Une franchise de 800 € qui fait économiser quelques euros par mois est un mauvais calcul si elle vous obligerait à renoncer aux réparations.
- Quelle est ma probabilité de sinistre ? Stationnement dans la rue, trajets urbains quotidiens, conducteur récent : plus le risque d'accrochage est réel, plus une franchise basse se justifie. Garage fermé et faible kilométrage plaident pour l'inverse.
- Sur quelles garanties ? Vous pouvez accepter une franchise haute en dommages tous accidents et exiger une franchise basse (ou nulle) en bris de glace, la garantie la plus souvent activée. Le périmètre dépend d'abord de la formule : notre comparatif tiers ou tous risques aide à trancher avant même de régler la franchise.
Certains contrats proposent enfin le rachat de franchise : une option payante qui supprime ou réduit la franchise sur certaines garanties. Elle se juge froidement — comparez son coût annuel à la franchise économisée, multipliée par la probabilité réelle d'avoir un sinistre dans l'année. Chez Clikassur, chaque devis affiche les franchises noir sur blanc, garantie par garantie, avant la signature : notre page assurance auto en ligne détaille les formules et ce qu'elles couvrent.
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Franchise majorée : jeune conducteur et prêt de volant
La plupart des contrats prévoient une franchise supplémentaire — souvent doublée — lorsque le conducteur impliqué dans le sinistre est un conducteur novice qui n'était pas désigné au contrat. C'est le grand classique du « prêt de volant » qui tourne mal.
Concrètement, deux situations à surveiller :
- Vous êtes jeune conducteur assuré à votre nom : certains contrats appliquent une franchise plus élevée pendant vos premières années de permis, en plus de la surprime. Le montant exact figure dans vos conditions particulières — c'est un critère de comparaison à part entière entre deux devis.
- Vous prêtez votre voiture : le prêt de volant est généralement autorisé, mais si l'ami ou l'enfant qui conduit est titulaire du permis depuis moins de trois ans et n'est pas déclaré au contrat, une franchise majorée s'applique en cas d'accident responsable. Sur certains contrats (clause de conduite exclusive), le prêt à un conducteur novice fait même tomber les garanties dommages. La responsabilité civile, elle, reste toujours acquise : elle est attachée au véhicule (article L211-1 du Code des assurances) et les tiers sont indemnisés dans tous les cas — voir notre article sur le prêt de volant.
La parade est simple : déclarez les conducteurs réguliers du véhicule, même occasionnels mais récurrents — un enfant étudiant qui reprend la voiture chaque week-end, par exemple. La cotisation peut augmenter un peu, mais vous échappez à la double peine du sinistre : franchise doublée aujourd'hui, et malus qui renchérit vos cotisations pendant des années, comme l'explique notre article sur le fonctionnement du bonus-malus.
Vos questions sur la franchise auto
Dois-je payer la franchise si l'accident n'est pas de ma faute ?
En pratique, non. Si le tiers responsable est identifié et assuré, la très grande majorité des contrats prévoient qu'aucune franchise ne reste à votre charge : soit elle n'est pas prélevée, soit elle vous est remboursée une fois le recours abouti. Attention, c'est une clause contractuelle et non une règle légale : vérifiez-la dans vos conditions générales, certains contrats la conservent si le recours échoue. En responsabilité partagée (50/50), la franchise reste partiellement à votre charge. Si le tiers est identifié mais non assuré, le FGAO peut prendre en charge vos dommages matériels, sous une franchise de 300 € ; si l'auteur reste inconnu, le FGAO n'indemnise les dommages matériels que si l'accident a fait des blessés.
Quelle est la franchise en cas de catastrophe naturelle ?
Elle est fixée par la réglementation à 380 € pour un véhicule, quel que soit l'assureur. Elle ne peut être ni rachetée ni réduite, et s'applique dès lors que votre contrat comporte au moins une garantie dommages au corps du véhicule — donc dès une formule tiers + — et qu'un arrêté de catastrophe naturelle a été publié pour votre commune. Pensez à déclarer le sinistre à votre assureur dans les 30 jours suivant la publication de l'arrêté au Journal officiel, délai fixé par l'article L125-2 du Code des assurances.
Une franchise élevée fait-elle vraiment baisser la prime ?
Oui, lorsque le contrat propose de moduler la franchise — ce n'est pas le cas de toutes les formules. Plus vous acceptez d'assumer une part importante du sinistre, moins l'assureur prend de risque, et plus votre cotisation diminue. Vérifiez toutefois l'économie réelle sur le devis : quelques euros par mois ne compensent pas toujours plusieurs centaines d'euros de reste à charge. Le bon réglage consiste à choisir la franchise la plus haute que votre budget peut encaisser sans difficulté le jour où un sinistre survient.
Y a-t-il une franchise pour un bris de glace ?
Cela dépend de l'opération. La réparation d'un impact est très souvent prise en charge sans franchise, car elle évite un remplacement coûteux. Le remplacement complet du pare-brise, lui, déclenche généralement la franchise bris de glace prévue au contrat. Vérifiez les deux montants dans vos conditions particulières.
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