Tiers ou tous risques : la méthode pour trancher en 4 étapes.

Ce débat n'a pas de réponse universelle, mais il a une méthode : valeur réelle du véhicule, écart de prime, règle du ratio, puis correcteurs de situation. Déroulez l'arbre de décision — la formule qui vous convient tombe toute seule.

L'essentiel en 30 secondes
  • Le tiers correspond au minimum légal (article L211-1 du Code des assurances) : il indemnise les dommages que vous causez aux autres, jamais les vôtres.
  • Le tous risques ajoute la garantie dommages tous accidents : votre véhicule est couvert même quand vous êtes responsable.
  • La méthode en 4 étapes : valeur vénale réelle → écart de prime → règle du ratio → correcteurs (financement, épargne, dépendance, stationnement, expérience).
  • Repère pédagogique : si le surcoût annuel du tous risques dépasse ~10 % de la valeur du véhicule, questionnez la formule ; sous 5 %, foncez.
  • LOA ou LLD ? Le calcul s'arrête là : le bailleur, propriétaire du véhicule, exige le tous risques. Crédit affecté ? Vous êtes propriétaire dès l'achat : l'exigence est une clause fréquente de l'offre de prêt, pas une obligation légale — vérifiez votre contrat de financement.

Tiers, tiers + ou tous risques : que couvre réellement chaque formule ?

Le tiers couvre uniquement les dommages que vous causez aux autres ; le tous risques y ajoute vos propres dommages, même en accident responsable ; le tiers + se situe entre les deux, avec le vol, l'incendie et le bris de glace. Avant de dérouler la méthode, posons le vocabulaire, car il fausse souvent le débat.

Seule la responsabilité civile est imposée par la loi (article L211-1 du Code des assurances) : c'est elle que recouvre l'expression « au tiers ». Elle répare les dommages corporels et matériels subis par les autres — jamais votre carrosserie, jamais votre voiture volée. À l'autre bout, « tous risques » est une appellation commerciale, pas une catégorie juridique : le contenu exact varie d'un contrat à l'autre, avec ses exclusions et ses franchises. Le tableau de garanties de nos formules d'assurance auto illustre ce découpage en trois niveaux, que l'on retrouve chez la plupart des acteurs du marché :

Comparaison des garanties selon la formule d'assurance auto
GarantieTiersTiers +Tous risques
Responsabilité civile (dommages causés aux autres)OuiOuiOui
Bris de glaceNonOuiOui
Vol et incendieNonOuiOui
Catastrophes naturelles (régime légal, arrêté)NonOuiOui
Événements climatiques (tempête, grêle)NonSelon contratOui
Garantie du conducteur (vos blessures)En optionSouvent incluseOui, mais vérifier le capital et la franchise
Dommages tous accidents (votre véhicule, même responsable)NonNonOui

Deux lignes méritent une précision. La garantie catastrophes naturelles n'est pas une option négociable : l'article L125-1 du Code des assurances en fait une extension légale automatique de tout contrat couvrant les dommages d'incendie ou tous autres dommages aux biens. Dès lors qu'une formule inclut le vol et l'incendie — ce qui est la définition même du tiers + —, la garantie cat nat suit, avec la franchise légale de 380 € fixée par l'État sur véhicule terrestre à moteur, et sous réserve d'un arrêté de catastrophe naturelle. Tempête et grêle relèvent en revanche de la garantie événements climatiques, purement contractuelle : là, il faut vérifier. Quant à la garantie du conducteur, elle reste dans beaucoup de contrats une garantie distincte, plafonnée et parfois optionnelle même en tous risques : regardez le capital assuré, pas la case cochée. Chez Clikassur, elle est incluse dès le tiers +, comme la couverture climatique et cat nat (voir le tableau de nos formules auto) — ce n'est pas le cas partout.

Les intitulés et les périmètres varient d'un assureur à l'autre : seul le tableau des garanties de votre contrat fait foi. La vraie différence économique tient à la dernière ligne : la garantie dommages tous accidents, celle qui paie votre carrosserie quand personne d'autre ne le fera. Tout l'arbre de décision consiste à savoir si elle vaut son prix pour votre véhicule.

À retenir avant de calculer : si vous n'êtes pas responsable et que le tiers est identifié et assuré, vos dommages sont indemnisés par son assureur, même si vous êtes au tiers. La garantie dommages tous accidents ne se déclenche que dans trois cas : vous êtes responsable, la responsabilité est partagée, ou le tiers est inconnu ou non assuré — sachant que le FGAO n'indemnise les dommages matériels causés par un véhicule non identifié que s'il y a aussi des dommages corporels. C'est ce périmètre-là, et lui seul, que vous achetez en passant au tous risques.

Étape 1 : combien vaut réellement votre voiture aujourd'hui ?

La base du raisonnement est la valeur vénale — le prix auquel votre véhicule se revendrait aujourd'hui — et non son prix d'achat. C'est le chiffre qui plafonne ce que la garantie dommages pourra un jour vous verser.

Pour l'estimer honnêtement, croisez deux sources : une cote de référence (type Argus) ajustée du kilométrage et de l'état, et surtout les annonces réelles de véhicules identiques — même modèle, même année, même motorisation, kilométrage comparable. Le prix auquel les vendeurs concluent, pas celui auquel ils rêvent.

Pourquoi cette rigueur ? Parce qu'en cas de perte totale (véhicule volé non retrouvé ou économiquement irréparable), l'assureur n'indemnise pas le prix que vous avez payé. L'indemnité se calcule le plus souvent sur la valeur de remplacement à dire d'expert (VRADE) : proche de la valeur de marché, mais fixée par l'expert et non par la cote brute, franchise déduite. Une voiture achetée 12 000 € il y a six ans mais qui n'en vaut plus que 4 000 est, aux yeux de la garantie dommages, une voiture à 4 000 €.

Une exception à vérifier dans vos conditions générales : beaucoup de contrats prévoient, pour un véhicule récent, une indemnisation en valeur à neuf ou en valeur d'achat majorée pendant 6, 12, 24 ou 36 mois. Dans ce cas, le capital réellement protégé dépasse la valeur vénale — et le ratio de l'étape 3 doit être calculé sur cette base, pas sur la cote du moment. Sur un véhicule de moins de trois ans, cette clause change matériellement l'arbitrage.

L'erreur classique : raisonner avec la valeur affective (« je ne la retrouverais jamais à ce prix ») ou le prix d'achat. Hors clause de valeur à neuf, la garantie dommages ne connaît que la valeur du véhicule au jour du sinistre. C'est froid, mais c'est la base du calcul.

Étape 2 : quel est le vrai surcoût du tous risques pour votre profil ?

Demandez deux devis pour le même véhicule et le même profil — l'un au tiers (ou tiers +), l'autre en tous risques — et mesurez l'écart annuel en euros. C'est la seule donnée fiable : l'écart dépend de votre véhicule, de votre historique, de votre commune, et aucun article ne peut le deviner à votre place.

Deux précautions pour que la comparaison soit honnête :

  • Comparez à garanties comparables. Un tous risques sans garantie du conducteur digne de ce nom, ou amputé de l'assistance, paraîtra artificiellement bon marché.
  • Regardez les franchises. Un tous risques affiché à bas prix mais assorti d'une franchise dommages très élevée est un faux confort : sur un petit sinistre, vous paierez presque tout ; sur une perte totale, l'indemnité fondra d'autant. Notre article sur la franchise en assurance auto détaille les différents types et leur effet réel sur l'indemnité.

Si les notions de franchise, de vétusté ou de valeur à dire d'expert restent floues, notre guide de l'assurance auto les passe en revue ligne à ligne — dix minutes de lecture qui rendent n'importe quel devis limpide.

Étape 3 : la règle du ratio, le repère qui coupe court aux faux débats

Rapportez le surcoût annuel du tous risques à la valeur vénale du véhicule : au-delà d'environ 10 %, la formule mérite d'être questionnée ; sous 5 %, elle se justifie presque toujours. Disons-le clairement : ce ratio est un repère pédagogique, pas une norme officielle ni une règle d'assureur. Mais il transforme un débat d'opinions en ordre de grandeur.

La logique : chaque année, vous payez un surcoût certain pour protéger un capital qui, lui, décote. Si le surcoût représente 12 % de la valeur du véhicule, huit ans de primes suffiraient à égaler l'indemnité maximale espérée — avant même de déduire la franchise. À 3 %, la protection coûte une fraction marginale du capital couvert : la question ne se pose presque plus.

Deux illustrations — chiffres volontairement ronds et purement illustratifs, pas des tarifs réels :

  • Véhicule estimé 3 000 €, surcoût tous risques de 400 €/an : ratio ≈ 13 %. La garantie dommages coûte cher pour un capital modeste → questionner, le tiers + devient sérieux.
  • Véhicule estimé 15 000 €, surcoût de 450 €/an : ratio = 3 %. Le tous risques protège un capital important pour un surcoût contenu → foncer.

Entre 5 et 10 %, vous êtes dans la zone grise : c'est précisément là que l'étape 4 tranche. Et comme la valeur vénale baisse chaque année alors que la prime ne suit pas toujours, refaites ce calcul à chaque échéance — c'est souvent le moment de renégocier ou de changer d'assurance auto, la résiliation étant libre après un an de contrat.

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Étape 4 : les correcteurs qui peuvent inverser la décision

Quatre situations pèsent plus lourd que le ratio : un financement en cours, votre capacité à absorber une perte totale, votre dépendance quotidienne au véhicule et votre profil de conducteur. Passez-les en revue avant de conclure.

Véhicule financé : distinguez la LOA du crédit

La loi n'impose que la responsabilité civile, et les deux modes de financement ne pèsent pas du tout du même poids. En LOA ou LLD, le tous risques est exigé par le bailleur, qui reste propriétaire du véhicule : vous n'assurez pas votre bien mais le sien, et le calcul s'arrête là. En crédit affecté, vous êtes propriétaire dès l'achat : le prêt n'est pas gagé de plein droit et l'exigence de tous risques n'est qu'une clause fréquente de l'offre de prêt, ni légale ni systématique — le prêteur ne peut d'ailleurs pas vous imposer un assureur. Vérifiez votre contrat de financement avant d'arbitrer. En location, une garantie perte financière (souvent appelée GAP) mérite en plus l'examen : elle comble l'écart possible entre l'indemnité de l'assureur et ce que vous restez devoir au bailleur.

Pourriez-vous absorber une perte totale demain matin ?

Si votre véhicule disparaissait cette nuit, pourriez-vous en racheter un équivalent sur votre épargne sans déséquilibrer votre budget ? Si oui, vous pouvez vous permettre de porter le risque vous-même : le tiers devient défendable. Si non, la garantie dommages joue son vrai rôle : protéger votre trésorerie, pas votre tôle. Gardez aussi en tête que l'indemnisation n'est pas instantanée — nous détaillons les délais d'indemnisation en assurance auto — et qu'il faudra tenir l'intervalle.

Dépendez-vous du véhicule au quotidien ?

Travail inaccessible en transports, tournées, enfants à déposer : quand la voiture est indispensable, le coût d'une perte totale n'est pas que financier — c'est une organisation de vie qui s'écroule le temps de retrouver un véhicule. Ce correcteur pousse vers le haut de gamme de couverture, même sur un véhicule modeste.

Stationnement dans la rue, conducteur novice

Un véhicule qui dort sur la voie publique est plus exposé au vol et à l'incendie : cela plaide au minimum pour un tiers +. Attention en revanche au vandalisme (rayures, rétroviseur arraché, carrosserie enfoncée) : il n'est généralement couvert qu'en tous risques, via la garantie dommages tous accidents ou une garantie « actes de vandalisme » dédiée — en tiers +, seul le bris de glace est pris en charge. Un argument de plus pour la formule haute si votre véhicule dort dans la rue. Quant au conducteur novice, sa fréquence de sinistres responsables est plus élevée les premières années — précisément les sinistres où seule la garantie dommages tous accidents paie votre véhicule. C'est l'un des arbitrages que nous détaillons dans notre article assurance auto jeune conducteur : la formule protectrice a rarement autant de valeur qu'au début.

L'arbre de décision complet

Déroulez les questions dans l'ordre ; la première réponse ferme prime sur les suivantes.

  • 1. Le véhicule est-il financé ?
    • LOA ou LLD → tous risques, exigé par le bailleur, qui reste propriétaire. Fin de l'arbre.
    • Crédit affecté → vérifiez votre offre de prêt : si elle impose le tous risques, fin de l'arbre ; sinon, vous êtes propriétaire et libre d'arbitrer → question suivante.
    • Aucun financement → question suivante.
  • 2. Quel est le ratio surcoût annuel du tous risques / valeur vénale ?
    • Moins de ~5 % → tous risques : protection maximale pour un surcoût marginal.
    • Plus de ~10 % → tiers + par défaut, sauf correcteur fort (question 3 ci-dessous / étape 4 de la méthode).
    • Entre les deux → question suivante.
  • 3. Un correcteur pèse-t-il dans la balance ?
    • Perte totale inabsorbable, véhicule indispensable au quotidien ou conducteur novice → penchez tous risques.
    • Épargne disponible et véhicule remplaçable sans drame → penchez tiers +.
    • Stationnement rue → jamais moins qu'un tiers + (vol, incendie, bris de glace).
Récapitulatif de l'arbre de décision tiers ou tous risques
Votre situationFormule indiquéePourquoi
Véhicule en LOA ou LLDTous risquesExigé par le bailleur, qui reste propriétaire du véhicule : pas d'arbitrage possible.
Véhicule en crédit affectéTous risques si le prêt l'imposeVous êtes propriétaire dès l'achat : clause fréquente de l'offre de prêt, mais ni légale ni systématique — à vérifier.
Surcoût < 5 % de la valeur vénaleTous risquesCouverture complète pour un surcoût marginal rapporté au capital protégé.
Surcoût entre 5 et 10 %Selon correcteursÉpargne, dépendance au véhicule, stationnement et expérience font pencher la balance.
Surcoût > 10 % de la valeur vénaleTiers + (voire tiers)Le cumul de primes rejoint vite l'indemnité maximale espérée, franchise déduite.

Le tiers + mérite son statut de voie médiane : vol, incendie, bris de glace et garantie du conducteur couvrent l'essentiel des sinistres subis, pour un budget contenu. Ce qu'il laisse à votre charge est clairement identifié : vos propres dommages en accident responsable.

Trois profils passés à la méthode

Voici l'arbre appliqué à trois situations types. Les montants sont des exemples pédagogiques aux chiffres ronds, pas des tarifs réels : seuls des devis sur votre profil donneraient les vôtres.

Profil 1 : la citadine de 12 ans payée comptant

Valeur vénale estimée : 2 500 €. Pas de financement. Supposons un surcoût tous risques de 350 €/an : ratio de 14 %, largement au-dessus du seuil de vigilance. Sauf dépendance vitale au véhicule, le tiers + s'impose : vol, incendie, bris de glace restent couverts, à condition de vérifier que la garantie du conducteur est bien incluse, avec un capital décent — c'est le poste à ne jamais sacrifier, même sur un « petit contrat ».

Profil 2 : le break familial de 5 ans, stationné dans la rue

Valeur vénale estimée : 11 000 €, acheté comptant, indispensable pour l'école et le travail. Supposons un surcoût de 420 €/an : ratio de 3,8 %, sous le seuil des 5 %. Ratio favorable, dépendance quotidienne, stationnement exposé : trois signaux dans le même sens → tous risques sans hésiter.

Profil 3 : le SUV neuf en LOA

Ici, pas de calcul : le bailleur exige le tous risques, et la garantie perte financière mérite l'examen pour couvrir l'écart entre indemnité et sommes restant dues. Le vrai levier d'économie n'est pas la formule mais la prime elle-même : franchises modulées, kilométrage déclaré au plus juste — si vous roulez peu, une formule au kilomètre mérite d'être chiffrée — et un bonus soigné, dont vous pouvez projeter l'évolution avec notre calculette bonus-malus.

Le fil rouge de ces trois cas : la formule n'est jamais un trait de caractère (« je suis prudent, donc tous risques »). C'est la photographie d'une situation — valeur, financement, budget, usage — qui change avec le temps. Une bonne formule se re-choisit à chaque échéance.

Vos questions sur le choix tiers ou tous risques

Le tous risques n'est pas obligatoire par la loi, mais il l'est de fait en LOA ou LLD, et souvent par clause du prêt en crédit affecté ; hors financement, c'est le rapport entre le surcoût annuel et la valeur vénale du véhicule qui tranche.

Le « tous risques » couvre-t-il vraiment tous les risques ?

Non. « Tous risques » est une appellation commerciale, pas une catégorie légale : chaque contrat conserve des exclusions et des franchises, détaillées dans les conditions générales. La formule ajoute surtout la garantie dommages tous accidents, qui couvre votre véhicule même en cas d'accident responsable ou sans tiers identifié.

Quand faut-il redescendre du tous risques au tiers + ?

Quand le surcoût annuel du tous risques devient disproportionné par rapport à la valeur vénale du véhicule — au-delà d'environ 10 %, à titre de repère — et qu'aucun correcteur (financement en cours, dépendance quotidienne au véhicule, stationnement exposé) ne justifie de le conserver. Dans ce cas, basculez vers le tiers +, le tiers sec ne se justifiant que sur un véhicule de très faible valeur. Refaites le calcul chaque année : la valeur du véhicule baisse, la prime ne suit pas toujours.

Le tiers + est-il un bon compromis ?

Oui, pour beaucoup de véhicules d'occasion de valeur intermédiaire : il ajoute au tiers le vol, l'incendie, le bris de glace et, selon les contrats, la garantie du conducteur. Il couvre ainsi les sinistres subis les plus fréquents, sans le surcoût de la garantie dommages tous accidents. Sa limite : vos propres dommages restent à votre charge en cas d'accident responsable.

Le tous risques est-il obligatoire avec un crédit ou une LOA ?

La loi n'impose que la responsabilité civile, et les deux cas diffèrent. En LOA ou LLD, le bailleur reste propriétaire du véhicule et impose contractuellement le tous risques : il est obligatoire de fait tant que le contrat court. En crédit affecté, vous êtes propriétaire dès l'achat : l'exigence de tous risques est une clause fréquente des offres de prêt, mais elle n'est ni légale ni systématique, et le prêteur ne peut pas vous imposer un assureur. Relisez votre contrat de financement avant d'arbitrer.

La rédaction Clikassur
Des spécialistes de l'assurance qui écrivent comme ils assurent : sans jargon, sans détour. Relu et mis à jour le 18 juillet 2026.
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