Dégâts électriques : surtension, foudre, court-circuit — qui paie vos appareils ?

Un orage passe, et au réveil le frigo est muet, la box clignote dans le vide et la plaque de cuisson refuse de s'allumer. Bonne nouvelle : dans la plupart des contrats multirisques habitation, une garantie est justement taillée pour ce scénario — la garantie « dommages électriques ». Encore faut-il savoir ce qu'elle couvre, ce qu'elle exclut, et comment déclarer sans se faire piéger par la vétusté.

L'essentiel en 30 secondes
  • C'est la garantie « dommages électriques » de votre MRH qui indemnise les appareils grillés par une surtension ou un court-circuit — et pas la seule garantie incendie, puisque la chute de la foudre sur le logement relève, elle, du socle « incendie et événements assimilés » présent dans toutes les MRH.
  • La foudre n'a pas besoin de tomber sur votre maison : une surtension propagée par le réseau suffit à déclencher la garantie.
  • Exclusions classiques : usure et vieillissement, vice propre ou défaut d'entretien de l'appareil, parfois lampes et fusibles.
  • La vétusté est souvent déduite — et elle court vite sur l'électronique. Certaines formules proposent le rééquipement à neuf.
  • Conservez l'appareil endommagé, photographiez, réunissez les factures et déclarez sous 5 jours ouvrés.

Quelle garantie couvre les appareils grillés par une surtension ?

La garantie « dommages électriques », présente dans la plupart des formules multirisques habitation intermédiaires et complètes. C'est elle — et non la seule garantie incendie — qui indemnise l'électroménager, l'informatique ou le chauffage mis hors service par une surtension ou un court-circuit.

La confusion est fréquente, et elle se comprend : dans beaucoup de contrats, les dommages électriques sont rattachés au chapitre « incendie et événements assimilés ». Mais la logique assurantielle distingue bien deux situations. S'il y a eu flammes, embrasement ou début d'incendie, c'est la garantie incendie qui prend le relais — on vous en détaille le fonctionnement dans notre guide sur l'incendie en assurance habitation. Tant que l'appareil a simplement « grillé » — circuits fondus, carte électronique morte, moteur claqué — sans feu déclaré, c'est le terrain de la garantie dommages électriques.

Encore faut-il distinguer deux situations, car elles ne mobilisent pas la même ligne du contrat. La chute de la foudre sur le bâtiment ou sur les biens assurés relève du socle « incendie et événements assimilés » : ce socle est présent dans toutes les multirisques habitation et il joue même sans commencement d'incendie — un téléviseur foudroyé sans la moindre flamme est donc couvert. La garantie dommages électriques prend le relais pour les surtensions qui n'ont pas frappé directement votre logement : foudre tombée à distance et propagée par le réseau, surtension venue de la distribution, court-circuit. La nuance compte, car c'est cette seconde garantie — et elle seule — qui peut manquer dans une formule d'entrée de gamme.

Autre point qui surprend : la foudre n'a pas besoin de tomber chez vous. Un impact à plusieurs centaines de mètres, voire à quelques kilomètres, peut envoyer une surtension dans le réseau électrique ou téléphonique et détruire tout ce qui était branché sur votre installation. Ce scénario « foudre à distance » est précisément l'un des cas visés par la garantie dommages électriques.

Avant de déclarer, un réflexe utile : rouvrez vos conditions particulières et vérifiez que la ligne « dommages électriques » figure bien dans votre formule. Dans les contrats d'entrée de gamme, elle est parfois optionnelle. Notre guide de l'assurance habitation vous aide à décrypter ces niveaux de formule.

Que couvre concrètement la garantie dommages électriques ?

Les appareils raccordés à votre installation et endommagés par un phénomène électrique : électroménager, informatique, box internet, chauffage électrique — et, selon les contrats, les canalisations électriques du bâti. Le périmètre exact varie d'une formule à l'autre, mais l'ossature est commune.

  • Le gros électroménager : réfrigérateur, congélateur, lave-linge, lave-vaisselle, four, plaques — les victimes les plus fréquentes des surtensions, et les plus coûteuses à remplacer.
  • L'informatique et l'audiovisuel : ordinateur, écran, téléviseur, console, imprimante. La box internet et le décodeur en font partie ; si la box est louée à votre opérateur, contactez-le aussi, son remplacement relève souvent de l'abonnement.
  • Le chauffage et l'eau chaude électriques : radiateurs, plancher chauffant, ballon d'eau chaude, pompe à chaleur selon les contrats.
  • Les équipements de production d'énergie : l'onduleur d'une installation photovoltaïque, organe sensible s'il en est, peut être couvert — à condition d'avoir déclaré l'installation. On y consacre un article entier : panneaux solaires et assurance habitation.
  • Les canalisations électriques du bâti : certains contrats étendent la garantie aux câbles encastrés, au tableau et aux compteurs privatifs endommagés par le sinistre.

Un poste souvent oublié mérite d'être vérifié dans votre contrat : le contenu du congélateur. Beaucoup de formules indemnisent les denrées perdues lorsque l'appareil est mis hors service par un dommage électrique — une extension discrète mais bien utile après un week-end d'absence.

Qu'est-ce que la garantie dommages électriques ne paie pas ?

Tout ce qui ne résulte pas d'un aléa électrique : l'usure, le vieillissement, le vice propre de l'appareil, le défaut d'entretien — et les appareils dont le remplacement incombe réellement au constructeur ou au vendeur. C'est la frontière la plus importante à comprendre — et la première cause de refus d'indemnisation.

Les exclusions que l'on retrouve dans la plupart des contrats :

  • L'usure et le vieillissement. Un lave-linge qui rend l'âme après de longues années de service n'est pas un sinistre : c'est une fin de vie. L'assurance couvre l'aléa, pas l'obsolescence.
  • Le vice propre et le défaut d'entretien. La clause type garantit les dommages « résultant de l'action de l'électricité » — court-circuit, surintensité, surtension, arc électrique — et exclut ce qui tient à l'appareil lui-même : défaut de fabrication, vice caché, entretien négligé. Condensateur qui lâche de vieillesse, moteur qui casse « tout seul » : c'est le domaine du SAV. En revanche, un court-circuit né dans le câblage interne de l'appareil — humidité, rongeur, connecteur qui chauffe — reste un phénomène électrique : il est très souvent indemnisé, même si le point de départ est à l'intérieur du boîtier.
  • Les appareils sous garantie constructeur. Si le fabricant ou le vendeur doit réparer ou remplacer l'appareil, c'est vers lui qu'il faut se tourner en premier ; l'assurance n'a pas vocation à doublonner la garantie légale ou commerciale. Attention, cette exclusion ne joue que si le constructeur ou le vendeur doit effectivement prendre l'appareil en charge : les garanties constructeur comme la garantie légale de conformité couvrent le défaut du produit, pas les causes extérieures, et excluent quasi systématiquement la foudre et les surtensions. Un appareil neuf grillé par un orage reste donc du ressort de votre assureur — déclarez dans les délais, quitte à interroger le SAV en parallèle.
  • Les consommables : selon les contrats, lampes, ampoules, fusibles, résistances apparentes ou tubes sont exclus ou couverts seulement s'ils sont détruits en même temps que l'appareil qui les contient.
Le test simple : demandez-vous « qu'est-ce qui a causé la panne ? ». Un phénomène électrique — d'où qu'il vienne, y compris à l'intérieur de l'appareil : la garantie a vocation à jouer. L'âge de l'appareil, son usure ou un défaut de fabrication : elle ne jouera pas.

Vétusté, plafonds : combien allez-vous vraiment toucher ?

Le plus souvent, la valeur de remplacement de l'appareil moins un abattement de vétusté — sauf si votre formule prévoit le rééquipement à neuf. C'est ici que deux contrats en apparence identiques produisent des indemnisations très différentes.

La vétusté est la dépréciation appliquée à un bien en fonction de son âge et de son état. Sur l'électronique et l'électroménager, elle court vite : un abattement annuel s'applique dès la première ou la deuxième année selon les barèmes des contrats, si bien qu'un ordinateur ou un téléviseur de quelques années peut n'être indemnisé qu'à une fraction de la valeur d'un équivalent neuf. À titre purement illustratif : pour un appareil dont l'équivalent neuf vaut aujourd'hui 1 000 €, avec un barème de 10 % par an et quatre ans d'âge, l'indemnité tourne autour de 600 € — avant franchise. Le calcul part de la valeur de remplacement du jour, pas du prix que vous aviez payé.

Trois lignes du contrat méritent donc une lecture attentive avant de souscrire :

  • Le barème de vétusté applicable aux appareils électriques, et son plafonnement éventuel.
  • Les plafonds par appareil et par sinistre : la garantie dommages électriques est souvent limitée à un montant global, parfois avec un maximum par équipement.
  • L'option « rééquipement à neuf » : certaines formules remplacent l'appareil détruit par un équivalent neuf, sans abattement, au moins pendant ses premières années. Sur un logement bien équipé, cette option change tout.

N'oubliez pas la franchise, cette part du sinistre qui reste à votre charge : sur un petit appareil, elle peut absorber l'essentiel de l'indemnisation. On vous explique comment elle fonctionne — et comment l'arbitrer intelligemment — dans notre article dédié à la franchise en assurance habitation.

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Comment déclarer un dégât électrique et le prouver ?

Déclarez à votre assureur sous 5 jours ouvrés, conservez l'appareil endommagé, photographiez tout et réunissez vos justificatifs d'achat. Un dossier de dégât électrique se gagne sur la preuve : la cause d'un côté, la valeur des biens de l'autre.

Côté cause, documentez le contexte : un orage daté et localisé, une coupure de courant dans le quartier, plusieurs appareils tombés en panne au même instant — autant d'indices qui établissent l'origine électrique du sinistre. Précision utile : inutile d'attendre un arrêté de catastrophe naturelle, la foudre n'entre pas dans ce régime — celui-ci couvre d'autres périls, comme l'explique notre guide sur l'indemnisation catastrophe naturelle. La foudre et les surtensions relèvent directement de vos garanties contractuelles, sans arrêté préfectoral ni ministériel à attendre.

Côté valeur, le trio gagnant :

  • L'appareil lui-même. Ne le jetez pas, ne le faites pas réparer avant l'accord de l'assureur : l'expert peut vouloir l'examiner pour confirmer l'origine électrique du dommage. Un devis ou un certificat d'irréparabilité établi par un réparateur renforce le dossier.
  • Les photos : l'appareil, ses branchements, le tableau électrique si un disjoncteur a sauté, les traces éventuelles d'échauffement.
  • Les factures — ou, à défaut, tout équivalent : relevé bancaire, e-mail de confirmation de commande, photos de l'appareil en fonctionnement, notice et emballage.

Le délai de 5 jours ouvrés court à compter de la découverte du sinistre : c'est le même plancher légal que pour un dégât des eaux, et le même réflexe de rigueur que nous détaillons dans notre guide dégât des eaux : qui paie quoi ?. Déclaration par téléphone, espace client ou courrier recommandé — avec numéro de contrat, date, circonstances, liste chiffrée des appareils touchés et pièces jointes.

Vous avez dépassé le délai ? Déclarez quand même : la déchéance pour déclaration tardive n'est opposable que si elle est écrite au contrat et si l'assureur démontre que le retard lui a causé un préjudice (article L113-2 du code des assurances). Un sinistre découvert au retour de vacances n'est donc pas perdu d'avance.

La surtension vient du réseau : un recours contre le gestionnaire est-il possible ?

Oui, lorsque la surtension résulte d'un incident documenté sur le réseau de distribution — et votre assureur peut exercer ce recours à votre place. C'est un angle que beaucoup d'assurés ignorent, alors qu'il peut compléter utilement l'indemnisation.

Toutes les surtensions ne viennent pas du ciel. Une manœuvre sur le réseau, un défaut sur une ligne, un incident sur un transformateur de quartier peuvent envoyer dans les habitations une tension anormale qui grille les équipements de toute une rue. Dans ce cas, le gestionnaire du réseau de distribution dispose d'une procédure de réclamation : le raccordé peut demander la prise en charge des dommages liés à l'incident, en décrivant les faits, la date et les appareils touchés, justificatifs à l'appui. Si vous êtes en contrat unique — le cas courant chez les particuliers —, passez par votre fournisseur d'électricité : c'est l'interlocuteur désigné, qui transmet la réclamation au gestionnaire du réseau de distribution ; c'est ce dernier qui l'instruit.

En pratique, le plus simple reste de déclarer d'abord à votre assureur : il vous indemnise selon votre contrat, puis, subrogé dans vos droits, exerce lui-même le recours contre le responsable s'il est identifié. Vous pouvez aussi mener une réclamation directe en parallèle pour les sommes restées à votre charge — franchise ou vétusté — à condition de ne pas être indemnisé deux fois pour le même préjudice. Signalez toujours à l'assureur l'existence d'un incident réseau : cette information oriente le dossier et le recours.

Ce recours a une limite qu'il vaut mieux connaître d'avance : pour un dommage purement atmosphérique, le gestionnaire oppose le plus souvent la force majeure. Il prospère surtout quand l'incident vient de l'exploitation du réseau — manœuvre, défaut de ligne ou de transformateur.

Comment protéger vos appareils avant le prochain orage ?

Un parafoudre au tableau si votre zone le justifie, des multiprises parafoudre pour l'électronique sensible, et le réflexe de débrancher pendant les gros orages. Trois niveaux de protection, du plus structurel au plus simple.

Protections contre les surtensions : dispositifs et usages
ProtectionCe qu'elle faitPour qui / quand
Parafoudre au tableau électriqueDérive la surtension vers la terre avant qu'elle n'atteigne les circuits du logement.Installation par un électricien. Dans le neuf, la norme NF C 15-100 l'impose si le bâtiment est équipé d'un paratonnerre, ou si la commune est en zone de forte densité de foudroiement (AQ2) et que l'alimentation basse tension arrive, même partiellement, par ligne aérienne — à faire trancher par l'électricien au vu de l'installation.
Multiprise ou prise parafoudreAbsorbe les surtensions résiduelles au plus près de l'appareil.Box, ordinateur, téléviseur, matériel audio : l'électronique sensible et coûteuse. À remplacer après un impact important.
Débrancher pendant l'orageSupprime le chemin le plus direct de la surtension — la protection la plus efficace, même si aucune n'est totale face à un impact direct sur le bâtiment.Orage violent annoncé, départ en vacances : débranchez prises ET câbles d'antenne ou de téléphone, autres portes d'entrée classiques.

Deux précisions pour finir. D'abord, une multiprise parafoudre n'est pas une multiprise ordinaire : vérifiez la mention explicite de la protection contre les surtensions. Ensuite, la prévention ne remplace pas l'assurance — elle en est le complément : le parafoudre le mieux posé n'arrête pas tout, et c'est votre assurance habitation qui répond du reste. Une MRH bien calibrée sur le capital mobilier, avec une garantie dommages électriques à plafond réaliste, reste la protection de fond.

Vos questions sur les dégâts électriques

La foudre est tombée loin de chez moi : suis-je quand même couvert ?

Oui, en principe. La foudre n'a pas besoin de frapper votre toit pour griller vos appareils : la surtension se propage par le réseau électrique ou téléphonique, parfois sur plusieurs kilomètres. C'est précisément ce scénario que vise la garantie dommages électriques. Notez l'heure et la date de l'orage dans votre déclaration : ce contexte aide l'assureur à établir la cause du sinistre.

Ma box internet a grillé pendant un orage : que dois-je faire ?

Ne la jetez pas : l'assureur ou son expert peut demander à l'examiner. Photographiez-la, réunissez la facture ou une preuve d'achat, notez la date de l'orage, puis déclarez le sinistre à votre assureur sous 5 jours ouvrés. Si la box est louée à votre opérateur, contactez-le aussi : son remplacement relève souvent du contrat d'abonnement.

L'assurance habitation rembourse-t-elle un appareil tombé en panne ?

Pas si la panne vient de l'appareil lui-même. L'usure, le vieillissement, le vice propre ou un défaut de fabrication ne sont pas des dégâts électriques au sens du contrat : la plupart des MRH les excluent. C'est le terrain de la garantie constructeur, d'une extension de garantie ou de la garantie légale de conformité. En revanche, dès qu'un phénomène électrique est en cause — court-circuit, surtension, surintensité, arc —, la garantie dommages électriques a vocation à jouer, même si le court-circuit a pris naissance à l'intérieur de l'appareil.

Le parafoudre est-il obligatoire dans une maison ?

Pas partout. Pour les installations électriques neuves ou entièrement rénovées, la norme NF C 15-100 impose un parafoudre dans deux cas : lorsque le bâtiment est équipé d'un paratonnerre, ou lorsque la commune est en zone de forte densité de foudroiement (AQ2) et que l'alimentation basse tension arrive, même partiellement, par ligne aérienne — une alimentation entièrement souterraine ne déclenche pas l'obligation. C'est à l'électricien de trancher au vu de l'installation. Dans l'ancien, il n'est généralement pas obligatoire, mais il reste un investissement modeste au regard des appareils qu'il protège.

La rédaction Clikassur
Des spécialistes de l'assurance qui écrivent comme ils assurent : sans jargon, sans détour. Relu et mis à jour le 1er août 2026.
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