Changer d'assurance pro : non, la loi Hamon ne s'applique pas.
On vous a dit qu'après un an, on résilie quand on veut. C'est vrai pour votre voiture et votre logement ; c'est faux pour votre RC Pro et votre multirisque professionnelle. Voici le régime qui s'applique réellement, où lire votre date limite, les portes de sortie qui existent hors échéance, et l'ordre des opérations pour changer sans laisser votre responsabilité à découvert.
- La résiliation infra-annuelle dite « loi Hamon » ne concerne ni votre RC Pro ni votre multirisque professionnelle. L'article L. 113-15-2 du code des assurances la réserve aux contrats « couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles », dans les branches listées à l'article R. 113-11. Une seule exception intéresse l'entreprise : la complémentaire santé souscrite pour ses salariés, visée séparément par le même article.
- Le rappel d'échéance de la loi Chatel (article L. 113-15-1) et la fonctionnalité de résiliation en ligne du II de l'article L. 113-14 retiennent exactement le même critère : aucun des deux ne joue pour votre contrat pro. Personne n'est tenu de vous rappeler votre date limite. En revanche, les moyens de notification énumérés au I de ce même article vous restent ouverts, comme à tout assuré.
- Votre régime est celui de l'article L. 113-12 : résiliation à l'échéance annuelle, avec un préavis de deux mois — sauf si votre contrat en prévoit un autre, ce que ce même article autorise « pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers ».
- La seule date qui compte est l'échéance principale inscrite dans vos conditions particulières, qui n'est pas nécessairement la date de signature : elle peut être calée sur une date commune — le 1er janvier, par exemple — quelle que soit la date de souscription.
- Passé la date limite, le contrat est reconduit pour douze mois et les primes restent dues. Restent les cas de sortie prévus par la loi : cessation d'activité (L. 113-16), diminution du risque (L. 113-4), cession du bien assuré, qui transfère le contrat à l'acquéreur plutôt qu'il ne l'éteint (L. 121-10, et L. 121-11 pour un véhicule), résiliation après sinistre par l'assureur (R.* 113-10).
Peut-on résilier une RC Pro à tout moment avec la loi Hamon ?
Non. La résiliation infra-annuelle issue de la loi du 17 mars 2014 est ouverte par l'article L. 113-15-2 du code des assurances aux seuls contrats « couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles » et relevant de branches fixées par décret. Un contrat souscrit pour votre activité — responsabilité civile professionnelle, multirisque professionnelle, flotte, décennale — échoue dès le premier critère, et ce premier critère suffit à l'écarter.
Le premier critère tient à la qualité de l'assuré et à la finalité du contrat. Le texte ne dit pas « les particuliers » : il dit les personnes physiques agissant en dehors de leurs activités professionnelles. Une société est donc hors champ par nature, et un entrepreneur individuel l'est tout autant dès lors que le contrat garantit son activité. Le statut — micro-entreprise, SASU, profession libérale — n'y change rien : c'est l'objet du contrat qui décide.
Le second critère tient à la liste des branches. Le décret d'application est codifié à l'article R. 113-11 du code des assurances, et il vise quatre familles de contrats : ceux qui incluent une garantie de responsabilité civile automobile, ceux qui incluent une garantie couvrant la responsabilité d'un propriétaire, d'un copropriétaire ou d'un occupant d'immeuble, les assurances constituant le complément d'un bien ou d'un service vendu par un fournisseur — les contrats dits affinitaires — et les contrats remboursant les seuls frais de maladie, de maternité ou d'accident. Une RC Pro n'y figure pas ; une multirisque professionnelle et une flotte automobile, elles, touchent bien à ces branches — et ne sont pourtant pas résiliables à tout moment, parce que le décret n'ouvre cette liste qu'aux contrats « couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles ». C'est donc toujours le premier critère qui tranche.
Une exception mérite d'être connue, parce qu'elle concerne l'entreprise elle-même : le même article L. 113-15-2 ouvre, par un alinéa distinct, la résiliation infra-annuelle aux contrats d'assurance de personnes souscrits par un employeur ou une personne morale au profit de ses salariés ou adhérents, et l'article R. 113-11 précise qu'il s'agit des contrats de remboursement de frais de santé. Cet alinéa-là ne reprend pas la condition d'exercice « en dehors des activités professionnelles ». Autrement dit : la mutuelle collective de vos salariés peut se résilier à tout moment après un an, votre RC Pro non. Les deux contrats sont professionnels ; ils ne suivent pas le même régime.
Trois cas concrets qui font la différence
Le gérant qui assure sa voiture personnelle à titre privé bénéficie de la résiliation à tout moment après un an : c'est le cas classique, détaillé dans notre article sur le changement d'assurance auto. Le même véhicule inscrit au nom de la société, ou intégré à un contrat de parc, sort du champ — non pas à cause de la branche, qui est bien visée par le décret, mais parce que le contrat n'est plus souscrit en dehors d'une activité professionnelle ; la question du basculement vers un contrat unique est traitée dans notre article sur le passage en flotte automobile. Quant à la RC Pro de l'auto-entrepreneur, personne physique s'il en est, elle est exclue parce qu'elle couvre précisément l'activité professionnelle de cette personne.
Et la loi Chatel ? Et la résiliation en trois clics ?
Ni l'une ni l'autre ne s'applique à un contrat professionnel. L'article L. 113-15-1 du code des assurances, qui impose de rappeler la date limite de résiliation sur chaque avis d'échéance annuelle, vise les contrats à tacite reconduction « couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles ». Le II de l'article L. 113-14, qui oblige l'assureur à mettre à disposition une fonctionnalité gratuite de résiliation par voie électronique lorsque le contrat a été conclu par ce canal, retient exactement le même critère.
Une précision s'impose ici, car elle joue en votre faveur et elle est presque toujours escamotée : le I de ce même article L. 113-14, lui, ne distingue pas. Dès lors que l'assuré a le droit de résilier, la notification peut être faite à son choix par lettre ou tout autre support durable, par déclaration au siège social ou chez le représentant de l'assureur, par acte extrajudiciaire, par le mode de communication à distance lorsque l'assureur propose de souscrire par ce moyen, ou par tout autre moyen prévu au contrat ; le destinataire confirme par écrit la réception de la notification. Ce que le professionnel perd, c'est le bouton de résiliation en ligne — pas le droit de notifier par le canal par lequel on lui a vendu le contrat.
La conséquence pratique est la plus coûteuse de tout cet article : personne n'est tenu de vous prévenir. L'avis d'échéance d'un contrat professionnel peut arriver sans mention du préavis, et le silence de l'assureur ne rouvre aucun délai. Là où un particulier dont l'avis d'échéance arrive moins de quinze jours avant la date limite, ou après elle, dispose de vingt jours supplémentaires à compter de l'envoi de cet avis — et peut même mettre un terme au contrat à tout moment à compter de la reconduction si cette information ne lui a jamais été adressée —, le professionnel qui n'a rien reçu n'a, lui, aucun recours de ce type. Le calendrier est à votre charge.
| Mécanisme | Texte | Contrat d'un particulier | Contrat professionnel |
|---|---|---|---|
| Résilier à tout moment après un an | L. 113-15-2 et R. 113-11 | Oui, dans les branches listées | Non |
| Rappel de la date limite sur l'avis d'échéance | L. 113-15-1 | Oui | Non |
| Fonctionnalité gratuite de résiliation en ligne | L. 113-14, II | Oui | Non |
| Moyens de notification de la résiliation (dont le canal à distance de souscription) | L. 113-14, I | Oui | Oui, les mêmes |
| Résiliation à l'échéance annuelle | L. 113-12 | Oui, préavis de deux mois | Oui, avec le préavis écrit au contrat |
| Résiliation pour changement de situation | L. 113-16 | Oui | Oui |
Ce tableau explique pourquoi la confusion est si tenace. Les trois mécanismes qui ont fait l'actualité de l'assurance ces dix dernières années — résiliation à tout moment, rappel d'échéance, résiliation en ligne — ont tous le même bénéficiaire, et ce bénéficiaire n'est pas l'entreprise. Les lignes qui vous concernent sont les trois dernières, et ce sont les moins commentées.
Quel est le régime qui s'applique vraiment ? Le préavis de l'article L. 113-12
L'article L. 113-12 du code des assurances ouvre à l'assuré le droit de résilier son contrat à l'expiration d'un délai d'un an, en adressant à l'assureur une notification — dans les formes prévues à l'article L. 113-14 — au moins deux mois avant la date d'échéance. Ce même article autorise expressément à déroger à cette règle « pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers » : votre contrat professionnel peut donc imposer un préavis plus long, voire un engagement ferme de plusieurs années.
Autrement dit, le préavis de deux mois est un repère, pas une garantie. C'est la clause « durée et résiliation » de vos conditions particulières qui fait loi, et trois informations s'y lisent :
- la durée : annuelle à tacite reconduction, ou ferme sur plusieurs années — auquel cas aucune sortie à l'échéance annuelle n'existe avant le terme ;
- la date d'échéance principale, celle à partir de laquelle le préavis se compte ;
- le préavis lui-même : deux mois lorsque le contrat s'en tient à la règle légale, davantage lorsqu'il use de la dérogation ouverte aux risques autres que ceux des particuliers — trois mois, six mois, ou un engagement ferme de plusieurs années.
La forme du courrier, et la date qui compte
L'envoi recommandé — postal ou électronique — reste la voie sûre, parce que l'article L. 113-12 fait courir le délai de résiliation à partir de la date figurant sur le cachet de la poste ou de la date d'expédition de la notification. Ce n'est donc pas la date de réception par l'assureur qui compte, mais celle de votre envoi : un courrier posté le dernier jour utile reste recevable. L'e-mail n'est pas pour autant irrecevable — le I de l'article L. 113-14 admet « la lettre ou tout autre support durable » —, mais ce qui lui manque est précisément ce qui décide ici : la preuve de la date d'expédition.
Trois mentions suffisent dans la lettre : le numéro de contrat, la volonté de résilier à l'échéance du [date], et le visa de l'article L. 113-12 du code des assurances. Inutile de motiver — sauf dans les cas de sortie particuliers vus plus loin, où le justificatif conditionne la résiliation.
Enfin, symétrie à connaître : l'article L. 113-12 précise que, lorsque l'assuré a souscrit un contrat à des fins professionnelles, l'assureur a lui aussi le droit de résilier dans les mêmes conditions — donc, lui également, par une notification adressée au moins deux mois avant l'échéance. Un contrat professionnel peut ainsi ne pas être reconduit à l'initiative de l'assureur. Recevoir ce courrier vous laisse le délai du préavis pour retrouver une couverture, pas davantage.
Changer de contrat pro, sans trou de garantie.
Devis RC Pro et multirisque professionnelle en ligne, sur votre activité réelle, avec la date d'effet que vous choisissez.
Comment trouver votre date limite de résiliation ?
Votre date limite se calcule en retranchant le préavis écrit au contrat à la date d'échéance principale figurant sur vos conditions particulières ou sur votre avis d'échéance. L'échéance principale n'est pas nécessairement la date de signature : un contrat professionnel peut être calé sur une date commune — le 1er janvier ou le 1er avril, par exemple — quelle que soit la date de souscription, la première période étant alors ajustée au prorata.
La méthode tient en quatre gestes, et prend cinq minutes :
- Ouvrez vos conditions particulières — pas l'attestation, qui ne porte ni la durée ni le préavis — et cherchez la rubrique « durée et résiliation ».
- Relevez la date d'échéance principale. À défaut, elle figure sur le dernier avis d'échéance ou sur le dernier appel de prime.
- Relevez le préavis. S'il n'est pas écrit, retenez deux mois, qui est la règle de l'article L. 113-12.
- Comptez à rebours, posez la date dans l'agenda de l'entreprise et placez un rappel quinze jours avant. C'est ce rappel, et non la date elle-même, qui évite l'oubli.
Deux exemples, volontairement simples. Échéance au 1er janvier avec un préavis de deux mois : la lettre doit partir au plus tard le 31 octobre. Échéance au 1er avril avec un préavis de trois mois : au plus tard le 31 décembre. Un jour de retard ne se rattrape pas.
Un point à vérifier avant tout calcul : le droit de résilier de l'article L. 113-12 s'exerce « à l'expiration d'un délai d'un an ». Un contrat souscrit il y a trois mois ne peut pas être dénoncé par cette voie. Si vous devez sortir plus tôt, la réponse se trouve dans la section suivante, ou nulle part.
Quelles portes de sortie existent hors échéance ?
Hors échéance, la loi n'ouvre pas une résiliation libre mais une liste fermée de cas, chacun avec son propre délai et son propre titulaire — car certains de ces cas profitent à l'assureur ou à l'acquéreur du bien, pas à vous. Les quatre qui concernent le plus souvent une entreprise sont le changement ou la cessation d'activité professionnelle, la diminution du risque assuré, la cession du bien assuré, et la résiliation par l'assureur d'un de vos contrats après un sinistre.
| Situation | Texte | Délai pour agir | Prise d'effet |
|---|---|---|---|
| Changement de profession, retraite professionnelle, cessation définitive d'activité | L. 113-16 | Dans les trois mois suivant la date de l'événement | Un mois après réception de la notification |
| Le risque diminue et l'assureur refuse de baisser la prime | L. 113-4 | Dès le refus de l'assureur | Trente jours après la dénonciation |
| Vente ou cession du bien assuré (local, matériel) : le contrat suit le bien | L. 121-10 | L'assureur ou l'acquéreur ; pour l'assureur, trois mois à compter de la demande de transfert de la police | Selon la notification de la partie qui résilie |
| Vente d'un véhicule terrestre à moteur (régime distinct) | L. 121-11 | Chacune des parties, moyennant un préavis de dix jours | Contrat suspendu de plein droit le lendemain de la vente à zéro heure ; résiliation de plein droit six mois après l'aliénation |
| L'assureur résilie un de vos contrats après un sinistre (faculté prévue par la police) | R.* 113-10 | Dans le mois de la notification de cette résiliation | Un mois après notification à l'assureur |
| Aggravation du risque : nouvelle prime proposée, vous refusez | L. 113-4 | Refus dans les trente jours de la proposition | Résiliation par l'assureur au terme de ce délai |
Le cas le plus utilisé : l'article L. 113-16
L'article L. 113-16 du code des assurances permet à chacune des parties de résilier en cas de changement de domicile, de situation matrimoniale, de régime matrimonial, de profession, de retraite professionnelle ou de cessation définitive d'activité professionnelle — à une condition déterminante : que le contrat ait « pour objet la garantie de risques en relation directe avec la situation antérieure et qui ne se retrouvent pas dans la situation nouvelle ». Fermer son atelier et résilier la multirisque de ce local entre exactement dans cette définition. Changer de local sans changer de métier, non : le risque se retrouve à la nouvelle adresse. La résiliation ne peut intervenir que dans les trois mois suivant l'événement, et elle prend effet un mois après que l'autre partie en a reçu notification : joignez le justificatif — avis de radiation, attestation de cessation — dès le premier courrier.
Le cas oublié : la diminution du risque
L'article L. 113-4 du code des assurances prévoit qu'en cas de diminution du risque en cours de contrat, l'assuré a droit à une diminution du montant de la prime ; si l'assureur n'y consent pas, l'assuré peut dénoncer le contrat, la résiliation prenant alors effet trente jours après la dénonciation. Une surface de stockage divisée par deux, une machine revendue, une activité à risque abandonnée : ces situations se signalent par écrit, et le refus de l'assureur ouvre une sortie. Le même article impose d'ailleurs à l'assureur de rappeler ces dispositions lorsque l'assuré l'informe d'une aggravation ou d'une diminution de risque.
Le cas mal compris : la vente du bien assuré
Vendre le local, le matériel ou le fonds ne résilie pas le contrat. L'article L. 121-10 du code des assurances prévoit qu'en cas d'aliénation de la chose assurée, l'assurance continue de plein droit au profit de l'acquéreur, à charge pour lui d'exécuter les obligations de l'assuré. Le droit de résilier appartient alors à l'assureur — dans un délai de trois mois à partir du jour où l'attributaire définitif a demandé le transfert de la police à son nom — ou à l'acquéreur lui-même. Le vendeur, lui, reste tenu des primes échues, mais il est libéré des primes à échoir à partir du moment où il a informé l'assureur de l'aliénation par lettre, par tout autre support durable ou par un moyen prévu à l'article L. 113-14 : c'est cette notification, et non un courrier de résiliation, qui met fin à votre exposition. Aucune indemnité ne peut être réclamée par l'assureur dans ces cas de résiliation.
Un véhicule obéit à d'autres règles, et la confusion coûte cher. L'article L. 121-10 écarte lui-même de son champ l'aliénation d'un véhicule terrestre à moteur : c'est l'article L. 121-11 qui s'applique, et il suspend le contrat de plein droit à partir du lendemain de la vente à zéro heure, pour le seul véhicule vendu. Chacune des parties peut ensuite résilier moyennant un préavis de dix jours ; à défaut de remise en vigueur ou de résiliation, le contrat est résilié de plein droit six mois après l'aliénation. L'assuré doit informer l'assureur de la date de l'aliénation par lettre recommandée ou par recommandé électronique. Un contrat suspendu n'est pas un contrat résilié : tant que la démarche n'est pas faite, la situation reste ouverte.
Ce qui n'ouvre aucun droit de sortie
Une hausse de tarif à l'échéance ne donne aucun droit légal de résilier en cours d'année : seule une clause de votre contrat peut le prévoir, et elle se lit dans les conditions générales. Un désaccord sur l'indemnisation d'un sinistre non plus. Et surtout, ne comptez pas sur l'impayé : l'article L. 113-3 du code des assurances ne libère pas l'assuré, il enclenche une mise en demeure, la suspension de la garantie trente jours plus tard, puis la résiliation possible dix jours après ce délai — les primes restant dues et la période sans garantie restant, elle, à votre charge. Les conséquences de ce mécanisme sont détaillées, côté véhicule, dans notre article sur la résiliation pour non-paiement.
Que se passe-t-il si vous ne faites rien ?
Si la date limite passe sans courrier, le contrat est tacitement reconduit pour une année entière et les primes de cette nouvelle période restent dues. Aucun mécanisme ne permet de revenir en arrière : ni la résiliation infra-annuelle, qui ne s'applique pas, ni le rappel d'échéance de la loi Chatel, qui aurait donné vingt jours de plus à un particulier averti trop tard — et une sortie à tout moment s'il n'avait jamais été averti — mais ne joue pas ici.
Le second piège est plus onéreux encore, et il se referme sur ceux qui ont trouvé mieux ailleurs : souscrire le nouveau contrat sans avoir résilié l'ancien. Vous vous retrouvez avec deux assurances sur le même intérêt et contre le même risque, et l'article L. 121-4 du code des assurances impose alors d'en donner immédiatement connaissance à chaque assureur, en indiquant le nom de l'autre assureur et le montant assuré.
Souscrites sans fraude, les deux assurances produisent leurs effets dans la limite des garanties de chaque contrat et dans le respect du principe indemnitaire de l'article L. 121-1 : vous payez deux primes, vous n'êtes pas indemnisé deux fois, et les assureurs se répartissent la charge entre eux. Souscrites de manière frauduleuse, le premier alinéa de l'article L. 121-3 est applicable : l'autre partie peut demander la nullité et réclamer des dommages et intérêts. Dans les deux cas, doubler la couverture ne double pas le plafond : sur ce point, notre article sur le plafond de garantie RC Pro explique comment se calcule le montant qui compte vraiment.
Comment changer d'assurance pro sans trou de garantie ?
L'ordre des opérations est toujours le même : obtenir le nouveau contrat d'abord, caler sa date d'effet au jour exact où l'ancien s'arrête, envoyer la résiliation ensuite. Un contrat professionnel résilié sans successeur laisse votre responsabilité à découvert, et l'attestation que réclament vos clients, votre bailleur ou un acheteur public devient introuvable du jour au lendemain.
- Faites établir le devis sur votre activité réelle, en reprenant en toutes lettres tout ce que vous vendez, et comparez les plafonds ligne à ligne, pas seulement le prix. Nos pages devis RC Pro et devis multirisque professionnelle permettent de faire votre demande en ligne : un conseiller vous recontacte pour finaliser.
- Fixez la date d'effet du nouveau contrat au jour où l'ancien prend fin — pas la veille, pas le surlendemain. Une journée de vide suffit à créer un sinistre non couvert.
- Envoyez la résiliation dans la forme prévue, avant la date limite calculée plus haut, en visant l'article L. 113-12.
- Récupérez l'attestation du nouveau contrat : elle est établie par l'assureur une fois le contrat pris d'effet, et notre article sur l'attestation de RC Pro et ses délais réels détaille ce que le document contient. Transmettez-la ensuite à tous ceux qui détiennent l'ancienne — bailleur, donneurs d'ordre, plateformes, et acheteurs publics, dont le dossier obéit à ses propres règles.
Pour une RC Pro : vérifiez le mode de déclenchement avant de signer
C'est la vérification qui décide du sort de vos années passées. L'article L. 124-5 du code des assurances impose au contrat d'indiquer lequel des deux modes il retient : la garantie déclenchée par le fait dommageable, ou la garantie déclenchée par la réclamation. En base réclamation, l'ancien contrat continue de couvrir les faits dommageables antérieurs à sa résiliation pendant un délai subséquent qui ne peut être inférieur à cinq ans, et dont le plafond ne peut être inférieur à celui de la garantie déclenchée pendant l'année précédant la résiliation.
Ce même article pose ensuite deux limites et une règle de priorité que le tarif ne montre pas. D'abord, lorsque vous prenez connaissance du fait dommageable après la résiliation, la garantie subséquente de l'ancien contrat ne joue que si cette garantie n'a pas été resouscrite, ou si elle l'a été en base fait dommageable : dans le cas le plus courant — une base réclamation remplacée par une autre base réclamation — c'est donc votre nouveau contrat qui répond. Ensuite, ce nouveau contrat ne vous couvre pas si l'assureur établit que vous aviez connaissance du fait dommageable à la date de la souscription de la garantie. Enfin, lorsqu'un même sinistre est susceptible de mettre en jeu plusieurs contrats successifs, l'article L. 124-5 appelle en priorité la garantie déclenchée par le fait dommageable ayant pris effet après l'entrée en vigueur de la loi du 1er août 2003 — et non, contrairement à une idée répandue, le contrat en vigueur au jour de la première réclamation. Le paragraphe « reprise du passé » du nouveau contrat se lit donc avant le tarif, et notre guide de la RC Pro par situation indique ce qu'il faut y chercher.
Pour une multirisque professionnelle : la continuité exigée par le bail
Deux points se vérifient en plus. La clause d'assurance d'un bail commercial impose généralement au locataire de justifier d'une assurance pendant toute la durée du bail : une interruption, même d'une semaine, constitue un manquement contractuel indépendamment de tout sinistre — le sujet est traité dans notre article sur l'assurance obligatoire en bail commercial, et la question du document à fournir dans celui consacré à l'attestation réclamée par le bailleur. Second point, les capitaux déclarés — matériel, stock, aménagements — se recalculent à l'occasion du changement plutôt que de se recopier : c'est ce chiffre, et non le nom de l'assureur, qui déterminera l'indemnité le jour du sinistre.
Chez Clikassur, la demande de devis se fait en ligne sur votre activité réelle, la date d'effet se choisit au moment de la souscription, et l'attestation est établie par l'assureur une fois le contrat pris d'effet. Les garanties sont détaillées sur nos pages RC Pro et multirisque professionnelle. Et si un client vous réclame le document avant même que vous ayez tranché, notre article sur la RC Pro exigée avant signature indique quoi lui répondre dans l'intervalle.
Vos questions sur la résiliation d'un contrat professionnel
Une seule date commande tout : l'échéance principale de votre contrat, diminuée du préavis écrit dans vos conditions particulières.
La loi Hamon permet-elle de résilier une RC Pro à tout moment après un an ?
Non. La résiliation infra-annuelle de l'article L. 113-15-2 du code des assurances est ouverte aux contrats couvrant les personnes physiques en dehors de leurs activités professionnelles et relevant des branches listées à l'article R. 113-11 : responsabilité civile automobile, responsabilité civile du propriétaire ou de l'occupant d'immeuble, contrats vendus avec un bien ou un service, et complémentaire santé. Une RC Pro est exclue sur les deux critères à la fois. Le régime applicable est celui de l'article L. 113-12 : résiliation à l'échéance annuelle, avec le préavis prévu au contrat.
Quel préavis faut-il respecter pour résilier une multirisque professionnelle ?
Deux mois avant la date d'échéance est la règle posée par l'article L. 113-12 du code des assurances, mais ce même article autorise à y déroger pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers. Un contrat professionnel peut donc imposer un préavis plus long, voire un engagement de plusieurs années. Le préavis réellement applicable se lit dans la clause « durée et résiliation » de vos conditions particulières, et il se compte à rebours depuis l'échéance principale, pas depuis la date de souscription.
J'ai raté la date limite de résiliation de mon contrat pro : puis-je quand même partir ?
Non, pas par la voie de l'échéance annuelle : le contrat est tacitement reconduit pour une année entière et les primes restent dues. Ni la loi Hamon ni le rappel d'échéance de la loi Chatel, réservés aux contrats des personnes physiques hors activité professionnelle, ne rouvrent de délai. Restent les cas de sortie prévus par la loi : changement ou cessation d'activité professionnelle (article L. 113-16), diminution du risque refusée par l'assureur (article L. 113-4), cession du bien assuré, qui transfère le contrat à l'acquéreur plutôt qu'il ne l'éteint (article L. 121-10, ou article L. 121-11 pour un véhicule terrestre à moteur), ou résiliation par l'assureur d'un de vos contrats après un sinistre (article R.* 113-10).
Je cesse mon activité : puis-je résilier immédiatement mon assurance professionnelle ?
L'article L. 113-16 du code des assurances ouvre la résiliation en cas de changement de profession, de retraite professionnelle ou de cessation définitive d'activité professionnelle, lorsque le contrat garantit des risques en relation directe avec la situation antérieure et qui ne se retrouvent pas dans la situation nouvelle. La résiliation ne peut intervenir que dans les trois mois suivant la date de l'événement, et elle prend effet un mois après que l'autre partie en a reçu notification. Joignez le justificatif de cessation à votre courrier.
Sur le même sujet.
Plafond de garantie RC Pro : quel montant choisir vraiment
Où lire l'exigence de votre client, comment calculer le montant dont votre activité a besoin, et comment le relever.
ProsVotre client exige une RC Pro avant de signer : que faire
Ce qu'il a le droit d'exiger, ce que le document doit contenir, les pièges et comment l'obtenir vite.
ProsBail commercial : quelle assurance le locataire doit-il souscrire
Ce que la loi impose (et n'impose pas), ce que la clause du bail exige, et ce que vous risquez sans.
Comparez avant d'envoyer la lettre.